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Station du REM à l'aéroport : Montréal presse Québec et Ottawa de s’entendre

Le retrait d’un partenaire financier « pourrait compromettre la réalisation du projet », selon la mairesse de Montréal.

Le débarcadère de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, la tour de contrôle en arrière-plan.

L’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Laurianne Croteau

La Ville et la Chambre de commerce de Montréal pressent Québec et Ottawa de s'entendre sur le financement d'une station du Réseau express métropolitain (REM) à l'aéroport Montréal-Trudeau. Le gouvernement du Québec, privé de presque tout revenu depuis le début de la pandémie, ne souhaite plus participer au financement réclamé par Aéroports de Montréal (ADM).

Le ministre des Transports, François Bonnardel, estime que Québec a suffisamment investi dans le projet de plus de 6 milliards de dollars et invite plutôt son homologue à Ottawa, Marc Garneau, à augmenter son financement pour cette station.

Nous jugeons que des efforts peuvent encore être faits par l’aéroport de Montréal, qui relève du gouvernement fédéral et non du Québec, dans la recherche d’une solution pour le financement de ce projet.

François Bonnardel, ministre des Transports

Le premier ministre François Legault a fait écho à la position de M. Bonnardel en conférence de presse, jeudi après-midi. Nous pensons que la station à l’aéroport [Montréal-]Trudeau doit être payée soit par ADM, le propriétaire, soit par le gouvernement fédéral, qui était le propriétaire précédent, a-t-il répondu à une question en anglais.

Il est urgent d’avoir une station à l’aéroport [Montréal-]Trudeau. Le fait qu’une grande ville comme Montréal n’a pas de station à son aéroport principal n’a pas de sens, a-t-il ajouté.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’a pas révélé jeudi s’il comptait pallier ce manque de fonds, mais il a affirmé être déçu de la décision du gouvernement provincial de se retirer du projet de liaison entre le réseau de transport en commun et l’aéroport, après plusieurs mois de travail en collaboration avec son gouvernement.

Une chose est sûre, toutefois, le projet se réalisera, selon Pablo Rodriguez, lieutenant de Justin Trudeau au Québec.

On est à minuit moins une, [les travaux] avancent vite malgré la COVID-19. J'espère que Québec va être à la table, mais nous, c’est certain qu’on va être là.

Le lieutenant de Justin Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, à l’émission Le 15-18

Il déplore le fait que Québec se retire du projet la semaine même où il annonce son plan vert. [Le déploiement du REM] correspond exactement à l'une des choses que l'on doit faire pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, ajoute-t-il.

Un engagement sans équivoque d’Ottawa

Aéroports de Montréal devait initialement investir dans le projet, mais l'organisation s'est tournée vers Ottawa et Québec, faute de moyens en raison de la pandémie. L'organisme affirme être incapable d'injecter les 600 millions de dollars nécessaires aux travaux.

Le gouvernement du Québec a déjà contribué au projet du REM à hauteur de 1,28 milliard de dollars, rappelle le bureau du ministre par voie de communiqué, et Hydro-Québec y a contribué pour 295 millions de dollars. En plus, le gouvernement a investi 192 M$ pour la mise en place des mesures d’atténuation, lit-on.

Plan du tracé du REM.

Le tracé du REM

Photo : CDPQ Infra

Ottawa réitère l’importance du projet pour que l'aéroport Montréal-Trudeau soit comparable aux autres aéroports dans le monde. C’est un peu gênant que notre aéroport international ne soit pas relié au réseau de transport en commun, admet Pablo Rodriguez.

Une affirmation qui fait écho à la réaction de la Ville de Montréal, pour qui l’échec de la construction de cette station serait inimaginable.

La connexion de notre centre-ville à l’aéroport est nécessaire pour l’attraction d’investissements étrangers, la mobilité des travailleurs et le dynamisme de l’industrie touristique.

Youssef Amane, directeur des communications de la mairesse, par voie de communiqué

La Ville craint que le retrait d’un partenaire financier à ce stade-ci du projet ne mette sa réalisation en péril.

Des négociations sur la place publique

Le retrait de Québec ne devrait pas sonner le glas du projet, selon le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc. Tout le monde est convaincu que ça prend une gare du REM à Montréal-Trudeau [...] je n'ai aucune inquiétude.

Quand je vois les gens qui disent que c'est en péril, je vous le dis, c'est de la négociation sur la place publique.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

M. Leblanc croit tout de même que la responsabilité de ce financement devrait incomber au gouvernement fédéral. On est dans le bras de fer sur qui devrait financer [le projet], sachant que celui qui était prêt à le faire ne peut plus le faire, explique Michel Leblanc. Je pense qu'à la fin, si on se dit que c'est au fédéral de bouger, le fédéral a les institutions pour le faire.

Le député bloquiste de Montarville, Stéphane Bergeron, abonde dans le même sens.

On n'en est pas à dire qu'il n'y aura pas de station du REM à l'aéroport Montréal-Trudeau, dit-il. Mais je pense que Québec a raison de dire que l'aéroport, c'est d'abord et avant tout une juridiction fédérale. Alors, on s'attend peut-être à une intervention plus substantielle de la part d'Ottawa dans ce dossier-là.

L’aéroport voit ses revenus chuter

Selon des informations obtenues par La Presse, le gouvernement Trudeau prépare un plan d’aide pour le secteur aérien qui englobera aussi les aéroports. ADM pourrait toucher du financement supplémentaire qui serait assorti de conditions de remboursement fixes.

En juin, le président-directeur général d’ADM, Philippe Rainville, demandait à Québec et à Ottawa d’accorder un prêt accompagné de conditions de remboursement souples en fonction du rétablissement de ses revenus pour que le projet se concrétise.

Contrairement aux autres stations du REM, la gare YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau devait être financée par ADM. La corporation à but non lucratif a conclu une entente à ce sujet avec la Caisse de dépôt, maître d'œuvre du REM, afin d'arrimer le tout avec son projet de réaménagement complet des accès à l’aéroport, estimé à 2,5 milliards de dollars.

Les travaux pour creuser un tunnel vers l’aéroport ont commencé il y a quelques semaines. Il est prévu que le réseau puisse desservir l'aéroport en 2024.

Avec les informations de Yasmine Khayat

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