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Extradition d'une cadre de Huawei : un douanier canadien sur la sellette

Meng Wanzhou.

Depuis son arrestation à l'aéroport de Vancouver, Meng Wanzhou, la directrice financière du géant des télécommunications Huawei, vit dans une résidence dans l'ouest de la ville.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Agence France-Presse

Mercredi, un des avocats de Meng Wanzhou, dirigeante de Huawei, arrêtée à l'aéroport de Vancouver fin 2018 à la demande des États-Unis, a accusé un haut responsable de l’Agence des services frontaliers du Canada d'avoir interrogé leur cliente sur les activités du groupe chinois en Iran et aux États-Unis pour le compte du FBI.

Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications, a été arrêtée le 1er décembre 2018 à l'Aéroport international de Vancouver par les autorités canadiennes. Cette arrestation donnait suite à une requête des États-Unis qui l'accusent d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

En audiences à la Cour suprême de la Colombie-Britannique à Vancouver, les avocats de la femme de 48 ans tentent de faire dérailler la procédure d'extradition en démontrant que les droits de Mme Meng ont été violés lors de son interpellation, ce que le Canada dément.

Meng Wanzhou.

Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois Huawei, se rend à son audience à la Cour suprême de la Colombie-Britannique à Vancouver le 17 novembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

La fille du fondateur de Huawei a notamment été interrogée pendant près de trois heures sans avocat et sans savoir pourquoi, et a donner les mots de passe de ses appareils électroniques aux douaniers, qui les ont transmis à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

La GRC les aurait ensuite envoyés au FBI américain, selon les avocats qui dénoncent une collusion entre les autorités canadiennes et la police fédérale américaine.

Mercredi, l'officier de l'Agence des services frontaliers du Canada Sanjit Dhillon a déclaré à la barre que ses questions, posées à Mme Meng lors de son arrestation, n'émanaient pas du FBI ou de la GRC. Il s'est fié uniquement à une recherche de source libre de la page Wikipédia de Huawei et de sa section controverses, a-t-il dit.

Votre seule intention dans cette affaire, officier Dhillon, était de rassembler des preuves qui pouvaient être d'une certaine utilité pour le FBI, a souligné une avocate de Mme Meng, Mona Duckett. Des propos que le témoin a niés.

Je suggère que vous avez posé des questions sur les États-Unis et l'Iran parce qu'on vous a dit de poser des questions sur l'Iran, a poursuivi Mona Duckett, affirmant que l’agent Dhillon n'avait jamais regardé Wikipédia le 1er décembre.

L'officier des services frontaliers a indiqué qu'il ne savait pas que Wikipédia était une encyclopédie participative en ligne, qui peut être éditée par n'importe qui et qu'il n'avait pas vérifié [ces informations] auprès d'une autre source fiable connue pour corroborer l'information.

L'arrestation de Mme Meng, suivie quelques jours plus tard par la détention en Chine de deux Canadiens accusés d'espionnage, a provoqué une grave crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.

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