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L'ONU demande « l'ouverture de couloirs humanitaires » en Éthiopie

De plus en plus d'Éthiopiens se réfugient au Soudan.

Des réfugiés Éthiopiens portant leurs affaires dans un camp.

Des réfugiés éthiopiens ayant fui les combats dans la province du Tigré vivent désormais au camp d'Um Rakuba dans la province de Gedaref, dans l'est du Soudan.

Photo : afp via getty images / Ashraf Shazly

Agence France-Presse

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé vendredi « l'ouverture de couloirs humanitaires » pour venir en aide à la population prise au piège par les combats dans la région éthiopienne du Tigré, regrettant que les autorités refusent toute médiation.

Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation en Éthiopie, a-t-il confié à des médias à New York, en dénonçant l'impact humanitaire dramatique qui en découle, y compris au Soudan.

Nous avons demandé un plein respect du droit international et l'ouverture de couloirs humanitaires, a ajouté M. Guterres sans autre précision sur leur localisation.

La vérité, c'est qu'il devrait être nécessaire que de l'aide humanitaire soit acheminée dans les zones de conflit, a rappelé le secrétaire général de l'ONU.

Malheureusement, jusqu'à présent, il n'y a aucun accord des autorités éthiopiennes pour une médiation externe, a-t-il déploré, en indiquant avoir multiplié les appels ces dernières semaines à des dirigeants en Afrique et dans le monde.

Et c'est probablement la raison pour laquelle ce sujet n'a pas encore été discuté au Conseil de sécurité de l'ONU et qu'aucune initiative n'en est sortie, a-t-il ajouté.

Nous sommes entièrement à la disposition de l'Union africaine, présidée par l'Afrique du Sud, pour soutenir toute initiative de cette organisation, a-t-il déclaré.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Photo : Reuters / Sergio Perez

Plus de 36 000 Éthiopiens ont fui le Tigré pour se réfugier au Soudan, selon la Commission soudanaise des réfugiés. Parmi eux, quelque 12 000 enfants – certains sans parents ni proches pour les accompagner – et pour lesquels les conditions [...] sont particulièrement dures, s'inquiète vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), en pleine Journée nationale de l'enfant.

Plus de 200 000 personnes pourraient passer la frontière vers le Soudan dans les prochains jours ou semaines, rappelle sa directrice Henrietta Fore dans un communiqué.

La région d'Amhara ciblée par des tirs

Des roquettes tirées par les forces du Tigré ont à nouveau visé la région voisine d'Amhara quelques heures après que le gouvernement central a affirmé que ses troupes se rapprochaient de Mekele, capitale de la région dissidente.

Prix Nobel de la paix en 2019, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclenché cette opération contre les forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), les accusant de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.

Une Éthiopienne portant un bidon d'eau.

À mesure que le conflit dans la région éthiopienne du Tigré s’envenime, les habitants cherchent refuge au Soudan voisin.

Photo : afp via getty images / Ashraf Shazly

Vendredi, vers 1 h 40, un journaliste de l'AFP à Bahir Dar, capitale de la région Amhara, située à environ 200 km au sud de la frontière du Tigré, a entendu deux fortes explosions, suivies de plusieurs minutes de tirs d'armes automatiques.

Un responsable de la communication de la région Amhara, Gizachew Muluneh, a indiqué à l'AFP vendredi matin que trois roquettes avaient été tirées sur Bahir Dar depuis le Tigré, mais avaient raté leurs cibles.

Deux sont tombées près de l'aéroport et une dans un champ de maïs, a-t-il ajouté, précisant qu'elles n'avaient fait ni victime ni dégâts. Mais les journalistes présents à Bahir Dar n'ont pas été autorisés à accéder aux sites en question.

Des réfugiés éthiopiens entourant un aîné qui écoute une petite radio.

Le Soudan a rouvert ce camp de réfugiés situé à 80 kilomètres de la frontière. Il avait abrité les Éthiopiens fuyant la famine de 1983-1985.

Photo : afp via getty images / Ashraf Shazly

Les autorités du Tigré – région où l'électricité a largement été coupée depuis le début de l'offensive militaire éthiopienne – n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Dans un communiqué, elles ont en revanche affirmé que l'aviation de la clique fasciste du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait bombardé jeudi Mekele, blessant des étudiants de l'université.

Escalade militaire

Depuis qu'il a lancé cette opération militaire au Tigré, le gouvernement fédéral assure que ses bombardements aériens ne visent que des dépôts d'armes ou de carburant et sont menés de façon à éviter les victimes civiles.

Aucune des affirmations de l'un ou l'autre camp ne sont vérifiables de source indépendante, le Tigré étant quasiment coupé du monde.

De vieux différends territoriaux opposent Amharas et Tigréens et les tensions récurrentes entre les deux communautés ont parfois dégénéré en violence par le passé. Des milliers de miliciens amharas ont rejoint le Tigré depuis le 4 novembre pour appuyer l'armée fédérale contre le TPLF, selon les autorités régionales d'Amhara.

Aucun bilan précis des combats, qui ont fait au moins des centaines de morts depuis le 4 novembre, n'est disponible de source indépendante.

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