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Les mères plus à risque de surdose si elles perdent la garde de leur enfant

Une mère avec son bébé devant une fenêtre.

Les risques de surdose accidentelle d'une mère qui perd la garde de son enfant augmentent de 55 %, selon cette étude.

Photo : Peter Scobie/CBC

Les femmes qui perdent la garde de leur enfant auraient plus de risques de souffrir d’une surdose accidentelle, notamment si elles sont autochtones, révèle une étude du Centre pour l’équité en matière de genre et de santé sexuelle de la Colombie-Britannique.

Les chercheurs ont étudié plus de mille femmes marginalisées de la région de Vancouver et regroupé des données obtenues sur une période de huit ans avant d’arriver à cette conclusion.

La co-autrice et professeure adjointe en soins infirmiers à l’Université de la Colombie-Britannique, Meaghan Thumath, a souhaité conduire cette recherche après avoir travaillé pour un programme d’accompagnement de femmes enceintes ayant des problèmes de dépendance.

Souvent, elle y voyait des femmes qui faisaient beaucoup d’efforts pour rester sobres et qui se présentaient à tous leurs cours de périnatalité. Après la naissance de leur enfant, cependant, ces mères en perdaient la garde en raison de leur pauvreté ou de leur situation d'itinérance. Des raisons que Meaghan Thumath juge arbitraires.

Je voyais des femmes qui s’en sortaient très bien et qui rechutaient subitement en étant complètement affligées. Ça brisait le cœur, explique-t-elle.

Meaghan Thumath.

Meaghan Thumath a travaillé avec les femmes enceintes qui souffraient de problème de dépendance avant de se lancer dans son étude qui a durée 8 ans.

Photo : Ben Nelms/CBC

Les mères autochtones parmi les plus touchées

Lorsqu’un enfant est enlevé aux soins de sa mère, l’étude démontre que les risques que celle-ci fasse une surdose accidentelle augmentent de 55 %. Cette statistique prend en compte les facteurs qui peuvent contribuer à une augmentation du risque de surdose comme la prison ou l’itinérance.

Chez les femmes autochtones, les risques de surdose accidentelle dans ces conditions peuvent doubler, indique la professeure.

Au Canada, 52,2 % des enfants qui se trouvent dans le système d’aide sociale sont autochtones, même s’ils ne représentent que 7,7 % des enfants canadiens, selon le recensement de 2016.

Les recommandations de l’étude

Pour remédier à la situation, les auteurs de l’étude recommandent de garder les familles unies dans la mesure du possible et d’assurer un soutien aux mères qui perdent la garde de leur enfant, en accordant une attention particulière à la prévention des surdoses. Ils recommandent également aux travailleurs sociaux de suivre une formation sur la diversité culturelle.

Il est important de briser ce cercle vicieux dans lequel se trouvent les femmes autochtones, soutient l’ancienne chef de bande de la Première Nation ʔaq̓ am et co-autrice de l’étude, Sophie Pierre.

Pour ce faire, du financement est nécessaire pour mettre fin à la pauvreté et aux problèmes de dépendance de ces femmes, dit-elle.

Plutôt que d’investir dans la prévention du problème, nous investissons massivement dans sa continuité d’une génération à l’autre, souligne-t-elle.

Avec la pandémie de COVID-19, la professeure adjointe en soins infirmiers Meaghan Thumath met en garde contre les risques de refuser à une mère de voir son enfant.

Les visites des enfants sont un service essentiel et ne devraient pas être restreintes, dit-elle

D'autant plus que les drogues qui circulent sont de plus en plus toxiques et peuvent mener à une surdose.

Avec les informations de Bridgette Watson

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