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Rick Chiarelli mérite de nouvelles sanctions, tranche le commissaire à l’intégrité

Le conseiller Rick Chiarelli pendant une réunion du conseil municipal.

Rick Chiarelli a encore une fois nié les allégations contre lui vendredi. (archives)

Photo : Radio-Canada

Dans un deuxième rapport sur les allégations d’inconduite visant le conseiller Rick Chiarelli, le commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa recommande aux élus de lui imposer une nouvelle suspension de salaire et de le priver de certains pouvoirs.

Le commissaire Robert Marleau a déposé vendredi son deuxième rapport sur des plaintes concernant des comportements inappropriés et de nature sexuelle du conseiller Chiarelli. Cette fois, l’exercice traite de l’expérience de deux anciennes employées de son bureau.

Il conclut que le conseiller du quartier du Collège a échoué de manière choquante et stupéfiante à traiter les plaignantes avec le respect qui leur était dû.

Il a abusé de son personnel en leur confiant des tâches et des fonctions inappropriées. Il a utilisé des stratagèmes d'intimidation et de division, y compris des menaces de licenciement et des représailles pour contraindre des individus à se soumettre à ses demandes, écrit M. Marleau.

Une enquête de CBC révélait l’année dernière que 8 femmes alléguaient que M. Chiarelli a eu un comportement déplacé à leur égard. Une de ces femmes affirme que, lors d'un entretien d'embauche, le conseiller lui a demandé de venir au travail sans soutien-gorge.

Rick Chiarelli assis à une table devant un ordinateur portatif dans la salle du conseil municipal d'Ottawa.

Le conseiller Rick Chiarelli est au milieu d'une controverse depuis plus d'un an. (archives)

Photo : CBC / Giacomo Panico

Dans le cadre de son enquête, le commissaire a recueilli le témoignage de cinq femmes dont deux font l’objet du présent rapport.

Dans ce document de plus de 300 pages, en incluant les annexes, le commissaire Marleau recommande des peines d’une rare sévérité : l’imposition d’une nouvelle suspension de salaire de six mois, l’éjection de tous les comités et agences auxquels il participe et le retrait de tous les pouvoirs d'embaucher du personnel, et d'ordonner et d’approuver toute dépense budgétaire pour le reste du mandat 2018-2022.

Il s'est conduit avec un mépris total des principes et valeurs énoncés dans le code de conduite et les politiques en milieu de travail proclamées par le Conseil.

Robert Marleau, commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa

Ce rapport date du 3 novembre et a été remis aux élus municipaux vendredi. Le conseil devra déterminer s’il accepte ou non les recommandations du commissaire.

Robert Marleau pose pour la caméra dans la salle du conseil municipal d'Ottawa.

Le commissaire à l’intégrité de la Ville d'Ottawa, Robert Marleau, enquête depuis l'année dernière au sujet de plaintes de comportements déplacés du conseiller Rick Chiarelli. (archives)

Photo : CBC/Kate Porter

En juillet, le conseil municipal d’Ottawa a adopté à l’unanimité la recommandation du commissaire à l’intégrité de suspendre Rick Chiarelli sans salaire pour une période de neuf mois, ce qui représente un peu plus de 79 000 $.

Cette pénalité est en vigueur depuis le 14 août et le commissaire recommande que les six mois supplémentaires commencent dès la fin de la première suspension en mai.

Dans ses deux rapports, le commissaire s’est dit d'accord avec les faits rapportés par les cinq femmes avec qui il s’est entretenu.

Pour sa part, Rick Chiarelli a encore une fois refusé de participer à l’enquête du commissaire, qui dit même ne pas avoir reçu de réponse de sa part.

À la suite de son premier rapport, le conseiller municipal avait qualifié d’injustes les conclusions de M. Marleau puisqu’elles avaient été rédigées sans son témoignage.

Encore une fois vendredi, Rick Chiarelli a nié les allégations qui pèsent contre lui. Dans une déclaration transmise à CBC, il a qualifié de biaisé le travail effectué par la Ville et par le commissaire dans le traitement des plaintes.

Un deuxième blâme en cinq mois

Une douzaine de conseillers municipaux debout derrière leur poste de travail à la table du conseil municipal d'Ottawa.

Des conseillers municipaux d'Ottawa ont refusé de s'asseoir dans un geste symbolique contre leur collègue Rick Chiarelli lors de leur réunion du 11 décembre 2019. (archives)

Photo : CBC/Kate Porter

En juillet, le commissaire Marleau avait rendu un rapport accablant au sujet du conseiller municipal du quartier Collège.

Il concluait notamment que le comportement de M. Chiarelli constituait du harcèlement en vertu des politiques de la Ville et qu’il avait exploité le rapport de pouvoir de la situation, dans laquelle le Répondant [M. Chiarelli] détenait la possibilité d'un emploi, en sexualisant la discussion et les questions d'une manière vexante et inacceptable.

Le commissaire Marleau écrivait également qu'un tel comportement d'un titulaire d'une charge publique élue nuit profondément à l'intérêt public et porte gravement atteinte à la confiance des citoyens qui les élisent.

Ce premier rapport avait trait au témoignage de trois des cinq femmes qui ont porté plainte. Le second rapport, rendu public vendredi, concerne deux anciennes employées.

Rick Chiarelli est le doyen du conseil municipal à Ottawa. Il a été élu sans interruption depuis 2000.

Avec des informations de Joanne Chianello de CBC

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