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Blaine Higgs rejette l’idée d’un comité permanent sur les langues officielles

Blaine Higgs, en novembre 2020.

Blaine Higgs doit réviser la Loi sur les langues officielles avant la fin du mois de décembre 2021.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il n'y aura pas de comité permanent sur les langues officielles à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Le premier ministre Blaine Higgs rejette l'idée, à l'aube de la révision obligatoire de la Loi sur les langues officielles.

Ce type de comité, qui existe à la Chambre des communes du Canada, aurait notamment eu comme mandat d'étudier les politiques et programmes de langues officielles, y compris les rapports annuels de la commissaire aux langues officielles.

L'idée de créer un tel organe à l'échelle provinciale, d'abord lancée il y a deux ans par le Parti vert, a gagné en traction après avoir obtenu le soutien du Parti libéral et de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Le chef libéral par intérim, Roger Melanson, est revenu à la charge cette semaine dans sa réplique au discours du Trône.

Nous demandons instamment au gouvernement Higgs de mettre en place un tel comité et de permettre au monde de tenir des audiences publiques sur la Loi sur les langues officielles, a-t-il déclaré.

Roger Melanson a eu un temps de parole après la lecture du discours du Trône, en novembre 2020.

Roger Melanson a eu un temps de parole après la lecture du discours du Trône.

Photo : Radio-Canada

Or, le premier ministre progressiste-conservateur a rejeté l'idée.

Ce n'est pas quelque chose que j’envisage, a répondu Blaine Higgs.

Une occasion ratée de bâtir des ponts

Pour le député vert Kevin Arseneau, cette réponse illustre un manque de volonté de sa part.

C'est un manque de sensibilité et une mauvaise compréhension de l'importance de l'enjeu.

Une citation de :Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord

Les progressistes-conservateurs n'ont remporté aucun siège dans le Nord aux dernières élections. Kevin Arseneau estime que le premier ministre laisse passer une occasion de bâtir des ponts avec la communauté francophone du Nouveau-Brunswick.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, en entrevue par vidéoconférence, le 19 novembre 2020.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, en entrevue par visioconférence, le 19 novembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Un comité aurait comme effet d'avoir cette ouverture ou cette discussion ouverte pour qu'on puisse parler des langues officielles de façon constante, et non seulement lorsque les tensions sont hautes, ou lorsque vient le temps de la révision obligatoire de la loi, explique-t-il.

La SANB milite pour la création d'un comité permanent sur les langues officielles pour des raisons similaires. Le but de ce comité serait, entre autres, de rompre avec la partisannerie malsaine du statu quo afin de dépolitiser la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles à l’Assemblée, avait défendu le président de l'organisme, Alexandre Cédric Doucet, en septembre dernier.

Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB en entrevue par vidéoconférence.

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

Photo : Radio-Canada

Déjà du retard dans le processus

La dernière révision de la Loi sur les langues officielles remonte à 2013. Il avait alors été prévu que la prochaine révision soit terminée au plus tard le 31 décembre 2021.

Le gouvernement s’est engagé, lors du discours du Trône, à respecter cette obligation législative. Mais il s’agit d’un processus de longue haleine, qui peut prendre plus d’un an.

Une affiche bilingue du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick a adopté la Loi sur les langues officielles en 1969.

Photo : Radio-Canada

Comme la dernière révision a duré deux ans, il y a lieu de s'inquiéter du fait que celle-ci n'a pas encore commencé, note Roger Melanson.

Le discours du Trône présenté plus tôt cette semaine à Fredericton démontre clairement que le gouvernement Higgs ne saisit aucunement l’ampleur de la tâche devant lui ni l’importance de cette révision quant au maintien du contrat social de la province, déplore pour sa part Alexandre Cédric Doucet.

On ignore si les audiences sur la révision de la loi se feront à huis clos, comme cela avait été le cas sous le gouvernement progressiste-conservateur de David Alward en 2013, ou si elles seront publiques, comme plusieurs le demandent.

Des rendez-vous ont lieu jeudi et la semaine prochaine justement pour planifier les travaux de révision qui se tiendront en 2021, précise le premier ministre.

Craintes d'un recul

Même si le processus n'est pas encore entamé, plusieurs craignent déjà que le gouvernement Higgs n'ouvre la porte à des reculs en matière de droits linguistiques.

L'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti qui compte trois députés, souhaite éliminer le poste de commissaire aux langues officielles et l'obligation d'offrir des services bilingues partout dans la province.

Pour sa part, le Parti progressiste-conservateur n'a pas fermé la porte à une révision des exigences linguistiques requises pour les emplois désignés comme bilingues au sein de la fonction publique provinciale.

Avec les informations de Michel Corriveau

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