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Archives

Depuis des décennies, des francophones canadiens se sont installés aux États-Unis

L'enseigne d'un vendeur d'instruments de musique aux origines francophones à Manchester, en 1966.

Il y a aux États-Unis plus de 10 millions de citoyens possédant des racines francophones et canadiennes françaises.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a sur le sol des États-Unis une présence importante de francophones qui viennent du Canada. Nos archives retracent leur histoire et leur destin.

Manchester, New Hampshire

Pour un Canadien, il y avait plus de chances ici (aux États-Unis) que là-bas (au Canada).

William Mathieu, Manchester, New Hampshire, 1966

Saviez-vous que selon le dernier recensement effectué aux États-Unis en 2010, 10,4 millions d’Américains déclaraient avoir des origines françaises, et plus particulièrement franco-canadiennes?

Parmi eux, 1,3 million de personnes parlaient encore le français à la maison.

Il y a de tout temps eu une émigration plus ou moins considérable des Canadiens français vers les États-Unis.

Dans les années 1840, le Canada et le Québec connaissent une grave crise économique.

Par contre, de l’autre côté de la frontière, l’industrialisation se développe très rapidement.

Les usines, notamment celles du textile qu’on retrouve dans les états de la Nouvelle-Angleterre, attirent un million de Canadiens français qui cherchent à gagner leur pain.

Cet exode ne s’arrêtera que dans les années 1930.

Des villes manufacturières comme Manchester, dans l’état du New Hampshire, se remplissent de Canadiens français.

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Aujourd'hui, 2 juin 1966 (extraits)

Le 2 juin 1966, l’émission Aujourd’hui présente un reportage du journaliste Pierre Paquette. Il s’est rendu à Manchester pour y rencontrer des Canadiens français établis dans cette ville.

Ce montage reprend de larges extraits du reportage de Pierre Paquette.

Pierre Paquette s'entretient en premier lieu avec le curé Adrien Verrette.

Ce dernier confie à Pierre Paquette que la famille de son père était très pauvre. Il devait attendre sa mère le dimanche pour lui emprunter ses souliers pour aller à la messe.

Notre journaliste rencontre un peu plus tard Philomène Turmel.

Elle lui raconte que les enfants commençaient à travailler dans les filatures très jeunes.

Parfois, ils étaient si jeunes qu’on les cachait aux superviseurs par crainte qu’ils ne les renvoient à la maison.

On apprend qu’à peu près 40 % des travailleurs dans les usines de Manchester étaient d’origine canadienne-française.

Le journaliste discute également des loisirs que pratiquaient les Canadiens français avec Nestor Dubé.

On entend une expression de la bouche de ce dernier que l’on n’utilise plus au Québec, mais qui est très savoureuse et éloquente.

En 2010, selon le recensement du gouvernement américain, 337 000 personnes — soit 24,5 % de la population du New Hampshire — possédaient des racines francophones.

Détroit, Michigan

Dans l'État du Michigan, selon le recensement de 2010, 942 000 citoyens — soit 6,2 % de la population de cet État — avaient des ancêtres francophones.

La principale ville du Michigan, Détroit, a été fondée par un explorateur français, Antoine de Lamothe-Cadillac, en 1701.

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Téléjournal Ontario, 2 août 2010

Mais le journaliste Stéphane Blais à Windsor le constate dans un reportage présenté au Téléjournal Ontario le 2 août 2010. La communauté francophone de Détroit a de la difficulté à léguer la langue de Molière aux jeunes générations.

À Détroit, la société pour la préservation de l’héritage français compte environ 300 membres.

Lorsque ces derniers se réunissent, ils s'aperçoivent qu’ils sont de plus en plus âgés et que la transmission du français semble s’être arrêtée avec leurs enfants.

Tout n’est cependant pas perdu. Quelques jeunes particulièrement motivés continuent d’apprendre le français.

Waterville, Maine

Sans la main d’œuvre travailleuse et docile des Beaucerons exilés, jamais les industries de Waterville n’auraient pu prospérer.

Jean-Michel Leprince, 2001

En 2010, 337 000 citoyens du Maine se disaient d’origine francophone. C’est 25 % de la population de cet État de Nouvelle-Angleterre.

Le journaliste Jean-Michel Leprince et le réalisateur Pierre Devroede se sont rendus dans le Maine à la rencontre des Canadiens français qui vivent dans la ville de Waterville.

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Zone libre, 7 septembre 2001

Le reportage a été présenté à l’émission Zone libre le 7 septembre 2001.

Waterville abritait une filature. Lors du recensement du gouvernement américain de 2000, 32 % de ses 15 000 citoyens affirmaient être de descendance canadienne-française. Mais là aussi, la transmission linguistique s'est interrompue.

Un détail historique oublié que nous rappelle le reportage de Jean-Michel Leprince est que les minorités francophones ont été persécutées dans le nord-est des États-Unis.

Dans le sud des États-Unis, le regroupement suprémaciste blanc Ku Klux Klan pourchassait les Afro-Américains. En Nouvelle-Angleterre, c’étaient plutôt les Juifs et les Canadiens français qui étaient les victimes de leur racisme.

Dans ce contexte de mépris, les nouvelles générations trouvent généralement le français à la fois désavantageux et très dangereux. Elles ne l’apprennent pas.

Mais le journaliste constate qu’il y a quand même une volonté chez certains descendants d’immigrants canadiens-français de préserver, ou même de réapprendre, une langue qu’ils ont complètement oubliée.

Depuis quelques années, un phénomène un peu inattendu insuffle un nouveau dynamisme à la francophonie du Maine.

Plusieurs personnes des pays francophones d’Afrique de l’Ouest ont immigré dans cet État.

Le français du Maine pourra donc voir quelques nouvelles expressions à saveur tropicale s’ajouter à son vocabulaire.

Encore plus de nos archives

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