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Discothèque improvisée : deux finissantes lancent un appel à l’indulgence

Près de 500 élèves sont confinés à la suite d’une discothèque improvisée dans le hall d'entrée, mercredi matin.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un collage photo où on voit Emma Rodriguez et Élyse Proteau

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Emma Rodriguez et Élyse Proteau

La discothèque improvisée dans une école de Lévis, dont la vidéo a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels, ne mérite pas autant de jugements négatifs, selon deux finissantes qui ont vécu l'événement.

Après avoir reçu une plainte concernant la vidéo, le Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) a confirmé que le dossier était finalement clos. Pour éviter la propagation du coronavirus, la santé publique, de son côté, a décidé d'imposer un confinement de 14 jours pour tous les élèves de 5e secondaire de l'école.

Mais depuis mercredi, l’encre a beaucoup coulé et les critiques sont vives, autant à l’égard des élèves que de la direction de l'établissement, selon Emma Robriguez et Élyse Proteau.

Vous êtes tellement égoïstes et caves d’avoir fait ça. Il s'agit de l'un des commentaires qu’a lu Emma Rodriguez, finissante du Programme d’éducation internationale de Pointe-Lévy. Elle admet être bousculée par un sentiment de culpabilité d’avoir participé à ces trois petites minutes de danse. Elle sent par contre un peu de panique aussi, relativement à la pandémie.

N'y a-t-il pas de fin à tout ça?, se demande-t-elle. Dans un témoignage envoyé à Radio-Canada, elle raconte le fil des événements, d’après son point de vue.

Des images tirées d'une vidéo sur Facebook où l'on aperçoit les élèves de 5e secondaire de l'école Pointe-Levy sur une piste de danse improvisée.

Des images tirées d'une vidéo sur Facebook où l'on aperçoit les élèves de 5e secondaire de l'école Pointe-Levy sur une piste de danse improvisée.

Photo : Courtoisie/Facebook

Lors d’une pause après un déjeuner spécial pour les finissants dans leur classe-bulle respective, certains se sont dirigés vers un DJ dans le hall d’entrée pour danser. C’était libérateur. Malgré la chaleur intense, on s’encourageait tous à garder nos masques puisqu’on souhaitait pouvoir profiter le plus longtemps possible de ce petit moment de bonheur, écrit-elle.

Finalement, la direction de l’établissement et les surveillants d’élèves sont vite intervenus pour disperser les élèves. La joie avait pris le dessus sur les bonnes habitudes, confie Emma Rodriguez.

Elle aimerait donc voir un peu plus de compréhension au sein de la population. Même si elle comprend que la danse n'était pas une bonne idée, la finissante souhaite rappeler que les élèves du secondaire vivent des moments difficiles, eux aussi.

Pouvons-nous vivre de petits moments de bonheur?

Élyse Proteau, finissante du programme de langues et multimédias à Pointe-Lévy, raconte sensiblement le même scénario : un matin pas comme les autres, durant lequel des élèves se sont laissés emporter par un goût de liberté.

Pouvons-nous vivre de petits moments de bonheur, à 16-17 ans, à une étape cruciale de notre vie, sans se faire critiquer ouvertement et publiquement?, demande-t-elle, en soulignant qu’elle comprend très bien les consignes de la santé publique.

Plan rapproché d'Élyse Proteau devant une maison

Élyse Proteau, élève de 5e secondaire à l'école Pointe-Lévy

Photo : Radio-Canada

Moi, je pense que c'est un manque de jugement des étudiants, mais c'est sûr que peu importe qui aurait été là, adultes, jeunes adultes, enfants, tout le monde aurait pu se laisser embarquer, poursuit-elle.

Élyse Proteau souhaite aussi que la direction ne soit pas pointée du doigt pour cet événement. Cet événement anodin ne mérite pas le jugement qu’il reçoit et la direction de l’école et toute son équipe devraient plutôt être saluées de la créativité et la patience dont ils font preuve pour nous donner quelques petits plaisirs, en ces moments, avouons-le, déprimants.

Faire de la sensibilisation

Le SPVL rappelle qu’il prend la situation au sérieux, indiquant que les élèves subissent aussi des conséquences directes, puisqu’ils sont en enseignement à distance durant deux semaines.

Il n'y a absolument rien de malveillant dans cette situation. C'est une situation spontanée et on a finalement décidé de faire de la sensibilisation, précise Christian Cantin, relationniste au service de police.

Ce dernier précise que les élèves ont tous très bien collaboré après l’intervention, qu’il juge rapide, des adultes sur place.

Christian Cantin, en entrevue, dehors, devant une voiture du service des affaires publiques de la Ville de Lévis

Christian Cantin, porte-parole du Service de police de la Ville de Lévis

Photo : Radio-Canada

De son côté, Diane Morin, médecin-conseil à la direction de santé publique de Chaudière-Appalaches, souligne qu’il s’agit d’une situation complexe en termes de risques de transmission du virus. Mais ce n’est pas pour les punir qu’ils sont confinés, ajoute-t-elle.

La docteure s’est aussi montrée compréhensive à l’égard des élèves. C'est sûr qu'on est tous tannés, excusez le terme québécois… mais il faut continuer si on veut être capable de se rencontrer dans le temps des Fêtes, sans mettre en danger les gens qu'on va rencontrer, rappelle-t-elle.

La médecin-conseil indique que l'école venait tout juste de se remettre de ses derniers cas de COVID-19, donc la santé publique ne voulait courir aucun risque.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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