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Les parents et les écoles rejettent l'idée d'un congé des Fêtes prolongé au Québec

Une salle de classe vide.

François Legault dira à 17 h si les écoles du Québec fermeront leurs portes une semaine de plus au retour du congé des Fêtes.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Le gouvernement Legault ne devrait pas prolonger le congé du temps des Fêtes dans les écoles du Québec, affirment les représentants des comités des parents et des directions d’école. S’il va de l’avant malgré tout, il devrait à tout le moins s’assurer que les élèves reçoivent un enseignement à distance.

Selon nos informations, Québec jongle toujours entre deux scénarios : soit il permet aux familles de se rencontrer à Noël, tout en maintenant le calendrier scolaire, soit il leur permet aussi de se voir au jour de l’An, repoussant d’une semaine le retour à l’école. Sa décision sera annoncée à 17 h.

En entrevue à Radio-Canada jeudi matin, le président de la Fédération québécoise des directions d’établissements du Québec, Nicolas Prévost, n’a pas fait de mystère qu’il préfère que le retour en classe se fasse comme prévu, dans la semaine du 4 janvier.

On penche définitivement vers le scénario A, où il y a une plus grande présence de nos élèves dans les établissements scolaires, donc on perd beaucoup moins de journées d’écoles, a-t-il affirmé sans détour, en soulignant les nombreuses absences cumulées par des élèves depuis le début de la pandémie.

Le président de la Fédération des comités de parents du Québec, Kévin Roy, abonde dans le même sens. Il soutient lui aussi qu’un congé prolongé nuirait à la réussite scolaire des enfants ayant des difficultés et dénonce le message contradictoire qu’envoie Québec depuis quelques jours.

Un homme en costume bleu sombre et en chemise blanche est devant le micro.

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec, n'est pas d'accord avec la prolongation des vacances scolaires de fin d'année.

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Un manque de cohérence

Depuis septembre dernier, les autorités nous disent : ''on veut garder les écoles ouvertes, c'est la dernière chose qu’on va fermer''. Ils nous disent de respecter les consignes sanitaires pour garder les écoles ouvertes, rappelle-t-il.

Là, ce qu’on apprend, c’est que durant le temps des Fêtes, c’est la première chose qu’on [pourrait] fermer. Moi, ça m’apparaît comme un manque de cohérence.

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

M. Roy s’appuie en outre sur un sondage informel effectué auprès de 49 des 60 comités de parents que son organisation fédère. On y apprend qu’une très légère majorité de parents serait en faveur d’une fermeture prolongée des écoles. Mais même parmi ce groupe, une majorité claire préférerait que cette fermeture soit compensée par de l’enseignement à distance.

Le résumé global de notre sondage, c’est qu’il y a seulement un parent sur dix qui est d’accord pour simplement annuler des journées d’école et de ne pas les reprendre, résume-t-il dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Pendant les congés scolaires en temps de pandémie, les élèves sont isolés de leurs pairs, ils ne sont pas encadrés par l’école et ils ne sont pas suivis par des professionnels, plaide-t-il également dans une lettre ouverte publiée sur le site de la fédération et dans Le Journal de Montréal.

Plusieurs jeunes s’en sortiront. Mais qu’en est-il des élèves en difficulté, à risque de décrochage, à besoins particuliers, bref des enfants vulnérables? se demande M. Roy.

Nicolas Prévost, avec une chemise à carreaux et des lunettes

Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissements du Québec, affirme que plusieurs écoles ne sont toujours pas outillées pour l'enseignement à distance.

Photo : Radio-Canada

Enseigner à distance, est-ce possible?

Selon Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissements, il sera toutefois difficile pour plusieurs écoles d’offrir de l’enseignement à distance, si tel devait être le scénario retenu, malgré le fait que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a déjà assuré qu’il n’y aurait aucun problème de matériel pour y parvenir cette année.

