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Les radios de la police de Québec peinent à traverser certains murs

Des problèmes de communication connus depuis plus d'un an

Autopatrouille de la Ville de Québec.

Une intervention le 9 septembre 2020 au CHUL illustre à nouveau les problèmes dénoncés depuis plus d'un an.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Radio-Canada a appris qu'un événement survenu il y a deux mois, au Centre hospitalier de l'Université Laval, a encore mis en lumière les limites du nouveau système de radiocommunication (SERAQ) de la police de Québec. Or, ces problèmes étaient connus dès les débuts de la phase de rodage, à l'été 2019.

Lors d'une intervention au CHUL le 9 septembre dernier, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) n'a pas été en mesure de demander des renforts, car le nouveau système d'ondes policières peine traverser les murs de plusieurs bâtiments.

Selon nos informations, c'est un agent de sécurité de l'hôpital qui a dû demander des effectifs supplémentaires, à partir d'une ligne téléphonique. Le SPVQ n'a pas voulu commenter cet événement particulier.

Nous avons déjà reconnu que le système a connu des instabilités et que présentement des actions sont posées pour corriger la situation et mettre en place rapidement des solutions, a simplement répondu la porte-parole Sandra Dion, par courriel.

L'événement du CHUL, qui s'ajoute à d'autres signalés depuis une semaine, illustre pourtant ce que plusieurs policiers déplorent depuis l'adoption du SERAQ, en juillet 2019.

Encore le 15 octobre, lors d'un comité plénier, les responsables du projet SERAQ à la Ville de Québec faisaient peu de cas de la découverture dans certains bâtiments. Ils ne signalaient également aucune interruption de service depuis l'implantation de la technologie.

Le CHUL vu de devant.

Le système de radiocommunication du SPVQ a connu des problèmes lors d'une intervention au CHUL.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Structures de béton

Dans certains édifices dont la structure est faite de béton, notamment les hôpitaux, les policiers seraient parfois dans l'impossibilité de communiquer avec l'extérieur en utilisant leur radio portative.

Dans de telles situations, une fonction dite passerelle du SERAQ devrait normalement permettre aux policiers d'utiliser leur autopatrouille pour augmenter la force du signal à proximité des bâtiments.

Or, selon une source policière, cette fonction demanderait des manipulations trop lourdes pour les agents en situation d'urgence. De plus, la portée de cette passerelle serait assez limitée.

Déjà en novembre 2019, dans une note interne dont Radio-Canada a obtenu copie, un responsable du SERAQ au SPVQ mentionnait que la fonction passerelle ne semble pas être optimale. Il reconnaissait aussi que la qualité audio du son n'est pas au niveau souhaité.

La centrale de police Victoria, à Québec.

Les postes de police sont munis d'antennes pour renforcer le signal TETRA à l'intérieur des bâtiments.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguere

Dans cette même note, les agents responsables de tester le SERAQ en phase de rodage étaient appelés à garder pour eux tout commentaire ou constat négatif, qui autrement pourrait avoir un effet sur l'adhésion des forces policières à cette nouvelle technologie.

TVA Nouvelles révélait d'ailleurs mardi qu'un agent avait été écarté du processus de rodage, en janvier dernier, après avoir ouvertement parlé des failles du SERAQ à la direction du SPVQ.

Des antennes sur les toits

Pour amplifier le signal du SERAQ à l'intérieur des bâtiments problématiques, il est possible d'installer des enrichisseurs de zone. Le SPVQ refuse de dire combien de ces appareils ont été installés jusqu'ici.

Lors du comité plénier du 15 octobre dernier, les responsables du SERAQ indiquaient toutefois que la couverture intérieure avait été améliorée dans la plupart des édifices critiques, comme les postes de police ou les casernes, et que d'autres suivraient dans les mois à venir.

D'ailleurs, Radio-Canada a pu confirmer que des discussions sont en cours avec le CHUL pour installer une antenne sur le toit de l'hôpital.

Il y a des procédures administratives à suivre pour l'installation, précise la porte-parole du CHU de Québec, Lindsay Jacques-Dubé. Notre équipe met les bouchées doubles parce qu'on sait que c'est important.

L'intérieur d'un camion de pompier.

Les pompiers utiliseront un système hybride P25 et TETRA pour leurs communications à compter du 1er décembre.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Le P25 pour les pompiers

Les problèmes de pénétration à l'intérieur des bâtiments associés à la technologie TETRA, utilisée pour le SERAQ, sont connus depuis l'analyse commandée par la Ville en prévision de la mise à jour de ses systèmes de radiocommunication.

D'emblée, le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) a décidé d'opter pour une solution hybride, et de miser sur le P25 pour les interventions. La clientèle a pris la décision sur la base des fonctionnalités et des avantages, indiquaient les responsables du projet, toujours lors du comité plénier du 15 octobre.

Les pompiers ont également basé leur décision sur des tests réalisés avant l'implantation, prévue pour le 1er décembre prochain. Le SPCIQ a fait des essais avant implantation et a déterminé que le système P25 répondait efficacement à ses besoins particuliers de couverture intérieure, affirme le porte-parole Alexandre Lajoie.

Chez les pompiers, la technologie TETRA servira quant à elle uniquement pour les communications à l'extérieur. C'est d'ailleurs pour cette utilisation qu'elle semble le plus éprouvée.

À la Ville de Québec, on a assuré que les choix technologiques n'ont pas été faits en fonction des coûts. Tout ce qui touche le P25, antennes ou radios, coûte plus cher que la technologie TETRA.

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