•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Foyers pour aînés : « Pire que jamais », déplorent des familles

John Wilvers rend visite à sa mère Elizabeth Jeppesen, 94 ans, qui a été testée positive à la COVID-19 à sa résidence Tabor Home à Abbotsford, en Colombie-Britannique, le mercredi 18 novembre 2020.

La COVID-19 a frappé durement dans les centres de soins de longue durée partout au Canada.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Six mois après le dévoilement d’un rapport accablant de l’armée sur les conditions dans les foyers de soins de longue durée en Ontario, des proches de résidents estiment que rien n’a changé et demandent au gouvernement Ford d’agir immédiatement.

En fait, c’est pire que jamais, déclare Sandra Caleta, du groupe Advocates for Long-Term Care Reform Ontario.

Les foyers manquent toujours gravement de personnel et d’équipements pour garder le personnel et les résidents en sécurité. On va voir une répétition de la dévastation qui a frappé le système de soins de longue durée lors de la première vague de COVID-19, affirme-t-elle.

Son groupe et trois autres qui représentent des familles de résidents ont publié une lettre ouverte vendredi, adressée au premier ministre Doug Ford.

Actuellement, 102 foyers de soins de longue durée sont aux prises avec une éclosion de COVID-19 selon le bilan provincial de vendredi, et la santé publique ontarienne déclare 2193 décès de résidents depuis le début de la crise sanitaire.

La semaine dernière, la province a enregistré le décès de 71 résidents en 7 jours.

Plus de soins

Ces familles demandent notamment au gouvernement de mettre en place, tout de suite, une norme de 4 heures de soins minimum par jour pour les résidents. Elles souhaitent voir l’adoption du projet de loi 13, un projet de loi privé du Nouveau Parti démocratique, qui soutient cette demande.

Le gouvernement Ford a promis ces 4 heures de soins d’ici 2024-2025, mais n’a pas donné de détails sur le financement d’une telle mesure dans son dernier budget.

Pour tenir cet engagement sans précédent, il faudra travailler en étroite collaboration avec tous les partenaires du secteur, afin d'embaucher les dizaines de milliers d'employés nécessaires, réplique le bureau de la ministre des Soins de longue durée dans une déclaration adressée à Radio-Canada.

Après des décennies de négligence de la part des gouvernements précédents, nous travaillons d'arrache-pied pour résoudre les problèmes systémiques de longue date dans le secteur des soins de longue durée.

Plus de personnel

Les familles exigent aussi une plus grande reconnaissance du rôle des aidants naturels et qu'on facilite leurs visites, en plus de meilleures conditions de travail et de formation pour le personnel dans les foyers.

Augmentez le nombre de préposés aux soins, donnez-nous des postes à temps plein, recrutez dans les programmes de formation massive, lance Amy Ayers, une préposée qui appuie les requêtes de ces familles.

Lors d’un point de presse, vendredi, elle a raconté avoir contracté la COVID-19 au début de la première vague. De retour au travail depuis, elle constate toujours autant de difficultés sur le terrain et invite les membres du gouvernement à venir passer une journée avec elle. Vous verrez alors l’urgence de réparer ce "système brisé".

On est à court de bras depuis des années et la COVID n’a fait qu’empirer les choses. Beaucoup d’entre nous sont forcés de quitter la profession.

Amy Ayers, préposée aux soins

Des protocoles sur papier

On nous dit qu’il y a des protocoles en place, mais ce n’est que ça : des protocoles sur papier. Ça ne fonctionne pas pour tout le monde, estime Rose Anne Reilly.

Sa mère de 104 ans vient d'attraper la COVID-19 dans sa résidence, à Ottawa, après des mois d’isolement. On l’a laissée dans une chambre avec une personne positive pendant presque 48 heures, soutient Rose Anne Reilly, qui cherche encore à comprendre ce qui s’est passé.

Capture d'écran d'une vidéoconférence sur Zoom : une femme âgée portant un chandail rouge et des lunettes, à l'intérieur.

Rose Anne Reilly raconte que sa mère, âgée de 104, vient de contracter la COVID-19 dans son foyer de soins de longue durée.

Photo : Zoom

Je sais qu’elle est vieille, mais c’est ma mère. Elle ne peut pas être traitée ainsi.

Rose Anne Reilly

Elle raconte que l’état de sa mère, atteinte de démence, s’est détérioré ces derniers mois. Avant la COVID, je passais 7 à 8 heures par jour avec elle, tous les jours de la semaine. Elle me reconnaissait, elle mangeait et buvait avec moi. Ce que je vois depuis le confinement en mars, c’est qu’elle ne veut plus manger ni boire, ni même qu’on la touche.

Elle n’est plus motivée. Et ma mère était une femme pas mal dynamique il y a neuf mois.

Demande de transparence

Ces groupes de familles dénoncent aussi l’adoption cette semaine du projet de loi 218, qui, disent-ils, rend plus difficile de poursuivre et de sanctionner les centres de soins de longue durée pour leur gestion de la pandémie.

La loi pourrait mettre un frein aux poursuites intentées par des proches de résidents de maisons pour personnes âgées, puisqu’il faut prouver qu'il y a eu négligence grave.

Les familles demandent aussi plus de transparence aux compagnies privées de soins de longue durée.

La province assure qu'elle continue de tirer des leçons de cette pandémie et de s'adapter. Nous investissons plus d'un demi-milliard de dollars pour protéger les résidents, les soignants et le personnel des foyers de soins de longue durée de la deuxième vague de COVID-19, pour rénover les établissements, consolider les stocks d’équipements de protection, ajouter des lits et appuyer le personnel, souligne le bureau de la ministre Merrilee Fullerton.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !