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La hausse des hospitalisations liées à la COVID-19 inquiète partout au pays

Au printemps, des milliers de Canadiens ont évité les urgences. Mais depuis quelques semaines, les hôpitaux sont de plus en plus bondés en raison d'une hausse importante de cas de COVID-19.

Des ambulanciers devant l'entrée de l'urgence.

Des ambulanciers arrivent dans un hôpital de Mississauga en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Au printemps, tout le monde parlait d’aplatir la courbe pour préserver le système de santé. Neuf mois plus tard, le nombre de nouvelles hospitalisations augmente rapidement et fait craindre un manque de lits et de ressources.

Il y a environ 2000 Canadiens présentement hospitalisés, dont plus de 420 aux soins intensifs, soit le double d’il y a un mois. Au plus fort de la crise, au printemps, un peu plus de 3000 Canadiens étaient hospitalisés, dont environ 600 aux soins intensifs.

Les autorités avaient pourtant averti les Canadiens plus tôt cet automne : il y a en moyenne un délai de deux semaines entre la contamination et l’hospitalisation, puis une quinzaine de jours avant le décès d’une personne infectée.

Toute hausse du nombre de cas, comme on l'observe depuis quelques semaines, met de la pression sur le système de santé.

Rappelons que le Canada a l’un des plus bas taux de lits consacrés aux soins intensifs de tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La seule chose à faire pour éviter de faire déborder les hôpitaux du pays est de restreindre encore et davantage nos contacts sociaux, a insisté le premier ministre Justin Trudeau vendredi.

Une situation critique dans plusieurs provinces

Il n'y a pas que le Québec et l'Ontario qui observent des hausses marquées des hospitalisations; les provinces des Prairies ont vu le nombre de personnes hospitalisées doubler depuis deux semaines. Près du tiers des hospitalisations au pays sont en Alberta (284), au Manitoba (281) et en Saskatchewan (85).

Au Manitoba, des 102 lits disponibles aux soins intensifs, environ 90 sont occupés, dont plus de 40 par des patients atteints de la COVID-19.

Des salles d'opération ainsi que des salles consacrées au rétablissement de patients opérés ont été transformées en unités de soins intensifs. Les autorités affirment qu'ils pourront augmenter la capacité de la province à 245 lits de soins intensifs.

Dans le cas d’une vague extrême de cas, la province prévoit d'ouvrir des hôpitaux temporaires dans des lieux comme des hôtels, pour des patients qui n’ont pas de maladies graves.

En Alberta, vendredi, 61 des 70 lits aux soins intensifs destinés aux patients atteints de la COVID-19 étaient occupés. Certains hôpitaux qui sont aux prises avec des éclosions de COVID-19 ont dû transférer des patients ailleurs.

Selon un courriel échangé entre le gouvernement et des administrateurs d'hôpitaux obtenu par CBC, au rythme actuel, la province pourrait voir les admissions aux soins intensifs atteindre 120 au début du mois de décembre, soit 50 de plus que sa capacité actuelle. Si le nombre de cas reste stable, il pourrait tout de même y avoir 78 personnes infectées par la COVID-19 aux soins intensifs, huit de plus que sa capacité.

La province se prépare à ajouter jusqu’à 30 lits aux soins intensifs pour accueillir les patients atteints de la COVID-19.

En Saskatchewan, les autorités ont dévoilé de nouveaux modèles de prévision cette semaine. En fonction du scénario le plus pessimiste, la province pourrait avoir plus de 600 hospitalisations (dont plus de 200 aux soins intensifs) par jour d'ici six mois. Il y a présentement moins de 100 Saskatchewanais qui sont hospitalisés en raison de la COVID-19, dont 19 aux soins intensifs.

Au Nunavut, qui compte présentement près d’une centaine de cas actifs, on craint de manquer de ressources médicales. Rappelons qu’Iqaluit est la seule communauté du territoire qui dispose d’un hôpital. Il compte 25 lits, dont l’un est destiné aux soins intensifs. Six autres lits sont disponibles au centre de santé de Rankin Inlet, dans la région de Kivalliq. Les patients les plus malades devront être transférés par avion-ambulance dans des hôpitaux de l’Alberta, du Manitoba et de l’Ontario.

La Colombie-Britannique a dépassé les 215 hospitalisations cette semaine, un record depuis le début de la pandémie. La province compte une soixantaine de personnes aux soins intensifs en raison de la COVID-19.

Cette deuxième vague met à rude épreuve notre système de santé, nos lieux de travail et nous tous. Nous devons alléger cette pression, a déclaré cette semaine le ministre britanno-colombien de la Santé, Adrian Dix.

Bien que vos efforts personnels puissent sembler avoir peu d'effets, ils sont significatifs collectivement.

Adrian Dix, ministre de la Santé de la Colombie-Britannique

En Ontario, 518 personnes étaient hospitalisées en raison de la COVID-19 vendredi, dont 142 aux soins intensifs et 92 nécessitant un ventilateur.

En septembre, un rapport du ministère de la Santé indiquait que la situation serait difficile à gérer lorsqu’il y aurait plus de 150 patients COVID-19 aux soins intensifs. Si elle en atteint 350, la province dit que la situation deviendra impossible à gérer et qu'elle sera alors dans l'obligation de réduire certains services de santé pour faire face à cet afflux de patients gravement malades.

Plusieurs hôpitaux indiquent même que leur taux d'occupation des lits aux soins intensifs est de 100 % ou plus, y compris Credit Valley, Norfolk, Bracebridge, Soldier's Memorial, Perth, Hawkesbury et Ottawa (Campus Civic). « Nous voyons des tendances inquiétantes, nos lits réservés aux soins intensifs sont en jeu », a souligné le premier ministre Doug Ford, vendredi.

Au Québec, l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) estime que la grande région de Montréal a suffisamment de lits pour gérer les nouveaux cas de COVID-19. Toutefois, l'organisme considère qu'il y a un risque de dépassement des capacités hospitalières à cet effet dans certaines régions.

D'après l'INESSS, parmi les nouveaux cas confirmés au cours de la semaine du 9 au 15 novembre, 433 présentaient un risque élevé d'hospitalisation, ce qui correspond à une augmentation de 27 % par rapport à la moyenne des 4 dernières semaines.

Il y a présentement 624 Québécois infectés qui sont hospitalisés, dont 96 aux soins intensifs.

Deux personnes marchent près de l'entrée de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

L’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au total, depuis le début de la pandémie, selon l'Agence canadienne de santé publique, 20 000 Canadiens infectés ont été hospitalisés.

Parmi les personnes hospitalisées, 20 % ont été traitées aux soins intensifs et 4,5 % d'entres elles ont eu besoin de ventilation mécanique. L’âge médian des patients hospitalisés en raison de la COVID-19 était de 71 ans, et 3 % étaient des mineurs de moins de 18 ans.

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