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La libérale Emmanuella Lambropoulos veut quitter le comité des langues officielles

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Emmanuella Lambropoulos, en rouge, devant une affiche du Parti libéral.

Le reportage de Julie-Anne Lapointe

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

La députée libérale Emmanuella Lambropoulos a annoncé son intention de quitter le comité permanent des langues officielles après avoir provoqué toute une tempête en mettant en doute le recul de la langue française à Montréal et au Québec.

Cependant, des règles procédurales l'empêchent de quitter ces fonctions, pour l'instant.

Prenant la parole devant le comité, jeudi après-midi, l'élue montréalaise a présenté ses plus profondes excuses à toutes les personnes qu'elle aurait offusquées.

J'aimerais aujourd'hui vous informer, Monsieur le Président, de ma volonté de quitter mes fonctions au sein de ce comité à la fin de cette rencontre.

La députée libérale Emmanuella Lambropoulos

Soyez assurés que je ferai tout pour arrêter le déclin de la langue française au Québec, tout en protégeant les droits de la communauté anglophone, et je travaillerai à sa protection non seulement au Québec, mais partout au Canada, a-t-elle ajouté.

Le président du comité, le libéral Emmanuel Dubourg, s'est interposé et a précisé que Mme Lambropoulos n'avait pas le droit de prendre la parole comme elle l'a fait.

Le comité des langues officielles n'a pas le pouvoir d'accepter ou d'entendre cette intervention de Mme Lambropoulos, a tranché M. Dubourg.

Mario Beaulieu, du Bloc québécois, a bien tenté de savoir si Mme Lambropoulos était encore membre du comité, mais s'est fait rabrouer par le président. C'est non débattable et je n'ai aucune information là-dessus, a rétorqué M. Dubourg.

C'est le whip de chaque formation politique qui répartit les députés dans les comités parlementaires. Mark Holland n'a pas voulu éclaircir la situation jeudi soir.

Tout ceci est le résultat d'une question posée par Mme Lambropoulos lors de la dernière rencontre du comité. Elle avait, en anglais, mis en doute le déclin du français à Montréal et au Québec. Le lendemain, elle a reconnu, dans une déclaration écrite, que sa question était insensible.

Le Parti conservateur, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont tous réclamé que Mme Lambropoulos cède sa place au comité des langues officielles, dont elle est membre depuis 2018.

Lors d'un point de presse jeudi midi, le premier ministre Justin Trudeau a défendu son parti et son gouvernement, accusés par l'opposition de penser tout bas ce que Mme Lambropoulos a dit tout haut.

Ma position et la position du Parti libéral du Canada est claire [sic] depuis très, très longtemps. […] Nous allons toujours défendre le fait français partout au pays, incluant au Québec. C'est pour ça que j'ai renouvelé notre engagement sur le français au Québec dans le discours du Trône. C'est ça, la position du Parti libéral, a assuré M. Trudeau.

Aux Communes, un débat enflammé

Le sujet a donné lieu à un débat enflammé aux Communes, quelques heures plus tard.

Est-ce que le premier ministre va faire ce qu'il se doit et enlever la députée de Saint-Laurent du comité permanent des langues officielles immédiatement?, a réclamé le conservateur Alain Rayes, pour une deuxième journée d'affilée.

Que le Parti conservateur soit, tout à coup, défenseur du fait français au pays, on aura tout vu!, s'est étonnée Mélanie Joly, ministre des Langues officielles.

Et lorsque M. Rayes a renchéri en demandant aux autres députés libéraux du Québec de se lever une fois pour toutes pour défendre les francophones et les Québécois, c'en était trop pour le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez.

On n'a aucune leçon à recevoir des conservateurs!, a hurlé M. Rodriguez.

Monsieur le Président, on va baisser le ton, parce que j'ai l'impression qu'il va exploser, s'est moqué M. Rayes.

Une dernière participation discrète

À ce qui semblait être sa dernière participation au comité des langues officielles, la députée Lambropoulos n'est intervenue qu'une seule fois, pour donner son appui à une de ses collègues libérales qui veut que le comité étudie les services dans les deux langues officielles en temps de pandémie.

C'est important qu'on commence tout de suite pour pouvoir vraiment être sûrs que les francophones à l'extérieur du Québec et les anglophones à l'intérieur du Québec reçoivent au moins les services auxquels ils ont droit dans leur langue officielle, a-t-elle insisté.

Les membres conservateurs et bloquiste du comité plaidaient plutôt pour que l'on entame une étude sur le déclin du français à Montréal et au Québec. Les libéraux ont tenté, en vain, de bloquer cette initiative.

Le comité reprendra cette querelle la semaine prochaine.

Les députés fédéraux n'ont pas fini de parler de ce sujet délicat. Mercredi prochain, les conservateurs ont obtenu la tenue d'un débat exploratoire sur la situation de la langue française à Montréal.

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