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Fermeture des commerces jusqu’au 11 janvier : les restaurateurs de l’Outaouais dépités

Le quartier du Vieux-Hull.

Les bars et les restaurants de l'Outaouais resteront fermés au moins jusqu'au 11 janvier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Boris Proulx

Radio-Canada

« On s’y attendait ». La phrase revient souvent dans la bouche de commerçants de la région depuis que le gouvernement québécois a annoncé le maintien des mesures sanitaires actuelles pendant toute la période des Fêtes, et de ce fait, la fermeture des restaurants, des salles de spectacle et des gyms jusqu'au 11 janvier dans les zones rouges.

Même si pour des propriétaires de la région, cette annonce du premier ministre François Legault n’est pas une surprise, beaucoup ressentent des sentiments mitigés face à cette décision.

On ne sait pas si on doit être soulagé ou choqué, a affirmé désabusé, Joe Rego, le copropriétaire du groupe Portobella qui comprend les restaurants Quai St-Raymond, Le Cellier et Olivia Bistro. Soulagé dans le sens où on ne prévoit pas Noël dans la restauration, donc on se prépare mentalement à d’autres choses.

Pour d'autres, c'est un sentiment d'impuissance qui domine. C'est une situation frustrante, on se sent impuissant face à ça, vu tous les efforts qu’on a mis pour pouvoir rouvrir, a avoué Alex Maho Jolivette, coach et propriétaire du gym Crossfit authentique.

Depuis le 11 octobre, des salles de restaurants, des bars, des cinémas et des gymnases sont fermés, puisqu'une partie de l'Outaouais est en zone rouge.

Des commerçants qui vivaient dans l’incertitude se disent dorénavant libérés par l'annonce du premier ministre Legault.

On a des employés, on a des fournisseurs, on ne pouvait pas planifier [...] on était dans l’inconnu, ça, c’était pire, a expliqué le propriétaire du Buffet des continents et membre du conseil d'administration de l'Association des restaurateurs du Québec, Tony Priftakis. Au moins on a une date, ça, c'est la bonne affaire.

Au moins on a eu une date pour que les restaurateurs puissent se planifier

Tony Priftakis, propriétaire du Buffet des continents

Toutefois, François Legault n’a pas voulu confirmer si les commerces allaient rouvrir après cette date. Pour Joe Rego, cette situation est révoltante, car il a l’impression que le gouvernement traite les restaurateurs comme des délinquants.

On est tous blâmés là-dedans dans la restauration comme si on était des délinquants; malheureusement, le problème des éclosions n'est pas dans les restaurants, a indiqué M. Rego.

C’est triste pour l’industrie de la restauration, on est comme les cobayes en ce moment pour la COVID.

Joe Rego, copropriétaire du Groupe Portobella

Pour le président de la Chambre de commerce de Gatineau, le prolongement de la fermeture des commerces pourrait avoir un effet dévastateur pour la région.

Là, on ne s'en va pas dans le critique, mais dans le désastreux, les gens ont peur, a affirmé Pierre Samson.

Injustice face à Ottawa

Les acteurs économiques de la région craignent le pire d’autant que les restaurants, les bars et les gyms d’Ottawa demeurent ouverts, ce qui attire les Gatinois.

Je pense qu'il y a un petit sentiment d’injustice là-dedans, a confié le propriétaire du gym Crossfit authentique situé à Gatineau. Le monde peut faire cinq minutes de route, traverser un pont et aller s'entraîner [à Ottawa].

Maintenant les gens savent qu’on peut aller magasiner à Ottawa, alors même si les commerçants sont ouverts ici, ils vont aller magasiner à Ottawa, car ils peuvent arrêter, aller manger, avoir un peu de plaisir, a expliqué M. Samson. Là, ça touche non seulement nos restaurateurs, mais tous nos commerçants également et je trouve que c'est un gros problème.

On doit arrimer sur les deux côtés pour éviter tout injuste d’un côté ou de l’autre.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau
Une salle de restaurant vue des airs avec des sens uniques et des plexiglas.

Le propriétaire du Buffet des continents de Gatineau aurait voulu pouvoir ouvrir ses portes pendant les Fêtes.

Photo : Radio-Canada / © 2020 Radio-Canada / Michel Aspirot

Cette crainte est partagée par le propriétaire du Buffet des continents qui avoue qu’il aurait voulu que Québec permette aux restaurants d’accueillir des groupes de quatre personnes comme c’est le cas à Ottawa.

Je connais beaucoup des gens qui sont allés à Ottawa juste pour sortir, avoir quelque chose de différent, si c’était permis pour le mois de décembre, on l’aurait accepté avec plaisir, a avoué Tony Priftakis.

Une aide de Québec qui tarde

En plus du prolongement des fermetures des salles, les commerces de l’Outaouais désespèrent face aux retards de l’aide d’urgence promise aux commerces fermés.

L’aide provinciale on a de la misère avec ça, on n’a rien reçu encore, c’est très compliqué, a confié le propriétaire du Buffet des Continents.

Selon l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), ces retards s’expliquent entre autres par le fait que pour bénéficier du prêt remboursable, les restaurateurs doivent réunir beaucoup d’informations. Les demandes sont aussi gérées au niveau régional, ce qui pourrait augmenter le temps d’attente selon l’organisme.

Pierre Samson en entrevue devant une bannière comportant le logo de l'organisme.

Pierre Samson est président de la Chambre de commerce de Gatineau. (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette situation est intenable pour les commerçants, selon M. Samson.

Les gens se font dire que ça peut aller de trois à cinq semaines avant de pouvoir avoir le prêt, les gens ne peuvent pas attendre, a déploré M. Samson. C’est tellement compliqué, les critères sont très sévères.

On ne sait pas si on va survivre, on ne sait pas si on va avoir de l’aide, on vit dans l’inconnu.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Pour les commerces, l’aide du fédéral pour le loyer commercial apporte tout de même du réconfort.

On est sur le respirateur, mais on n’est pas en danger, car l’aide fédérale est là aussitôt qu’on fait une demande quelques jours on a l’argent sur votre compte, a reconnu M. Pfitarkis.

Avec les informations de Marielle Guimond

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