Le problème qu’on a malheureusement, c’est qu’il y a peut-être 5 régions sur les 20 qu’on représente […] qui seraient prêtes à basculer [vers l’enseignement à distance] à 100 %, constate-t-il.

On a encore une quinzaine de régions qui n’ont pas les appareils de façon suffisante pour donner le soutien à l’ensemble de leurs élèves. [La situation] varie d’une région à l’autre : il y a des régions qui sont prêtes à 90 %, à 80 %. Mais ce ne serait pas [pour] l’ensemble des élèves.

Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissements du Québec

Selon M. Prévost, les commandes pour ces appareils ont bel et bien été passées dans les délais prescrits par le ministère, mais ces derniers n’ont pas été livrés comme prévu, en raison d’une rupture de stock, notamment pour des appareils Chrome Book ou des iPad.

Objectif : éviter de perdre des jours de classe

Pour Kévin Roy, l’enseignement à distance n’est qu’une des solutions à préconiser advenant une fermeture prolongée des écoles. Il croit que Québec pourrait utiliser les trois journées pédagogiques récemment ajoutées ou les journées prévues en cas de tempête de neige pour couvrir une semaine sans cours au début janvier.

L’idée, pour lui, consiste à limiter le nombre de jours d’école perdus, ce qui est particulièrement important pour les élèves en difficulté, encore plus nombreux cette année par rapport aux années passées.

Il y a du retard qui a été accumulé au printemps dernier, il y a encore du retard qui se cumule depuis la rentrée scolaire. Il y a eu trois journées pédagogiques supplémentaires ajoutées. Là, on rajouterait un autre congé, donc c’est du retard qui [viendrait] s’accumuler sur le retard déjà accumulé.

On est conscient que, pour la majorité des enfants, ça va quand même bien se passer ce congé étiré, mais nous, on pense aux enfants plus vulnérables, aux enfants qui sont moins motivés, aux enfants handicapés ou avec des troubles d’apprentissage, ajoute M. Roy.

Pour plusieurs enfants, ce congé supplémentaire là va laisser des traces. Ça n’aidera pas leur cause. Dans tout ça aussi, la matière, il faut quand même qu’elle soit enseignée. Donc toute la matière va être contractée [par la suite]. Donc, on peut penser que l’école va être moins motivante pour les jeunes. Ça va affecter leur persévérance scolaire.

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

M. Roy croit aussi que le gouvernement devrait éviter de prendre une décision qui s’appliquera partout au Québec, indépendamment de la situation épidémiologique.

Je pense, par exemple, aux Îles-de-la-Madeleine, où il y a peu ou pas de COVID-19 présentement. Eux vont goûter à la même médecine, donc, un prolongement du congé des Fêtes, même si ça n’a pas lieu d’être dans certains secteurs, déplore-t-il.

Des élèves lèvent la main dans une classe.

Une prolongation des vacances scolaires pourrait nuire à l'apprentissage des élèves, notamment ceux qui ont des difficultés, croit la Fédération des comités de parents du Québec.

Photo : iStock

Le problème des services de garde

À l’instar des trois centrales syndicales du Québec, MM. Prévost et Roy soulignent que la volonté du gouvernement de limiter la propagation de la maladie dans les écoles au retour des Fêtes se butera à un obstacle de taille : de nombreux parents pourraient continuer d’envoyer leurs enfants dans les services de garde.

Il faut bien comprendre que si on devait fermer [les écoles une semaine de plus] et si on ouvre les services de garde, il y aurait une présence quand même de nos élèves dans les établissements au primaire, parce qu’on sait que le pourcentage de fréquentation des services de garde est quand même important, explique M. Prévost.

Donc, on se dit : ''tant qu’à avoir la présence de nos élèves dans les établissements, aussi bien garder nos établissements ouverts'', poursuit-il.

Selon M. Roy, 60 % des enfants du primaire fréquentent le service de garde de leur école.

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