•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crazy, Not Insane, un documentaire sur la psychologie des tueurs en série

Sur la photo en noir et blanc, l'homme lève la main droite en fixant la caméra.

Le documentaire examine entre autres le meurtrier américain Ted Bundy, qui aurait souffert d'un trouble dissociatif de l'identité.

Photo : Associated Press

Agence France-Presse

Le débat autour de la peine capitale et des maladies mentales est au cœur du documentaire Crazy, Not Insane, diffusé par la chaîne HBO, qui suit la carrière de la célèbre psychiatre Dorothy Otnow Lewis, spécialiste des tueurs en série.

Le mois prochain, Lisa Montgomery, qui a étranglé une femme enceinte puis l'a éventrée pour lui voler son bébé, sera la première femme à être exécutée par le gouvernement des États-Unis depuis 67 ans.

La femme de 52 ans a été condamnée à la peine capitale en 2007 par un tribunal fédéral. Le gouvernement de Donald Trump a décidé de reprendre les exécutions au niveau fédéral, l'été dernier, et un tribunal a refusé de reconnaître l'irresponsabilité pénale liée à la folie. Plus rien ne s'oppose donc à ce que la quinquagénaire reçoive une injection létale.

Il n'y a pas besoin d'être psychiatre pour savoir que cette femme est très, très perturbée mentalement, dit à l'AFP la Dre Lewis. Car enfin, tant de choses chez elle relèvent de la psychose, s'indigne l'experte, qui se dit atterrée par la décision de l'exécuter. Je ne comprends pas, d'où vient cette incroyable soif de sang, lâche-t-elle.

Abus extrêmes subis durant l'enfance et problèmes neurologiques

Dorothy Otnow Lewis s'est entretenue avec pas moins de 22 tueurs et tueuses en série et a fondé une clinique pour les jeunes ayant commis des actes criminels. Elle affirme que les troubles qui conduisent à la violence et au meurtre sont généralement la conséquence d'abus extrêmes subis durant l'enfance et de problèmes neurologiques, et pas l'expression d'une envie innée de faire le mal.

Pour lui éviter la peine capitale, l'équipe juridique de Lisa Montgomery avait d'ailleurs abondamment cité les abus sexuels qu'elle avait subis dans sa jeunesse ainsi que des blessures à la tête.

Le documentaire de HBO passe en revue de nombreux tueurs en série, pour finir avec l'un des plus sinistres cas examinés par la Dre Lewis : Ted Bundy, qui a avoué une série de viols et au moins 20 meurtres.

M. Bundy affirme avoir connu une enfance des plus normales et très heureuse. Mais Mme Lewis estime que le tueur a souffert d'un trouble dissociatif de l'identité, aussi appelé trouble de la personnalité multiple, provoqué par l'éducation violente inculquée par son grand-père Sam.

Dans le documentaire de HBO, la psychiatre montre des lettres d'amour écrites par Ted Bundy, mais signées Sam. Or, la Dre Lewis souligne que les individus souffrant de ce genre trouble revêtent fréquemment l'identité de ceux qui ont abusé d'eux, pour se protéger.

Dorothy ne dit pas que nous ne devrions pas protéger la société de gens comme eux, qui peuvent s'avérer incapables de se contrôler et commettre des actes violents ou des meurtres, explique à l'AFP le réalisateur oscarisé Alex Gibney.

Elle dit simplement qu'on se trompe si on estime qu'ils ont juste décidé un jour de faire quelque chose de méchant et de mauvais simplement pour s'amuser, dit-il.

Je pense que la profonde empathie que manifeste [la Dre Lewis] est importante, car elle s'appuie sur une théorie scientifique.

Alex Gibney, réalisateur de Crazy, Not Insane

Pour Alex Gibney, la décision du gouvernement Trump de mener à bien ces exécutions est une arme politique puissante qui peut flatter les plus bas instincts de l'électorat.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !