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Après la pandémie, quel avenir pour le milieu culturel?

Émilie Landry et Serge Brideau ont emprunté des chemins différents qui les forcent à réfléchir à leur avenir.

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Montage de photos d'Émilie Landry et de Serge Brideau.

Émilie Landry et Serge Brideau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le secteur culturel, comme tant d’autres, a été ébranlé par les répercussions de la pandémie de coronavirus, qui s’est déclarée en début d’année au Canada. Si le contexte actuel est insécurisant pour beaucoup de gens, il exacerbe une situation que les travailleurs du milieu musical savaient déjà précaire.

Deux musiciens du Nouveau-Brunswick, Serge Brideau et Émilie Landry, ont emprunté des chemins différents lorsque la COVID-19 est apparue, et ont expliqué au Téléjournal Acadie comment les circonstances les amènent à réfléchir à leur avenir.

Émilie Landry, auteure-compositrice-interprète acadienne, a vu de grands projets bouleversés. La sortie de son album Arroser les fleurs était prévue pour mai et s’est faite sans fanfare; l'un de ses spectacles a été abruptement annulé en mars au milieu du soundcheck, se souvient-elle.

Émilie Landry en prestation sur le plateau de Version originale

Émilie Landry en 2019.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Basque / traitement : Kristel Mallet

J'ai essayé de me revirer de bord assez rapidement, dit-elle. Une accalmie dans le nombre de cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick lui a permis de se produire en spectacle à quelques reprises en août. Je ne fais pas normalement des salles avec des centaines de personnes, dit-elle, ce qui a permis de se conformer aux exigences actuelles de santé publique.

J'ai été vraiment chanceuse dans mon timing, avoue cependant Émilie Landry. L’album était complété et les sommes qui devaient être consacrées à le promouvoir étaient déjà disponibles. Il s'est agi ensuite d'utiliser les fonds pour des stratégies adaptées au nouveau contexte.

Vétéran de la scène musicale, le leader des Hôtesses d'Hilaire, Serge Brideau, a vu ses plans pour une longue tournée être complètement anéantis. On partait en mars, normalement on aurait fini en décembre, explique-t-il.

Il a donc décidé de retourner travailler dans le milieu de la santé, plus précisément dans un foyer de soins. Ce changement de contexte inopiné l'amène à réfléchir sur l'avenir de sa carrière artistique.

Serge Brideau à Version originale

Serge Brideau en 2019.

Photo : Radio-Canada

D'être chez nous à tous les soirs, d'avoir une paye aux deux semaines, d'avoir un semblant de vie normale , dit le quadragénaire, ça me tente moins de retourner, le gaz au fond, à faire de la tournée comme qu'on faisait auparavant.

Sans les spectacles, comment tirer un revenu adéquat? Si l'Internet était traité comme le CRTC traite la radio et la télé, et qu'on avait des rémunérations pour le streaming, par exemple, je pense qu’on n’aurait pas besoin de jouer autant pour gagner sa vie, dit Serge Brideau.

Vus « comme des quêteux »

Le streaming, c'est ridicule, tu fais un million de streams [d'écoutes sur Internet, NDLR], t'es signé sur un label, tu te ramasses avec 500 piastres dans tes poches , ironise-t-il. C'est complètement démesuré. Les géants de l'Internet empochent des milliards et des milliards de dollars, puis nous autres, on est là à crever de faim.

Les musiciens, on est toujours vus comme des quêteux parce qu'on vit sur des subventions , enchaîne-t-il. Si je me faisais payer adéquatement pour le contenu culturel que j'apporte à l'Internet [...] je n'aurais pas besoin de vivre avec des subventions.

Dans ce contexte-là, dit Serge Brideau, ça me tente de revenir comme au début des Hôtesses, où je travaille - et que je fais de la musique comme, un peu, un passe-temps.

La COVID met en évidence les trous, faut qu'on soit rémunérés pour notre travail, renchérit Émilie Landry au sujet de la diffusion de musique en continu sur Internet.

On fait des plans en sachant que ça se peut que ça change, philosophe l'artiste de Campbellton, une région tombée deux fois dans la phase orange du plan de rétablissement.

Ça bâtit une résilience. C'est quelque chose que j'ai trouvé vraiment dur au début et on dirait qu'avec le temps, ça s'améliore.

Avec les renseignements de Karine Godin

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