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Le dépouillement manuel en Georgie confirme la victoire de Biden

Joe Biden, souriant, devant un écran où il est écrit « Bureau du président désigné ».

Le président désigné, Joe Biden

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Le secrétaire d'État de la Georgie, le républicain Brad Raffensperger, annonce que le processus de vérification a confirmé la victoire de Joe Biden. Le président désigné obtient donc 306 grands électeurs, contre 232 pour le président Donald Trump.

Joe Biden a reçu 12 284 votes de plus que le président Donald Trump en Georgie, qui compte 16 grands électeurs.

La vérification a cependant réduit l'écart entre les deux candidats par un peu moins de 1100 voix, une situation que les autorités – républicaines – ont attribuée à des erreurs et non à une décision volontaire.

Selon les résultats finaux, Joe Biden a terminé avec 2 475 141 voix, et Trump avec 2 462 857.

Le premier audit historique de la Georgie à l'échelle de l'État a montré que le nouveau système [...] de vote a compté et rapporté les résultats avec exactitude, a déclaré Brad Raffensperger, devenu le bouc émissaire du président Trump et de ses alliés depuis l'élection. Au cours des derniers jours, l'élu républicain a fait l'objet de pressions de la part d'élus républicains fédéraux, certains exigeant même sa démission.

La vérification a confirmé le résultat initial de l'élection, c'est-à-dire que Joe Biden a remporté le concours présidentiel dans l'État de la Georgie.

Brad Raffensperger, secrétaire d'État de la Georgie

Le dépouillement manuel s'est révélé largement conforme au vote électronique, mais le processus a permis de découvrir qu'environ 5900 bulletins de vote n'avaient pas été comptés, selon The Atlanta Journal-Constitution.

Quelque 3300 bulletins dans trois comtés étaient emmagasinés dans des cartes mémoire qui n'avaient pas été chargées dans les ordinateurs électoraux, et quelque 2600 autres, dans le comté de Floyd, n'avaient pas été lues par un lecteur électronique. Le comté a d'ailleurs congédié son directeur électoral.

Plus tôt dans la journée, un partisan de Donald Trump a échoué en cour, devant un juge nommé par le président républicain, à empêcher la certification des résultats, prévue vendredi.

Le développement ne met pas pour autant un terme à la saga, puisque la campagne Trump peut toujours réclamer un nouveau dépouillement, qui serait distinct du processus de vérification manuel qu'avait ordonné la Georgie, invoquant les résultats serrés.

La loi électorale de cet État permet aux campagnes des candidats de le demander après la certification des résultats si l'écart est inférieur à 0,5 point de pourcentage. La procédure consisterait alors à soumettre de nouveau les bulletins de vote au lecteur numérique.

La Georgie n'avait pas voté pour un candidat démocrate à la présidence depuis Bill Clinton, en 1992. En 2016, Donald Trump avait remporté l'État par 5 points de pourcentage.

Outre la Georgie, le président désigné a remporté le Nevada, l'Arizona, la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, six États clés qui totalisent 79 grands électeurs et où Donald Trump conteste les résultats.

Selon les données comptabilisées par le site d'analyse Cook Political Report, Joe Biden, dont la victoire a été annoncée par les médias il y a un peu moins de deux semaines, a recueilli près de 79,7 millions de votes, soit environ 6 millions de plus que le président. Le président désigné obtient ainsi 51 % du vote populaire, contre 47,2 % pour l'adversaire qu'il a battu.

Même si elle encaisse revers après revers devant les tribunaux, la campagne Trump continue de clamer sa victoire et cherche des moyens pour renverser l'élection, aux dires même de l'avocat du président, Rudy Giuliani.

Joe Biden a dénoncé l'irresponsabilité incroyable du président, qui refuse de reconnaître les résultats de l'élection et bloque le processus de transition, alors que la pandémie continue de tuer des milliers d'Américains.

Joe Biden, s'adressant aux reporters, devant un drapeau américain

Le président Joe Biden, s'exprimant après avoir parlé à certains gouverneurs.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Cela envoie au reste du monde des messages incroyablement dommageables sur le fonctionnement de la démocratie, a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse tenue à l'issue d'une rencontre virtuelle avec plusieurs gouverneurs des deux partis.

Ce que fait maintenant le président est un incident de plus montrant que l'histoire se souviendra de lui comme l'un des présidents les plus irresponsables de l'histoire des États-Unis.

Joe Biden

Il n'a pas exclu d'intenter une poursuite pour obtenir la reconnaissance formelle de l'Administration des services généraux (GSA), l'agence fédérale censée signer la documentation nécessaire pour amorcer le processus de transition. Une telle reconnaissance, habituellement une formalité, lui conférerait les ressources financières et logistiques pour mener à bien le travail de la transition.

Il a cependant pris soin de préciser qu'il ne pensait pas que ce serait la ligne de conduite la plus efficace.

