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Après New York qui ferme ses écoles, au tour de la Californie d’imposer un couvre-feu

Plus de 200 000 nouveaux cas en 24 heures ont été enregistrés jeudi aux États-Unis, ainsi que plus de 2000 morts, une barre qui n'avait pas été franchie depuis des mois.

La rue est peu fréquentée.

Un coureur arpente les rues de Santa Monica, en Californie, le 19 novembre 2020.

Photo : Associated Press / Marcio Jose Sanchez

Agence France-Presse

Une demande d'autorisation en urgence du vaccin contre la COVID-19 développé par l'alliance Pfizer/BioNTech devrait être déposée vendredi aux États-Unis, où les autorités ont pris une nouvelle série de restrictions pour endiguer la pandémie à l'approche de la fête de l’Action de grâces, entre fermeture des écoles à New York et couvre-feu en Californie.

Le partenaire de Pfizer, BioNTech, a annoncé qu'il avait l'intention de déposer demain une demande d'autorisation en urgence auprès de la FDA, le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques, a déclaré jeudi le secrétaire américain à la Santé Alex Azar lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

Nous nous attendons à ce que Moderna fasse cette demande bientôt également, a-t-il ajouté, à propos de cette société américaine sur les rangs pour développer et distribuer à grande échelle un vaccin.

Le directeur de BioNTech a estimé jeudi possibleson autorisation et sa distribution durant le mois de décembre, tant aux États-Unis que dans l'Union européenne. Nous travaillons d'arrache-pied, a assuré Ugur Sahin à l'AFP.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé de son côté que le régulateur européen pourrait donner son feu vert à la commercialisation des deux vaccins dès la deuxième moitié de décembre, si les procédures se passent sans problème.

L'alliance Pfizer/BioNTech et Moderna ont annoncé ces derniers jours une efficacité de l'ordre de 95 % pour leurs vaccins, suscitant une vague d'optimisme dans le monde, où des centaines de millions de doses ont déjà été réservées par différents gouvernements.

Et l'immunologue Anthony Fauci, figure scientifique très respectée aux États-Unis, s'est voulu rassurant en affirmant jeudi que la rapidité du processus de développement de ces vaccins n'avait en rien compromis la sécurité, pas plus que l'intégrité scientifique.

Ces bonnes nouvelles arrivent au moment où quelque 56 millions de cas et 1,35 million de décès ont été officiellement recensés dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un bilan établi jeudi par l'AFP.

Une croissance exponentielle aux États-Unis

Un infirmier discute avec un patient alité.

L’infirmier Vincent Encarnacion discute avec un patient soigné à l’unité COVID-19 des soins intensifs d’un centre hospitalier de Burbank, en Californie.

Photo : Reuters / LUCY NICHOLSON

Aux États-Unis, l'épidémie est en phase exponentielle, selon les autorités sanitaires. Plus de 200 000 nouveaux cas en 24 heures ont été enregistrés jeudi, ainsi que plus de 2000 morts, une barre qui n'avait pas été franchie depuis des mois.

Les Américains ont été invités à s'abstenir de voyager pour l’Action de grâces, le 26 novembre, la plus grande fête familiale des États-Unis, à l'occasion de laquelle des records de fréquentation sont traditionnellement battus dans les aéroports et sur les routes.

Et partout dans le pays, les responsables locaux ont dû se résoudre à imposer de nouvelles restrictions pour freiner la propagation du virus.

En Californie, environ 94 % de la population sera placée à compter de samedi sous couvre-feu pour un mois. La mesure interdit tous les déplacements non essentiels entre 22 h et 5 h dans les comtés les plus touchés par l'épidémie de coronavirus.

Le virus se propage à une vitesse jamais vue depuis le début de cette pandémie et les jours et semaines à venir vont être critiques pour stopper cette remontée. Nous sonnons l'alarme.

Gavin Newsom, gouverneur de la Californie

Dans la capitale Washington, les musées publics et le zoo vont refermer leurs portes à partir de lundi, tandis qu'à New York, le maire Bill de Blasio a fermé jeudi les écoles publiques, une mesure qui a immédiatement suscité la controverse, avec une pétition demandant le maintien de leur ouverture et des manifestations devant la mairie.

Le président désigné américain Joe Biden, qui doit faire le 20 janvier son entrée à la Maison-Blanche et a fait de la lutte contre l'épidémie la priorité de son début de mandat, a affirmé jeudi qu'il n'imposerait pas de confinement national total malgré la recrudescence de l'épidémie. Je pense que cela serait contre-productif, a-t-il dit.

Je n'arrêterai pas l'économie, point. J'arrêterai le virus, a-t-il lancé lors d'une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, à l'issue d'une rencontre avec des gouverneurs consacrée à cette crise.

Une femme parcourt les allées d'un magasin à rayons avec son enfant.

Une cliente d’un magasin à rayons met un paquet de rouleaux de papier de toilette dans son chariot. Les produits de première nécessité disparaissent à grande vitesse des tablettes alors que la Californie a décrété un nouveau confinement afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

Photo : AFP / ROBYN BECK

Ailleurs dans le monde...

En Europe, l'OMS s'est félicitée d'une baisse du nombre de cas hebdomadaires la semaine dernière (-10 %), mais les décès ont continué d'augmenter et la prudence reste de mise.

En Allemagne, le niveau des contaminations est encore trop élevé, même si les nouvelles restrictions mises en place au début du mois sont efficaces et incitent à l'optimisme, a estimé jeudi l'autorité sanitaire de référence.

En France, le virus circule moins vite, mais la charge sanitaire reste élevée, avec 15 807 nouveaux malades entrés à l'hôpital ces sept derniers jours, a souligné le ministre de la Santé Olivier Véran.

La Catalogne, elle, s'apprête à franchir le pas d'un assouplissement des restrictions. La région du nord-est de l'Espagne a annoncé jeudi la réouverture des bars, restaurants et cinémas lundi prochain, après plus d'un mois de fermeture.

Autre bonne nouvelle en Europe : deux semaines après avoir lancé l'alerte sur une mutation inquiétante du coronavirus vers les visons – et commencé à abattre l'intégralité de son immense cheptel –, le Danemark a conclu que cette menace pour les vaccins humains était très probablement éteinte, en l'absence de nouveau cas détecté.

Le gouvernement irlandais a indiqué jeudi qu'il prévoyait par précaution d'abattre lui aussi les visons d'élevage du pays.

Ailleurs dans le monde, le virus continue ses ravages. La Russie a passé la barre des deux millions de cas, enregistrant deux nouveaux records d'infections et de décès quotidiens. Le Mexique, quatrième pays du monde le plus endeuillé, a atteint les 100 000 morts du virus.

L'Inde a franchi la barre des 9 millions de cas, et déplore officiellement 132 162 morts, mais de nombreux experts estiment que le chiffre réel est beaucoup plus élevé, en raison d'un nombre relativement faible de tests.

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