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Un « contrat moral » pour célébrer Noël : soulagement dans le milieu scolaire

Une classe vide, les chaises levées sur les bureaux.

Les élèves du primaire seront de retour en classe come prévu le 5 janvier. Au secondaire, le retour en présentiel est prévu pour la semaine suivante.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Après quelques semaines de rumeurs concernant un congé des Fêtes prolongé dans les écoles, le gouvernement écarte officiellement ce plan. Le milieu scolaire pousse un soupir de soulagement, même si des questions subsistent.

Le premier ministre François Legault a dévoilé jeudi en fin de journée sa vision du temps des Fêtes. Les rassemblements seront permis durant quatre jours, à Noël, mais le calendrier scolaire devra légèrement être modifié pour réduire les risques de transmission de la COVID-19.

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la Fédération des syndicats de l'enseignement. C’est un soulagement, je veux saluer la décision. On a finalement pu parler avec le ministre de l’Éducation mercredi, et on arrive à un bon compromis, explique la présidente Josée Scalabrini en entrevue à l’émission 24/60.

Ce n’est pas le monde idéal, mais les élèves ne seront pas un mois sans service.

Josée Scalabrini
Josée Scalabrini accorde une entrevue à Radio-Canada.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Le président de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement est sensiblement du même avis. On aurait souhaité une présence à temps plein, mais on voit bien ce qu’il se passe avec la situation actuelle de la pandémie, souligne Nicolas Prévost.

Bonne nouvelle pour les services de garde

Trois organisations syndicales parlent d’une décision responsable. Une décision du gouvernement obligeant les services de garde scolaires à ouvrir leurs portes à 100 % aurait été une consécration de l’incohérence dans les mesures sanitaires, écrivent la Centrale des syndicats du Québec, la Confédération des syndicats nationaux et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Les syndicats déplorent cependant les ballons d'essai lancés par le gouvernement en ce qui a trait aux vacances prolongées dans les écoles, avec des scénarios qui ouvraient parfois la porte à deux semaines additionnelles de congé en janvier.

Mais inquiétudes dans l'arène politique

Jeudi soir, les trois porte-parole en matière d'éducation n'ont pas tardé à réagir.

C'est un grand soulagement de constater que le calendrier scolaire est maintenu au primaire et au secondaire, indique d'abord Christine Labrie de Québec solidaire. Maintenant que les modifications au calendrier sont écartées, j'invite le ministre à se concentrer sur la réduction des éclosions dans les écoles, par exemple en améliorant la qualité de l'air et en réduisant la taille des groupes.

Un élève devant son écran d'ordinateur portable.

Le plan du gouvernement Legault pour les Fêtes propose de l'enseignement à distance durant quelques jours additionnels, avant et après les vacances de Noël.

Photo : Radio-Canada

Une demande similaire est faite par le Parti libéral du Québec. Pouvons-nous recevoir d’ici Noël les purificateurs d’air mobiles et les détecteurs de CO2? Aussi, nous aimerions avoir un plan pour la réussite éducative de nos jeunes, c’est hautement préoccupant qu’un élève sur trois en moyenne est en situation d’échec et vraiment surprenant que le ministre de l’Éducation n’a pas dit un mot là-dessus, écrit la députée Marwah Rizqy.

Le Parti québécois, lui, exige que les classes demeurent ouvertes pour accueillir les élèves en présentiel. Ce réaménagement offre d'ailleurs l'occasion d’essayer les demi-classes au secondaire, modèle que nous suggérons depuis plusieurs mois, avec une moitié physiquement en classe et l'autre moitié en virtuel, précise ensuite la députée péquiste, Véronique Hivon.

Faire des compromis

La Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue, estime que le plan du gouvernement est raisonnable. Je pense qu’on a voulu permettre aux gens certaines célébrations, sachant que de toute façon, ce sera difficile d’interdire les rassemblements. Mais, avec des zones tampons avant et après Noël, pour détecter des cas, fait-elle valoir en entrevue au Téléjournal Québec.

La Dre Tremblay indique qu’une semaine pour surveiller les symptômes, ce n’est pas l’idéal. Mais en général, le virus émerge entre cinq à sept jours après le contact. Donc, ça couvre la majorité des cas possibles. Ce n’est pas parfait, mais on ne vise pas le risque zéro non plus, poursuit-elle.

D’après elle, le gouvernement devait faire des compromis, notamment parce que les hôpitaux sont très occupés en janvier, donc les mesures annoncées servent aussi à contrôler les hospitalisations.

Par contre, un compromis que Québec solidaire n’accepte pas est celui de la santé mentale. J’aimerais rappeler au gouvernement que cette annonce ne fait pas disparaître la crise de santé mentale qui sévit en ce moment, mentionne la co-porte-parole du parti, Manon Massé.

Manon Massé s'adresse aux journalistes.

Manon Massé de Québec solidaire

Photo : Radio-Canada

Elle demande des mesures précises pour les personnes en détresse, afin que ces dernières reçoivent de l’aide.

Mesures restrictives jusqu'au 11 janvier

Là où l’annonce du temps des Fêtes frappe plus durement, c’est du côté des restaurants, bars, salles de spectacle et gyms, notamment, qui devront rester fermés, en zone rouge, jusqu'au 11 janvier.

Une employée les mains protégées par des gants bleus applique du désinfectant sur les poignées d'une machine d'exercice dans une salle de sport.

Les salles d'entraînement ne pourront pas accueillir les clients durant les deux premières semaines de 2021, le début de la période des nouvelles résolutions de l'année.

Photo : iStock / Neptune Stocks

C’est une immense frustration, même si on n’est pas surpris, exprime le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association restauration Québec, François Meunier.

Il ajoute que son association a lancé un cri du coeur le mois dernier au gouvernement, pour être en mesure d’établir un plan de réouverture pour le mois de décembre. Finalement, avec les salles à manger fermées, c’est 1 milliard en revenu qui disparaît et les conséquences seront immenses. Sachant aussi qu’on a la prétention de dire qu’on peut recevoir des clients de façon sécuritaire.

Vous savez, en janvier et février, de nombreux restaurants ne seront peut-être pas intéressés à ouvrir les portes de leurs salles à manger, fait remarquer M. Meunier.

Rappelons que jeudi, en fin de journée, le premier ministre a évoqué la possibilité de modifier son plan pour les Fêtes si jamais la situation se détériorait.

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