Le camp Trump cherche toujours à renverser le résultat de l'élection

Les médias américains Washington Post, New York Times et CNN ont rapporté que le président a invité des élus républicains siégeant à l'Assemblée législative du Michigan à le rencontrer à Washington vendredi.

Plusieurs alliés du président ont déjà exprimé leur désir de voir les assemblées législatives des États clés où les républicains sont majoritaires, par exemple au Michigan, nommer leurs propres grands électeurs pro-Trump au lieu de ceux désignés par le vote populaire.

Dans cet État, Joe Biden a recueilli quelque 157 000 voix de plus que son adversaire.

En soirée, le sénateur républicain Mitt Romney a dénoncé sur Twitter en des termes sans équivoque la stratégie du président Trump pour rester au pouvoir.

Il est difficile d'imaginer une action pire et plus antidémocratique que pourrait poser un président américain en exercice.

Mitt Romney, sénateur de l'Utah

Dans la journée, la campagne de Donald Trump a abandonné une poursuite au Michigan, invoquant le fait que deux responsables du comté de Wayne, au Michigan, ont présenté un affidavit pour annuler leur vote sur la certification des résultats, survenue mercredi soir.

Les deux républicains ont ainsi fait un nouveau volte-face après avoir accepté de valider les résultats quelques heures plus tôt, après s’y être initialement opposés.

Le camp Trump a soutenu que la poursuite était rendue inutile parce qu'il avait obtenu ce qu'il voulait, mais des responsables du Michigan ont pourtant déclaré qu'Il était trop tard parce que les résultats avaient déjà été certifiés.

Le camp républicain a subi trois nouvelles défaites judiciaires dans la journée, dont celle devant un tribunal fédéral de Georgie.

Un juge de Pennsylvanie a également rejeté la requête de la campagne Trump visant à invalider environ 2000 voix dans un comté près de Philadelphie. En Arizona, un juge a débouté le Parti républicain de l'État, qui voulait obtenir une nouvelle vérification des résultats du comté de Maricopa, le plus populeux de l'État, prétextant que la première avait été menée d'une façon qui contrevenait à la loi.

Selon Reuters, la campagne Trump a intenté au moins neuf poursuites, mais plusieurs autres, beaucoup plus nombreuses, lancées par les ailes locales du Parti républicain ainsi que des électeurs républicains, sont venues s'ajouter.

Beaucoup d'allégations, pas de preuves

Rudy Giuliani, la bouche entrouverte, regarde les journalistes pendant que des coulisses de peinture coulent sur ses joues.

Donald Trump a récemment fait de Rudy Giuliani le coordonnateur de sa stratégie judiciaire.

Photo : Associated Press / Jacquelyn Martin

Au cours d'une conférence de presse, à Washington, les avocats du président américain, dont Rudy Giuliani, ont par ailleurs de nouveau crié à la fraude électorale, exposant des théories fantaisistes selon lesquelles Donald Trump, qui a perdu l'élection, avait en fait signé une victoire écrasante.

Pendant plus d'une heure et demie, ils ont multiplié les allégations conspirationnistes, brandissant, sans preuve, un vaste stratagème impliquant Joe Biden, les démocrates, les villes démocrates corrompues, Cuba, le Venezuela – évoquant même le dictateur décédé Hugo Chavez –, et probablement la Chine, les antifas, le financier milliardaire américain de religion juive George Soros, la Fondation Clinton et l'entreprise Dominion Voting Systems, dont le logiciel de vote électronique a été utilisé dans certains États.

Transpirant à grosses gouttes, au point où sa teinture temporaire a coulé sur son visage, Rudy Giuliani, ancien maire de New York et ancien procureur fédéral de la métropole, a affirmé que l'équipe juridique de la campagne Trump avait suffisamment de preuves de l'existence de votes illégaux dans des villes comme Atlanta, Détroit, Milwaukee et Philadelphie pour renverser l'élection dans les six États dont elle conteste les résultats.

Il y a quelques jours, Donald Trump l'a présenté comme le fer de lance des efforts judiciaires de sa campagne, après le désistement de plusieurs de ses avocats.

Le haut responsable de la sécurité électorale qu'a congédié le président plus tôt cette semaine, Chris Krebs, s'est tourné vers Twitter pour dénoncer les conspirations mises de l'avant par les avocats de Donald Trump.

Cette conférence de presse a constitué l'heure et trois quarts de télévision la plus dangereuse de l'histoire américaine. Et peut-être la plus folle.

Chris Krebs, ex-directeur de la CISA

M. Krebs, lorsqu'il était encore directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), avait contredit les allégations non fondées de fraudes électorales.

Il y a quelques jours, M. Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale, avait signé, avec les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales, un communiqué commun assurant de l'intégrité et de la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire, avant d'être congédié par le président pour cette raison.

Avec les informations de Washington Post, New York Times, CNN, Reuters, et The Atlanta Journal-Constitution

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