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Répit de Noël : un risque calculé, défend Québec

Le relâchement autorisé reste tributaire du respect des consignes sanitaires.

Des décorations de Noël et un masque suspendus à une corde.

Les Québécois auront quatre jours pour se retrouver pendant les Fêtes, mais les rassemblements sont limités à 10 personnes.

Photo : getty images/istockphoto / Sergey Chayko

Maud Cucchi

Mieux vaut encadrer les inéluctables rassemblements du temps des Fêtes plutôt que de les laisser se dérouler clandestinement, a expliqué le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Il s'exprimait lors d’un breffage technique, vendredi, destiné à apporter un éclaircissement scientifique aux quatre jours de rassemblement tolérés à Noël, ce relâchement ayant suscité quelques réserves depuis son annonce jeudi.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a en effet permis les rassemblements en famille ou entre amis d'un maximum de 10 personnes par jour, du 24 au 27 décembre. Cette jauge doit également comptabiliser les enfants.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), une telle mesure offrirait une période de festivités nécessaire à la santé psychologique de la population, tout en encadrant le déroulement des retrouvailles avec des règles sanitaires claires qui seront transmises à la population dans un guide conçu à cet effet.

Horacio Arruda espère ainsi limiter le risque associé au relâchement par la responsabilisation de la population et son adhésion aux gestes barrières.

Alors, pourquoi cibler Noël et pas le Nouvel An? Comment a été établie la période de quatre jours d’assouplissement? Pourquoi une limite de 10 personnes?

Le Dr Arruda a détaillé le calendrier de la période des Fêtes en fonction des projections épidémiologiques tout en rappelant que le relâchement autorisé pourrait être annulé si la situation empirait. Il encourage également les foyers qui le peuvent à limiter le plus possible les regroupements, nonobstant l'autorisation accordée durant cette période.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le Dr Arruda en conférence de presse.

Entrevue avec le Dr Horacio Arruda

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Limiter les rassemblements

Ce calendrier a été établi en fonction des contaminations par la COVID-19 qui auraient lieu le dernier jour d’école, soit le 16 décembre. En tenant compte d'une éventuelle exposition au virus ce jour-là, suivie de la période d’incubation (de 2 à 14 jours avant l’apparition des symptômes), les malades auraient le temps de s’isoler pour ne pas contaminer leur entourage durant les Fêtes et ainsi limiter la multiplication des contagions.

Il s’agit par ailleurs d’un chiffre pair qui facilitera la gestion parentale des gardes partagées.

En entrevue à RDI, le directeur national de santé publique a conseillé aux familles ne pouvant pas respecter ce calendrier de plutôt devancer leurs réunions afin de limiter les contaminations à la reprise des activités, au début de janvier.

Le MSSS a également évalué que les Québécois pourront s’isoler plus facilement une semaine avant et une semaine après Noël plutôt qu’au Nouvel An, la reprise du calendrier scolaire au primaire ayant été programmée au 4 janvier.

Comment donc a été établie la période de seulement quatre jours d’assouplissement? Cette durée programmée au milieu des vacances doit être précédée, et suivie, par une période de limitation des contacts sociaux. De plus, un allongement de cette durée aurait des répercussions sur le taux de contamination, a expliqué le Dr Éric Litvak, conseiller médical stratégique adjoint à la Direction générale de la santé publique.

Selon ce calendrier, la période de contagiosité maximale devrait être entre le 28 décembre et le 2 janvier 2021. Un prolongement de la durée tolérée encouragerait de nouveaux rassemblements, ce qui aurait un effet de multiplication des contaminations, a précisé le Dr Éric Litvak en se référant à des projections épidémiologiques qui n'incluent pas le nombre de décès.

Quant au choix de limiter les rassemblements à 10 personnes, il a été pensé en fonction du respect des gestes barrières, encore applicable avec ce nombre de personnes, a expliqué le Dr Horacio Arruda.

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COVID-19 au Québec : fermés jusqu’au 11 janvier

Au même moment, le premier ministre Justin Trudeau a manifesté sa confiance à l'égard des décisions prises par le gouvernement Legault, bien que des informations aient fait état hier de mécontentement au sein du caucus libéral.

Je pense que le premier ministre Legault est en train de faire tout ce qu'il peut, a-t-il dit, pour reconnaître la réalité dans laquelle les gens vivent, pour encourager les gens de faire tout ce qui est nécessaire pour limiter leurs contacts cette semaine et dans les semaines à venir, pour peut-être pouvoir avoir un petit moment de répit à Noël [...].

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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