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Le gouvernement Legault veut accroître l'autonomie alimentaire du Québec

André Lamontagne pendant un point de presse.

André Lamontagne, ministre de l'Agriculture du Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La Presse canadienne

Le Québec est loin d'être autosuffisant sur le plan alimentaire. Environ la moitié des produits alimentaires qu'il consomme provient de l'étranger. Par un ensemble de mesures annoncées jeudi, le gouvernement Legault souhaite corriger le tir et accroître son autonomie en ce domaine, au moins de quelques points de pourcentage.

C'est ce qu'a affirmé le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, en conférence de presse, en détaillant les moyens entrepris pour y arriver, avec 157 millions de dollars de mesures axées sur de la robotisation du secteur, l'automatisation de la production alimentaire et des campagnes d'information favorisant l'achat de produits du Québec.

Dans un deuxième temps, le ministère de l'Agriculture doit annoncer bientôt sa stratégie visant la hausse de la production de fruits et légumes en serre. Le gouvernement s'est engagé à doubler sa production annuelle de culture en serre, toujours dans le but de diminuer la dépendance du Québec à l'égard des produits étrangers.

À cette occasion, le ministre a lancé un défi à la population : au moment de faire l'épicerie, substituer chaque semaine une valeur de 12 $ de produits alimentaires provenant de l'étranger par la même valeur de produits québécois, puisque la hausse anticipée de production locale doit se traduire par une hausse correspondante d'achat local.

Au bout d'un an, ce petit geste pourrait entraîner l'ajout d’un milliard de dollars dans la chaîne de production et de transformation alimentaires, a-t-il calculé.

Voilà un petit geste qui peut demander peu d'effort, mais qui peut rapporter gros à notre économie, selon le ministre.

Le Québec aurait actuellement à peu près 51 % d'autonomie alimentaire. Si l'objectif de hausse de l'achat local est atteint, cela ferait bouger l'aiguille à 55,56 %, a-t-il calculé.

André Lamontagne assis à la table de presse en compagnie de trois invités.

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, croit que les prix des aliments du Québec sont compétitifs.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Choisir les aliments du Québec

M. Lamontagne qualifie de légende urbaine le préjugé voulant que dans bien des cas les aliments du Québec coûtent plus cher que ceux provenant de l'étranger. Il croit au contraire que les prix des denrées du Québec sont très, très compétitifs.

Selon les calculs du ministre, si tout se passe bien, les mesures annoncées pourraient se traduire par la création de 3800 emplois dans toute la chaîne de production et de transformation des aliments dans les prochaines années.

Un des facteurs limitant la croissance du secteur est le manque de main-d'œuvre et le faible taux de productivité. Québec injectera 92,5 millions de dollars, d'ici deux ans, pour remédier à cette situation.

Par ailleurs, la Financière agricole sera mise à contribution en vue d'accélérer les investissements agricoles, même dans des secteurs à risque élevé et dans le cas d'entreprises en démarrage.

Québec octroie 24 millions à cette fin. On dépêchera sur le terrain, dans les régions, 48 conseillers en financement chargés de donner le coup de pouce financier nécessaire.

Pour favoriser l'achat local, Québec veut consacrer 23,4 millions à la stimulation de la demande de produits alimentaires québécois. Des campagnes publicitaires et des activités de promotion en magasin viendront valoriser l'appellation Aliments du Québec.

Satisfaction chez les producteurs

Les annonces du ministre sont de la musique à nos oreilles, a commenté le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, présent à la conférence de presse.

Marcel Groleau à la table de presse.

Marcel Groleau est président de l'Union des producteurs agricoles du Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À l'UPA, depuis plusieurs années, on invite les Québécois à consommer québécois, a fait valoir M. Groleau.

Il a rappelé que la pandémie de coronavirus avait fait prendre conscience à bien des gens à quel point certains secteurs de la vie quotidienne étaient liés au sentiment de sécurité et que l'alimentation était l'un d'eux.

L'important à ses yeux consiste à constater que le secteur agroalimentaire est déjà identifié comme un des secteurs qui permettront de relancer notre économie après la pandémie.

Il est d'avis que le Québec pourrait augmenter sa production agricole de 30 %, en créant potentiellement 21 000 emplois supplémentaires dans ce domaine.

M. Groleau a cité certaines filières privilégiées en ce qui a trait à l'expansion : la production bovine, celles de l'agneau, des oléagineux et des légumineuses, notamment.

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