•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des auxiliaires à l'enseignement font les frais du virage numérique des universités

Un étudiant dans un des laboratoires nouvellement modernisés de l'UQAR.

Des laboratoires d'apprentissage sont maintenant offerts de façon virtuelle dans les universités.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

L'incertitude de la pandémie pèse lourd sur les épaules des auxiliaires à l'enseignement, ces étudiants aux études supérieures appuyant leurs camarades de premier cycle dans leurs classes et dans leurs laboratoires.

De la confusion sur les tâches à entreprendre, à la difficulté à nouer un lien avec les étudiants, leur quotidien a bien changé depuis mars dernier.

Deux fois par semaine, Meghan Ward offre des séances de tutorat aux étudiants au baccalauréat en biologie de l’Université Laurentienne. Pandémie oblige, celles-ci sont maintenant dispensées entièrement en ligne.

L’étudiante à la maîtrise en biologie remarque que peu d’étudiants se présentent à ses séminaires de trois heures, et que souvent, ils n’y restent pas longtemps. Elle doit donc s’adapter aux nouveaux besoins de la cohorte.

Je prends mon temps personnel pour répondre aux courriels, ou pour organiser des séances individuelles sur [la plateforme de téléconférence] Zoom, détaille Meghan Ward.

Mais trois mois après une rentrée presque entièrement à distance, difficile pour être de comprendre quelle est l'étendue de ses tâches.

C’est difficile de comprendre la balance entre ce qui est du travail et du bénévolat, explique-t-elle, alors que plusieurs de ses tâches se déroulent maintenant en dehors de ses périodes de tutorat.

Difficile, aussi, de rejoindre facilement les superviseurs afin d’être aiguillé en cas de problème.

On ne peut plus se rendre dans le bureau du patron le matin pour poser une question, donne-t-elle en exemple.

Je crois que les circonstances rendent ce travail beaucoup plus stressant qu’auparavant

Meghan Ward, auxiliaire à l’enseignement en biologie, Université Laurentienne

Même son de cloche pour Jade Dawson, également auxiliaire à l’enseignement en biologie à l'Université Laurentienne.

C’est comme si le temps qui était autrefois dédié aux périodes de tutorat est maintenant étalé un peu partout dans la journée et dans la semaine. […] C’est comme si je devais toujours être "en ligne", ce qui augmente mon stress, affirme Jade Dawson.

L’incertitude plane également sur sa prochaine session. L'auxiliaire aura à sa charge un laboratoire de dissection, mais ignore encore la forme qu'il prendra en raison de la crise sanitaire.

Garder le lien

Avant la pandémie, Jay Patel, qui étudie à la maîtrise en science informatique à l’Université Laurentienne, pouvait accompagner les étudiants en personne lors de leurs laboratoires.

C’était facile pour les étudiants de nous poser des questions directement. Maintenant, ils doivent tout faire eux-mêmes et s’ils sont coincés, ils doivent joindre le professeur ou moi par courriel, et ça prend du temps, affirme-t-il.

Je dirais que les étudiants sont les vrais perdants.

Jay Patel, auxiliaire à l’enseignement en science informatique, Université Laurentienne

Pour Meghan Ward, le rôle de soutien de l’auxiliaire d’enseignement est crucial.

C’est plus que simplement relayer de l’information. Il y a une connexion spéciale qui peut se créer entre les auxiliaires à l’enseignement. Certains recommandent des étudiants pour des emplois d’été, dit-elle.

Mais cette année, c’est différent : Mme Ward ne connaît les noms que de quatre ou cinq étudiants dans la cohorte de première année, qui en compte une centaine.

Centre Living with Lakes.

Moins d'un pour cent des cours sont en classe à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Des auxiliaires encore sans travail à l’Université Laurentienne

Si les auxiliaires à l’enseignement doivent s’adapter à de nouvelles conditions de travail, certains de leurs camarades attendent encore de débuter leur emploi.

En vertu de l’impact de la pandémie sur nos processus ainsi que la disponibilité des tâches/rôles pour ces derniers dans un contexte à distance, il y a eu des délais à la répartition du travail à 22 des 347 auxiliaires à l’enseignement, explique l’Université Laurentienne dans un courriel.

Ainsi, ces étudiants n’ont pas encore été payés puisqu’il y a un retard vis-à-vis la date de début de leur travail.

L’Université Laurentienne a un engagement de 260 heures avec ces étudiants pour l’année complète. L’administration assure que ces derniers seront rémunérés.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !