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Prairie Harm Reduction s’inspire du tarot pour se financer

La carte de tarot de Prairie Harm Reduction représentant la mort (à gauche) et une carte de tarot traditionnelle représentant la mort (à droite).

Le dessin de gauche de PHR représente deux membres de la communauté qui injectent de la naloxone à une personne au sol, arrêtant ainsi la mort.

Photo : Prairie Harm Reduction et Psychic Paulina

Radio-Canada

L’organisme Prairie Harm Reduction (PHR) se tourne vers l'imagerie du tarot pour sa prochaine activité de financement.

À la suite du refus du gouvernement provincial de financer leur projet de site de consommation supervisée, PHR avait choisi de lancer une boutique en ligne. Les fonds récoltés par la vente de vêtements, tasses et autres articles ont finalement permis au site d’ouvrir ses portes le 1er octobre dernier.

La nouvelle collection, dévoilée plus tôt en novembre, s’inspire de l’imagerie classique des cartes de tarot. Les différents dessins se retrouvent sur des couvertures, des cotons ouatés et des t-shirts.

La carte de tarot de Prairie Harm Reduction représentant la justice (gauche) et une carte de tarot traditionnelle représentant la justice (droite).

La version de PHR pour illustrer la justice reprend le symbole de la main rouge, souvent utilisé dans les créations d'art évoquant des femmes autochtones tuées ou disparues.

Photo : Prairie Harm Reduction et Psychic Paulina

Jason Mercredi, le directeur général de PHR, est conscient que les nouveaux dessins peuvent choquer. Il souligne toutefois que cette provocation est volontaire. La motivation derrière cette nouvelle collection émane de la colère que lui inspire ce qu'il appelle l’inaction du gouvernement concernant le fléau des surdoses.

Tout ce que nous demandons aux autorités de la santé, c’est de s’impliquer, de s’activer, dit-il. Nous voulons qu’elles soient complètement transparentes. Elles n’informent même plus le public sur le nombre de surdoses survenues dans la communauté.

Trouver du réconfort

Marie Agioritis ne pensait pas qu'une simple couverture pouvait la toucher autant.

Marie Agioritis tenant la couverture de Prairie Harm Reduction où l'on retrouve un ange à l'effigie de son fils décédé.

Marie Agioritis tenant la couverture de Prairie Harm Reduction où l'on retrouve un ange à l'effigie de son fils décédé.

Photo : Marie Agioritis

Lorsque Jason Mercredi l’a contactée pour savoir si PHR pouvait utiliser le visage de son fils, décédé, dans leur prochaine campagne de financement, Marie Agioritis se demandait à quoi ressemblerait le produit final. Elle accepta néanmoins avec enthousiasme.

Lorsqu’elle reçut la couverture quelques semaines plus tard, l’armure émotionnelle qu’elle s’était créée se fissura.

Mon fils est mort sur le divan de notre salon, se rappelle la mère. D’avoir une couverture dans laquelle je peux m'emmitoufler lorsque je m’assois sur le fauteuil, c’est comme si Kelly [son fils] revenait. Ça représente tellement plus qu’une simple campagne de financement pour moi.

Pour le directeur général de PHR, la vente de produits dérivés est essentielle au financement du site de consommation supervisée.

Avec les informations de Chelsea Laskowski

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