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Conflit de pêche : « du progrès » dans les négociations

Le chef Mike Sack reste flou sur ce que fera la communauté micmaque de Sipekne’katik lors du lancement de la saison commerciale de pêche au homard.

Groupes de personnes sur le quai. Plusieurs drapeaux des Nations autochtones, dont des drapeaux mi'kmaq, flottent.

Des partisans des pêcheurs autochtones au quai de Saulnierville en Nouvelle-Écosse, le 20 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez

Radio-Canada

Le chef de la communauté micmaque qui a lancé une pêche de subsistance dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse en septembre s’est dit encouragé, jeudi, par sa rencontre avec la ministre fédérale des Pêches.

C’était la première fois depuis quelques semaines que Mike Sack, chef de la Première Nation micmaque de Sipekne’katik, s’entretenait avec Bernadette Jordan, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne. Il a qualifié de positive la conversation qu’ils ont eue jeudi matin.

Je trouve que nos conversations sont toujours bonnes, a souligné M. Sack. J’ai partagé notre frustration au sujet du manque de communication des dernières semaines, a-t-il cependant mentionné.

La communauté de Sipekne’katik a lancé en septembre une pêche au homard en Nouvelle-Écosse, afin d’exercer le droit des Autochtones à une pêche de subsistance, droit confirmé par la décision Marshall de la Cour suprême du Canada en 1999. La notion de pêche de subsistance demeure mal définie et source d’insatisfactions.

Je crois que nous sommes très près d’une entente avec le gouvernement fédéral, a dit le chef Sack. L’obstacle auquel nous faisons face est la question de qui va délivrer les permis [de pêche]. Nous voulons que ce soit nous, ils veulent que ce soit eux. C’est une chose que nous devrons régler.

Bernadette Jordan en entrevue par webcam.

Bernadette Jordan, la ministre fédérale des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, en entrevue avec Radio-Canada le 19 novembre 2020.

Photo : Radio-Canada

J’ai l’impression que nous avons fait du progrès, a dit de son côté la ministre des Pêches, Bernadette Jordan, lors d’une entrevue jeudi après-midi. J’ai eu une bonne conversation avec le chef Sack ce matin, a-t-elle déclaré.

La seule façon de régler la situation est de négocier. C’est la meilleure façon d’en arriver à un règlement pacifique, à une résolution à long terme, dit Mme Jordan.

Comme elle l’avait fait mercredi devant les élus de la Chambre des communes lors d’une session du comité permanent des pêches et des océans, la ministre Jordan s’est défendue d’ignorer les pêcheurs commerciaux non autochtones.

Les représentants de son ministère, affirme-t-elle, sont en contact presque quotidiennement avec les pêcheurs commerciaux.

Perturbation de la pêche commerciale : Mike Sack reste flou

Plus tôt cette semaine, le chef de Sipekne’katik, Mike Sack, avait évoqué dans un message sur Facebook, depuis supprimé, la possibilité de perturber la saison de pêche commerciale au homard dans les zones 33 et 34, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

En entrevue avec Radio-Canada jeudi, le chef Sack s’est contredit sur cette question.

Nous ne pouvons pas nous assoir et attendre. Nous avons attendu assez longtemps, a-t-il dit. Nous espérons du mouvement, ou nous devrons en créer, j’imagine.

Nous ne menaçons pas d’être violents , s’est-il empressé de préciser. Nous envisageons simplement de faire obstruction et de retourner la faveur.

La dernière chose que nous voulons, c’est que quelqu’un soit blessé. Mais nous pensons que ce qui est bon pour les uns est bon pour les autres. Nous ne voulons pas perturber, a ensuite dit M. Sack.

Mike Sack assis dans sa voiture, filmé par son téléphone pour une entrevue.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne’katik, en entrevue le 19 novembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Pendant leur pêche de subsistance, les pêcheurs autochtones ont déploré des actes allégués d’intimidation et de vandalisme, certains ayant mené au dépôt d’accusations criminelles.

La ministre Bernadette Jordan n’a pas précisé jeudi si la sécurité serait renforcée lors du début de la saison de pêche au homard le 30 novembre. Elle a souligné que Pêches et Océans Canada et la Garde côtière ont renforcé leur présence dans la région ces dernières années, en raison de l’ampleur des activités de pêche dans cette région, à cette période de l’année.

Vente du homard pêché par les Autochtones

Par ailleurs, la communauté de Sipekne’katik entend faire pression sur le gouvernement de la Nouvelle-Écosse pour avoir le droit de vendre ses captures.

Nous avons envoyé une lettre aujourd’hui pour informer [le premier ministre de la Nouvelle-Écosse] que nous allons exercer nos droits en décembre en vendant notre homard, a dit Mike Sack, jeudi.

Avec les renseignements d'Héloïse Rodriguez-Qizilbash

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