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Fin des contrôles d'identité arbitraires en Alberta, annonce le ministre de la Justice

Un policier de Calgary.

Les policiers de l'Alberta ne pourront plus demander de preuve d'identité sans raison (archives).

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

François Joly
Charlotte Dumoulin

Les policiers de l'Alberta ne pourront plus demander de preuve d'identité sans raison, a annoncé jeudi le ministre de la Justice albertain Kaycee Madu. Il dévoilait de nouvelles consignes pour les corps policiers.

Le gouvernement albertain interdit dorénavant aux policiers d'arrêter des gens de manière arbitraire pour leur demander leur carte d'identité. La province encadre également les contrôles de routine de la police pour s'assurer que celle-ci n'enfreint pas les droits des Albertains.

Les policiers devront prouver que la collecte d'informations personnelles est nécessaire à leur travail. Surtout, ils auront l'obligation d'informer les membres du public que cette collecte d'informations est strictement volontaire.

Cette annonce fait suite aux dénonciations de groupes qui militent contre le racisme et la discrimination dans les activités policières et qui jugent que ce genre de pratique vise les personnes marginalisées ou issues de minorités ethniques.

Les membres des communautés autochtones, noires et autres ont soulevé des préoccupations concernant les contrôles de routines, dit le ministre Kaycee Madu. Nous avons la responsabilité d'agir par rapport à ces préoccupations légitimes.

Il reconnaît d’ailleurs que la pratique des contrôles d'identité touche de façon démesurée les Autochtones et les minorités visibles.

Les chefs de police d’Edmonton et de Calgary participaient à l’annonce. Les nouvelles mesures reçoivent aussi l’appui de la Gendarmerie royale du Canada responsable de la majeure partie du territoire albertain.

Un bon premier pas

La présidente de Black Lives Matter Calgary, Adora Nwofor, voudrait voir tous les contrôles d'identité interdits.

Elle est cependant contente de voir que les policiers devront annoncer clairement que la collecte d'informations personnelles se fait sur une base volontaire seulement.

« Beaucoup de membres des minorités ignorent qu’ils ont toujours l’option de refuser de parler à un policier », explique-t-elle.

Des centaines de personnes réunies dans un parc tiennent des affiches. On peut notamment y lire Black Live Matter.

Adora Nwofor voudrait voir tous les contrôles d'identité interdits.

Photo :  CBC / Terri Trembath

Elle croit cependant qu’il reste beaucoup de travail à faire. Elle aimerait par exemple que les policiers soient moins présents dans les écoles, sauf lorsqu’un événement violent se produit dans un établissement scolaire.

Le conseiller pour la Première Nation Siksika Samuel Crowfoot croit que l’annonce du ministre Madu pourrait constituer un pas vers la réconciliation, mais il n’a pas hésité à lui lancer un avertissement. « Appuyez vos promesses avec des gestes concrets, a-t-il prévenu pendant la conférence de presse. Les Premières Nations en ont assez des paroles creuses et des fausses promesses! »

Le directeur général d'Alliance Jeunesse-Famille de l'Alberta, Luketa M'Pindou, aurait plutôt voulu voir une annonce globale de la province sur la lutte contre la discrimination.

Le ministre aurait dû pratiquer la sagesse d'attendre que les consultations se terminent.

Luketa M'Pindou, directeur général, Alliance Jeunesse-Famille de l'Alberta

Son organisme, comme plusieurs dizaines d'autres groupes, participe à une nouvelle ronde de consultations sur la réforme de la loi provinciale sur la Police.

Le ministre Kaycee Madu prévoit d'autres annonces au début de 2021.

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