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Injonction à rester chez soi : « Nous avons tous un rôle à jouer pour nous entraider »

Un homme portant un masque de protection marche devant une peinture murale liée à la pandémie de COVID-19

De nouvelles restrictions sont attendues vendredi pour les régions de Toronto, Peel et York, déjà placées en zone rouge.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

À Toronto, le mot d’ordre d’arrêter de socialiser, à l’intérieur comme à l’extérieur, avec des personnes hors de son foyer constitue une nouvelle étape vers l’éloignement interpersonnel. Avec en toile de fond un retour à l’isolement social et un défi pour la santé mentale chez certaines personnes.

Isabelle Lepage, étudiante et employée à l’École française de Toronto, vit seule. Devant l’absence de contact humain dont elle dit faire l’expérience depuis des mois, cette femme de 27 ans songe à déménager chez ses parents, qui vivent à Hearst.

Mais elle hésite à franchir le pas en raison du coût financier d’un tel changement et de la crainte d’être vectrice du virus.

Isabelle Lepage lors d'une entrevue vidéo.

Isabelle Lepage, 27 ans, réfléchit à retourner vivre chez ses parents pour éviter la solitude. « Je suis un être humain, j'ai besoin de socialiser », clame-t-elle.

Photo : Radio-Canada

Être seule à la maison la majorité du temps si on retourne en lockdown, ça va être plus difficile, pense-t-elle. J’ai vraiment l’impression d’être comme prisonnière depuis mars.

La majorité de ses amis sont repartis dans leur pays ou chez leurs parents pour poursuivre leurs études à distance. À cela s’ajoute l’approche de l’hiver : Là novembre, c’est long, il y a moins de soleil

Ce portrait est partagé par de nombreuses personnes à l’échelle canadienne. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), en collaboration avec l’institut de recherche Delvinia, suit l’évolution de l’état psychologique de la population à l’échelle nationale, à travers une série de sondages mensuels.

Les derniers résultats, datant de la mi-septembre, montrent qu’un Canadien sur 5 ressentait de la solitude, a développé des symptômes de dépression ou divers états d’anxiété dans la semaine précédant le sondage.

Sondage Impact de la COVID-19 sur la santé mentale et la consommation de drogue.

Méthodologie : Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 5018 Canadiens, quatre jours par mois, de mai à septembre. Il a été conduit auprès de Canadiens anglophones de 18 ans et plus inscrits au panel Asking Canadians, de la compagnie de recherche en ligne Delvinia. L'échantillon a été pondéré en fonction de l'âge, du genre et de la répartition géographique de la population canadienne anglophone. Le sondage présente une marge d’erreur de +- 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

CAMH et Delvinia précisent qu’aucune conclusion ne peut être tirée quant au fait que les altérations de la santé mentale sont liées aux effets de la COVID-19 ou à des conditions ou circonstances antérieures.

Pour la Dre Katy Kamkar, psychologue clinicienne au CAMH , la pandémie a clairement un impact sur la santé mentale.

Pour elle, l’incertitude est la source d’une certaine morosité, mais n’est pas une fatalité. Depuis le printemps dernier, on a pu s’ajuster, on a pu être résilient en se créant une nouvelle normale, structure et routine, remarque-t-elle.

Il est primordial de se rappeler que ça ne va pas être permanent.

Dre Katy Kamkar, psychologue clinicienne au CAMH et professeure à l’Université de Toronto au département de psychiatrie

L’experte souligne l’importance de maintenir un support social, au moyen d'appels vidéo ou téléphoniques avec des proches.

Dre Katy Kamkar, psychologue au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

Dre Katy Kamkar, psychologue au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). (archives)

Photo : Radio-Canada

La Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto, lance le même appel conseillant aux Torontois de joindre les membres de leur cercle social qui pourraient être en difficulté psychologique, pour jouer le rôle de bouée de sauvetage.

Nous avons tous un rôle à jouer pour nous entraider, affirme la Dre de Villa. L’aspect de la santé mentale dans la conduite des restrictions liées à la COVID-19 est évidemment un aspect important pris en compte par la santé publique de la Ville Reine, assure-t-elle.

En cas de besoin, la Ville s'associe depuis plusieurs mois avec de multiples ressources professionnelles (Nouvelle fenêtre), disponibles en plusieurs langues, offrant de l'aide psychologique.

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