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Québec solidaire : le défi de rester connecté

Les relations entre les militants et les parlementaires seront un des points du débat au conseil général du parti.

Il porte sa main gauche à son menton.

Le député Gabriel Nadeau-Dubois

Photo : Radio-Canada

En septembre dernier, les militants de Québec solidaire ont vivement rappelé à l'ordre leur aile parlementaire. Plusieurs ont reproché aux 10 députés solidaires d'avoir été complaisants envers le gouvernement Legault pendant la première vague de la COVID-19.

Ils ont également déploré le manque de visibilité du parti. Le danger d'être enfermé dans une bulle au Parlement, il est constant. Il existe toujours et le contexte de pandémie l'a aggravé, concède Gabriel Nadeau-Dubois.

À l'aube du conseil général, en fin de semaine, les élus espèrent avoir rétabli les ponts avec la base militante en vue de la prochaine campagne électorale.

Jeudi soir dernier, dans le bureau du co-porte-parole de Québec solidaire à l'Assemblée nationale, un rassemblement se prépare. Merci de nous partager vos histoires ce soir. Manon et moi, on est vraiment honorés, lance Gabriel Nadeau Dubois devant l'assemblée virtuelle.

Les deux élus solidaires Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois rencontrent des travailleurs de la santé pour recueillir leurs témoignages. Cette tournée des travailleurs essentiels, c'est l'antidote que les députés ont trouvé pour répondre aux critiques des militants qui les accusaient d'être absents du terrain.

Craignant justement que l'aile parlementaire se déconnecte de sa base, Étienne Gélinas, un jeune militant de 21 ans, avait tenté de déloger Gabriel Nadeau-Dubois et de se faire élire co-porte-parole du parti l'an dernier.

Il y avait la conjoncture où on avait plus de députés à l'Assemblée nationale, on devenait un parti officiel. Alors là, je trouvais que c'était le temps de se poser la question : est-ce qu'on a besoin d'avoir encore deux co-porte-parole parlementaires, dit-il.

Selon lui, le parti devrait avoir un porte-parole au Parlement et un autre sur le terrain.

Il est devant l'Assemblée nationale.

Le militant Étienne Gélinas

Photo : Radio-Canada

Tension saine et normale

Il n'a récolté que 11 % des voix lors de l'élection, mais aujourd'hui la pandémie relance le débat sur les relations entre les militants et les parlementaires. Il y a une tension entre les deux qui est saine et qui est normale, explique François Saillant, membre fondateur du parti.

D'un côté, il y a les membres qui veulent prendre leur place et qui veulent que Québec solidaire soit présent dans les luttes sociales et fasse entendre une autre voix, et de l'autre côté il y a des gens qui sont pris dans un jeu parlementaire.

Une citation de :François Saillant

Le défi des solidaires sera de parler d'une même voix s'ils souhaitent poursuivre sur la lancée de l'élection de 2018, mais cela n'inquiète pas François Saillant.

La grande force de Québec solidaire c'est de parvenir à s'unir sur l'essentiel et continuer de débattre sur le reste, assure-t-il.

Parmi les enjeux dits essentiels, il y aura toujours l'environnement et les politiques sociales, mais la place de la souveraineté lors de la prochaine campagne électorale pourrait faire l'objet d'un débat au sein des troupes, affirme Étienne Gélinas.

Déjà, on a à combattre cette mauvaise image de la gauche au Québec et il faut aussi combattre l'image de la souveraineté. Il faut être sur deux champs de bataille en même temps. Au final, on n'a pas assez d'effectifs, alors est-ce qu'on peut gagner, s'interroge-t-il.

Les défis de la prochaine élection

François Saillant

François Saillant, un des fondateurs de Québec solidaire

Photo : Radio-Canada

Deux ans après une performance historique, le parti, qui célébrera son 15e anniversaire l'hiver prochain, devra-t-il faire des concessions pour faire des gains électoraux?

En bridant son identité et en escamotant ses différences, le parti renoncerait du même coup à la place particulière qu'il occupe sur l'échiquier politique, écrit François Saillant dans son dernier livre Brève histoire de la gauche politique au Québec.

Québec solidaire doit être fidèle à ses convictions et se faire plus incisif à l'égard du capitalisme, dit-il, en précisant que cela exigera bien de la pédagogie auprès des électeurs.

Considérant que le parti stagne dans les sondages, les tournées virtuelles qui se voulaient un remède au mécontentement des militants pourraient devenir le véhicule des solidaires pour faire passer leur message d'ici la prochaine élection générale au Québec en 2022.

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