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Prison de New Carlisle : 75 % des détenus touchés par la COVID-19

Des véhicules de la Sûreté du Québec sont garés devant le centre de détention de New Carlisle, entouré de clôtures munies de fils de fer barbelés.

Au centre de détention de New Carlisle, 75 % des détenus ont contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Avec un bond de 10 cas en 24 heures, le ministère de la Sécurité publique indique que 41 des 55 personnes incarcérées au centre de détention de New Carlisle ont reçu un résultat positif de COVID-19.

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec rapporte que tous les secteurs de l'établissement de New Carlisle sont désormais contaminés.

Le président du syndicat, Mathieu Lavoie, explique que de nouveaux cas se sont ajoutés vendredi dans la seule zone qui était encore considérée froide.

C'est assez préoccupant et ça nous amène à réfléchir sur la ventilation et sur la possibilité de contamination par aérosols, affirme Mathieu Lavoie.

Le président syndical national Mathieu Lavoie devant la prison de Trois-Rivières.

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, en octobre dernier.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

M. Lavoie réitère que les installations de l'établissement de détention de New Carlisle sont trop vétustes pour être adaptées à une pandémie.

La plupart des secteurs, ce sont des dortoirs, donc des aires communes. Les cellules isolées sont plutôt rares. Ce n'est pas adapté à une pandémie.

Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec

Au sein du personnel de l'établissement, le bilan est stable avec sept agents touchés par le virus, dont deux qui sont maintenant rétablis. M. Lavoie attribue cette stabilité au port d'équipement de protection individuelle.

Mathieu Lavoie soutient qu'il est temps que le Ministère oblige le port du masque pour les détenus, et pas seulement pour le personnel. Des couvre-visages ont été distribués à la population carcérale, mais sans obligation de les porter.

La réalité aujourd'hui, c'est de se demander ce qu'on peut mettre en place pour protéger le personnel. Parce que là, on pousse les agents à entrer dans des secteurs pour faire leur travail, mais en même temps, il y a de l'anxiété qui s'installe et c'est normal, illustre-t-il.

Après l'Établissement de détention de Montréal, mieux connu sous le nom de prison de Bordeaux, c'est à New Carlisle que l'on recense le plus d'employés et de personnes incarcérées ayant contracté la COVID-19, bien que la population carcérale y soit beaucoup moins élevée que dans la plupart des prisons québécoises.

Tableau présentant le nombre de cas de COVID-19 dans les 4 prisons les plus touchées par la COVID-19, soit Bordeaux, New Carlisle, Trois-Rivières et Rivière-des-Prairies.

L'établissement de détention de New Carlisle se trouve désormais au second rang des établissements de détention les plus touchés par la COVID-19 au Québec.

Photo : Radio-Canada

De son côté, le ministère de la Sécurité publique assure, dans un courriel, que toutes les mesures sont déjà en place pour tenter de freiner la propagation, identifier les personnes atteintes et s’assurer que les effectifs nécessaires soient en place pour assurer la sécurité et les services aux personnes incarcérées.

En fin de journée jeudi, le ministère de la Sécurité publique a annoncé que les admissions au centre de détention de New Carlisle étaient suspendues temporairement, étant donné l'ampleur de l'éclosion en cours.

Plus tôt cette semaine, d'autres mesures ont également été instaurées pour limiter la propagation du virus.

Le centre de détention de Percé peut accueillir 42 détenus pour une thérapie volontaire de six mois

Le centre de détention de Percé accueillera une partie des détenus destinés à être admis à la prison de New Carlisle.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Des mesures demandées pour éviter le pire

L'Association des avocats et avocates en droit carcéral du Québec (AAADCQ) s’inquiète de la situation. L'organisme avait exigé, dès le début de la pandémie, des mesures exceptionnelles pour réduire la population carcérale.

L'avocate et vice-présidente de l'association, Me Sylvie Bordelais, déplore que ces mesures exceptionnelles n’aient pas été appliquées au centre de détention de New Carlisle.

Elle demande aux gouvernements de libérer, entre autres, les détenus ayant commis des délits non violents, ceux qui purgent une peine de moins de six mois, de même que les personnes incarcérées malades ou âgées de plus de 70 ans.

Les directions d’établissements carcéraux devraient s’assurer que les personnes qui sont vulnérables, les personnes âgées ou qui ont des conditions médicales préexistantes devraient le plus rapidement possible être renvoyées chez elles lorsque les circonstances le permettent, martèle Me Bordelais.

Une homme dans un fauteuil roulant

Les personnes incarcérées vulnérables devraient être renvoyées chez elles lorsque les circonstances le permettent, croit l'AAADCQ.

Photo : Shutterstock

L’avocate espère qu’un suivi rigoureux est fait par les autorités sanitaires de la région.

Il faudrait que les autorités de santé visitent les établissements correctionnels provinciaux pour s’assurer que les personnes qui y sont puissent y demeurer et que le cas de celles qui ne le peuvent pas soit [pris en charge] le plus rapidement possible, soutient-elle.

Me Bordelais rappelle qu’au stress d’attraper la maladie s’ajoute, pour les détenus, l’isolement causé par la suspension des visites.

Les gens qui étaient habitués à parler à leurs proches sur une base régulière pour se faire consoler ou réconforter, cet accès-là est éliminé, parce qu’on s’entend que le téléphone, il y a un aspect un peu public.

Me Sylvie Bordelais, avocate et vice-présidente de l'AAADCQ

Avec les informations d'Isabelle Larose

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