•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les jeunes sont les plus durement touchés par le chômage

Le retour au travail des jeunes Canadiens est bien loin d’une reprise complète par rapport aux autres groupes d'âge. Selon les dernières données de Statistique Canada, en octobre 2020, l'emploi était de 10 % inférieur au niveau d'avant la pandémie.

Un serveur nettoie une table.

L'Institut du Québec déclare qu'il y a près de 60 000 emplois de moins par rapport à l'année dernière chez les 15 à 24 ans.

Photo : iStock

COVID-19 oblige, très peu de gens en quête d’un travail mettent maintenant les pieds au local d'Emploi Jeunesse de la rue Jarry à Montréal, mais le téléphone, lui, ne dérougit pas. Les efforts de confinement laissent discrètement en marge de nombreux jeunes au chômage.

On a beaucoup d'appels de gens qui sont perdus, affirme d’emblée la directrice générale Justine Damord. Elle observe dans les dernières semaines un afflux de jeunes qui travaillaient dans les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie et de l'événementiel.

Quand on a un emploi, on fait ce qu’on aime. Là, c’est comme de se dire : il faut que je change de métier complètement. Ce n’est pas un emploi qui est paralysé, c’est un domaine au complet. C’est difficile pour les gens.

Justine Damord, directrice générale, Emploi Jeunesse

De l’autre côté de la table où Mme Damord répond à nos questions se trouve un des jeunes qu’elle soutient dans ses démarches : Gabriel Careau, 27 ans, un diplômé en gestion dans le milieu musical. Il angoisse par les temps qui courent.

Son travail d'appoint de serveur dans un bar payait autrefois ses études ou compensait l'absence de contrats comme agent de promotion. Avec la fermeture des bars, des restaurants et l'absence d'événements, l'assurance-emploi est devenue son seul recours.

Je fais des remises en question, dit-il, mais plus dans les techniques d’approche. Il n'entend pas abdiquer de sitôt sa passion. Avec les efforts que j’ai mis en plus qu’il s’agit de ma passion, je ne suis pas encore prêt à me résigner à faire un virage à 180 degrés. Pour l’instant, j’ai envie de persévérer.

Comme les journées sont longues

Puis nous rencontrons Catherine Gratton, 22 ans. Elle était aussi serveuse dans un bar jusqu'à ce que la pandémie frappe son industrie. C'était un gagne-pain à temps partiel suffisamment payant pour subvenir à ses besoins.

La jeune femme termine ses tests d'équivalence de niveau secondaire et souhaite se lancer dans des études supérieures. C’est difficile de me réorienter parce que je dois me trouver un emploi qui concorde avec l’école, explique-t-elle. Les emplois, c’est plus dans les supermarchés où c’est du salaire minimum et du temps partiel, donc tu ne fais pas autant d’argent que sur l’assurance-emploi.

Les journées sont maintenant longues et stressantes.

Mon plan était vraiment fixe et à cause de la COVID, tout est parti en l'air. Et là, je me trouve comme à rien faire. Les emplois que tu recherches, ça ne fonctionne pas.

Catherine Gratton

50 % du manque à gagner des emplois sur un an

Les cas de Gabriel et de Catherine sont loin d'être uniques. L'Institut du Québec, qui a analysé les données de Statistique Canada, note qu'il y a près de 60 000 emplois de moins par rapport à l'année dernière chez les 15 à 24 ans.

Selon sa directrice générale, Mia Homsy, c'est de loin le groupe le plus durement touché. Un petit groupe de 13 % des travailleurs qui assume 50 % du manque à gagner des emplois sur un an, c'est majeur. Les jeunes travaillent plus dans des secteurs qui ont été frappés fort par la crise. Et ceux qui venaient en plus de terminer leurs études dans ces secteurs voient leur carrière être retardée.

Certains jeunes ont en revanche préféré profiter jusqu'ici des mesures de soutien fédérales et d'autres sont retournés sur les bancs d'école. Les inscriptions étaient à la hausse de 3 % dans les cégeps et de plus de 1 % dans les universités cet automne.

Plus tu étudies, rappelle-t-elle, plus tu vas avoir une chance de garder ton emploi quand il va y avoir d'autres crises économiques.

Mme Homsy indique d'ailleurs que les détenteurs d'un diplôme universitaire connaissent, pour leur part, un taux d'emploi plus élevé que dans les dernières années. Chez les 25 à 54 ans au Québec, leur taux de chômage s’établissait à 4,6 % en octobre comparativement à 6,5 % pour ceux sans grade universitaire.

Année de baisse pour l’embauche saisonnière

L’important site de recherche d’emploi Indeed observe que les employeurs réclament moins de nouveaux travailleurs pour pourvoir les postes vacants pendant la période des Fêtes. Ce sont des jeunes qui sont normalement visés pour ces emplois. La soif d’embauche est inférieure à l’année dernière, écrivait son économiste Brendon Bernard le 13 novembre. Au Québec, l’entreprise constate une baisse de plus de 30 % des offres d’emploi comparativement à 2019. Parmi les raisons évoquées : l’engouement pour le commerce en ligne. Il faut souligner que les affichages de postes, globalement, étaient aussi en baisse de 16 % à la fin octobre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !