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Des restaurateurs toujours en attente de l’aide financière de Québec

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Une affiche sur laquelle il est écrit : Veuillez attendre que l'on vous place.

Des propriétaires de restaurants, bars et microbrasseries peinent à recevoir le financement nécessaire, alors que leurs salles à manger sont fermées en zone rouge.

Photo : Radio-Canada

Début octobre, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon annonce une aide d’urgence pour les restaurants, bars et microbrasseries forcés de fermer en zone rouge. Aussitôt, de nombreux propriétaires s'empressent d'effectuer leur demande. Sept semaines plus tard, ils n'ont toujours pas vu la couleur de cet argent.

C’est le cas du propriétaire de la brasserie Inox, à Québec, Philippe Desrosiers. On a fait la demande le 6 octobre. On est le 18 novembre, et on n'a toujours rien.

Il sait au moins une chose : son dossier est entre les mains de la Ville de Québec et a été approuvé. Avec le volet d’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM) du gouvernement provincial, annoncé début octobre, les petites et moyennes entreprises qui font une demande de prêt doivent déposer leur formulaire aux villes et municipalités.

Cette aide offre un pardon de prêt de 80 % jusqu'à concurrence maximale de 15 000 $ par mois de fermeture. Les villes sont partenaires du gouvernement dans cette initiative et ce sont elles qui doivent exiger les preuves permettant d’obtenir l'argent.

Plan rapproché de Philippe Desrosiers. Il porte une casquette de l'Inox.

Philippe Desrosiers, de l'Inox

Photo : Radio-Canada

C’est drôle parce que, mercredi matin, on a reçu une requête de la Ville, pour qu’on soumette nos formulaires en format électronique. Avant, c’était papier. On l’a fait. Ça va bien avec la Ville depuis le début. Mais, c’est sûr qu’on trouve que ça tarde, précise Philippe Desrosiers.

La majorité des restaurateurs toujours en attente

Le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association restauration Québec (ARQ) confirme que la majorité des restaurateurs de la province n’ont pas reçu leur prêt. François Meunier dit être inquiet, mais précise que les discussions avec le ministère de l’Économie sont en cours.

Selon lui, deux raisons expliquent la lenteur dans le traitement des dossiers, soit le fait qu’il s’agit d’un prêt remboursable, donc les restaurateurs doivent réunir beaucoup d’informations pour justifier le prêt. M. Meunier ajoute que puisque les demandes sont gérées au niveau régional, ça augmente aussi le temps d’attente.

Par contre, selon le cabinet du ministre de l'Économie, ce ne serait que dans la région de Québec où l'on observe des retards dans l'envoi de l'aide financière.

Les organismes responsables de la gestion des Fonds locaux d'investissement sont responsables d’octroyer les prêts pour les entreprises de leur région. Nous sommes conscients que les délais sont plus longs pour la région de Québec et nous travaillons à réduire ce délai. Dans les autres régions du Québec, les entreprises admissibles ont reçu la liquidité liée à leur demande de prêt, écrit le porte-parole Mathieu St-Amand.

Jeudi, en conférence de presse, le premier ministre François Legault a dit que le gouvernement est au courant qu'il y a des délais dans certaines régions, entre autres pour les plus petits restaurants. M. Legault précise que l'aide devrait être envoyée au cours des prochaines semaines.

Les microbrasseurs aussi

Le retard dans la réception du prêt se fait aussi sentir chez les microbrasseurs. On a vu des enjeux dans quelques villes, comme Montréal, Québec, la MRC de Chambly, indique Marie-Eve Myrand, directrice générale à l’Association des microbrasseries du Québec.

L’aide sous forme de prêt est la bienvenue selon elle, mais il est nécessaire que l’argent arrive rapidement, puisque les propriétaires ont besoin de liquidité. C’est une bonne idée, sauf que c'est important que le gouvernement offre des outils pour pouvoir aller jusqu’au bout, croit-elle.

À la Ville de Québec, on confirme avoir approuvé 300 dossiers pour un montant total de 12 millions de dollars, sans toutefois préciser à quel moment les restaurateurs recevront leur chèque.

La Ville comprend le besoin financier des restaurateurs et propriétaires de bar, et elle tient à préciser que tout est mis en œuvre pour y répondre dans les meilleurs délais, écrit la porte-parole Wendy Whittom.

Nouvelle subvention d’Ottawa à venir

François Meunier, de l’ARQ, souligne que le gouvernement fédéral, qui est beaucoup plus rapide dans la remise d'aide financière en temps de pandémie, juge-t-il, offrira une nouvelle subvention d’urgence pour le loyer.

Les discussions sont en cours et le gouvernement devrait bientôt adopter le projet de loi qui inclut cette mesure. La nouvelle subvention permettrait aussi de recevoir de l’aide pour payer les frais fixes des restaurateurs, précise M. Meunier.

François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales pour l'Association restauration Québec.

François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales pour l'Association restauration Québec

Photo : Radio-Canada

Ce qui signifie que les entrepreneurs admissibles pourront recevoir jusqu’à 15 000 $ de prêt remboursable pour les frais fixes comme les taxes, le loyer, l’énergie, de la part du gouvernement provincial.

À cela pourrait s'ajouter une aide d’Ottawa, sous la forme d’une subvention, pour payer aussi une partie des frais fixes des entrepreneurs admissibles.

Le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ espère que cette aide financière sera confirmée dès la semaine prochaine, pour que les propriétaires de restaurants, bars et microbrasseries puissent recevoir l’argent en décembre.

Avec des informations de Marie-Pier Mercier

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