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Le métier d'agriculteur de plus en plus populaire en Abitibi-Témiscamingue

Gros plan d'une main qui touche la base d'une tige d'asperge qui sort du sol.

La pandémie de COVID-19 a été l'occasion pour certains d'essayer le métier de travailleur agricole.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En juillet cette année, la région comptait 17 entreprises agricoles de plus qu’en 2019. Les données les plus récentes du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec confirment que la hausse du nombre d’entreprises agricoles s’est poursuivie. En date du mois d’octobre, on comptait désormais 29 exploitations agricoles de plus qu’à la fin de l’année 2019, pour un total de 582.

Mets-en que ça fait du bien. Pour le président de l’Union des producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, cette augmentation après des années plus difficiles est réjouissante.

La COVID-19 nous a peut-être fait prendre conscience que c’est important [l’agriculture]. Il y en a beaucoup qui sont en horticulture ou en légumes, mais c’est une très bonne chose d’avoir plus d’agriculteurs sur le territoire, ajoute-t-il.

Je ne voulais pas acheter mon voisin, je voulais avoir un voisin.

Pascal Rheault, président de l’UPA

Pascal Rheault a eu son souhait exaucé et il n’est désormais plus seul dans son rang, à Ste-Gertrude-Manneville. Là, j’ai un voisin qui vient parfois chercher du grain, on peut se prêter des équipements. Oui, il a son entreprise, mais il y a une relation humaine à travers ça et des liens qui se créent, indique-t-il.

En chiffres : 

  • 29 exploitations agricoles de plus qu'en octobre 2019
  • 3000 hectares exploités de plus

Le nombre d’hectares exploités a lui aussi augmenté de plus de 3000 hectares. En pourcentage, on parle d’un peu moins de 2 %. Même si ce chiffre est minime, il s’agit là d’une bonne nouvelle également.

Parfois le nombre d’hectares n’augmente pas, mais des fermes sont transférées à des plus jeunes et ça aussi, ça fait du bien à voir, note Pascal Rheault.

Les productions maraîchères plus nombreuses

La plus grande augmentation se situe dans la catégorie des autres productions, qui englobent notamment les productions maraîchères. Alors qu’on en comptait 94 l’an dernier, il y en a désormais 116.

Le défi que représente le démarrage d’un projet comme celui-là est très grand, confie le propriétaire de l’entreprise Écobourgeons, Vincent Fluet.

Vincent Fluet debout devant son jardin couvert d'une toile noire.

Le propriétaire de l’entreprise Écobourgeons, Vincent Fluet.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

D’ici trois à cinq ans, je devrais être en mesure de sortir un revenu net d’environ 25 000 $.

L'homme exploite 3300 pieds carrés dans sa cour arrière et a eu un chiffre d’affaires de 10 000 $ cette année, sans aucun bénéfice.

Je ne serais pas gêné de dire 70 à 80 heures par semaine. C’est beaucoup de temps pour peu de revenus dans les premiers temps, mais les gens qui font de l’agriculture le font par passion et parce qu’ils veulent nourrir la population, soutient-il.

Il estime que d’ici quelques années, il pourra produire un chiffre d’affaires de 50 000 $ pour un revenu net de 25 000 $, mais il est hors de question de pouvoir embaucher une ressource. Si je fais ça, je perds ma rentabilité, affirme-t-il.

Enseignant au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue dans l’attestation d'études collégiales en production maraîchère biologique, il se dit cependant fier de pouvoir contribuer aux repas des gens de son secteur. Nous avons fourni pendant 12 semaines un panier de légumes à 16 familles, fait-il remarquer.

Son projet d’agriculture urbaine a d’ailleurs été bien reçu à la municipalité de La Sarre. Le règlement d’urbanisme a été modifié après que Vincent Fluet en a fait la demande. Sans mon projet, je ne crois pas qu’il y aurait eu un changement du règlement, dit-il.

Le règlement ne permet pas de vendre directement chez lui et il y a également des restrictions sur l’utilisation des herbicides et pesticides.

Une formation très populaire au Cégep

Au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, c’est la première année que l’on offre l’attestation d’études collégiales en production maraîchère biologique. Alors que l’on s’attendait à recevoir 15 à 20 étudiants, on en compte pas moins de 43.

On voyait qu’il y avait une demande populaire, on voyait qu’il y avait un engouement pour ce genre de productions, alors nous sommes entrés en contact avec le Cégep de Victoriaville pour leur emprunter le programme, spécifie le directeur de la Formation continue et des services internationaux, Marc Bertrand.

Celui-ci s'est d’ailleurs dit surpris par le nombre d’étudiants inscrits et s’attend à ce que l’engouement de son programme ait un impact sur le nombre de fermes dans la région, même s’il est difficile de chiffrer le nombre éventuel d’exploitations agricoles.

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