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La pandémie au centre-ville de Toronto : nombreuses fermetures et occasion d'affaires

De grandes entreprises étrangères pourraient vouloir s'installer dans des espaces à bureaux inoccupés en raison du télétravail.

Un cycliste devant des commerces dont la devanture est recouverte de planches de bois.

Des magasins barricadés en mai dernier le long de la rue Queen West dans le centre-ville de Toronto en raison du confinement de la COVID-19.

Photo : CBC/Craig Chivers

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Vitrines placardées, commerces vides, affiches annonçant des ventes de fermeture. La pandémie de la COVID-19 modifie profondément le visage de la plus grande ville du pays.

En temps normal, trois millions de personnes travaillent dans les tours du centre-ville de Toronto, le cœur du secteur financier canadien. Selon un sondage de la Chambre de commerce de la région, entre 80 et 85 % des employés travaillent de la maison depuis le début de la pandémie.

Les conséquences de l'exode des tours de bureaux sont dramatiques pour les petits commerçants du centre-ville.

Les touristes représentent une bonne part de notre clientèle, mais les travailleurs de Bay Street aussi, affirme Vishal Hussain devant son magasin de chaussures de luxe qui fermera définitivement dans quelques semaines. Ils venaient sur leur heure de lunch au Marché Saint-Laurent situé tout près d'ici et puis ils remarquaient nos souliers. Mais ils ne sont plus au centre-ville. Ils travaillent de la maison.

Puisque les banquiers de Bay Street ne viennent plus dans son commerce, Vishal Hussain n'a plus les moyens de payer son loyer de près de 14 000 $ par mois. La pandémie a exacerbé le problème des loyers hors de prix au centre-ville de Toronto.

Il ne restera plus que les grandes entreprises et les chaînes de restaurants ou de magasins, dit Vishal Hussain, ce sont les seuls qui ont les moyens de survivre dans les conditions actuelles.

C'est d'ailleurs la crainte de nombreux petits commerçants.

Et si les employeurs des grandes tours de bureaux prenaient conscience du fait qu'il est possible d'être tout aussi productif à la maison qu'au bureau et que les changements imposés par la pandémie devenaient permanents?

C'est simple, il sera impossible de survivre au centre-ville de Toronto, affirme Max Rimaldi, propriétaire d'une pizzeria du quartier financier de Toronto. Si le restaurant n'est pas plein à craquer midi et soir, nous ne faisons aucun profit. J'ai peur rien que de penser à l'avenir au centre-ville.

Une occasion d’affaires pour les grandes entreprises technologiques

Jan Da Silva, présidente de la chambre de commerce de la région de Toronto

Jan Da Silva, présidente de la chambre de commerce de la région de Toronto

Photo : Radio-Canada

La Chambre de commerce de la région de Toronto estime pour sa part qu'il s'agit d'une occasion d'affaires inégalée.

Dans l'éventualité où le télétravail deviendrait permanent pour des centaines de milliers d'employés, des étages entiers des tours de bureaux du centre-ville pourraient en effet se libérer.

Toronto est la ville qui connaît l'expansion la plus rapide aux États-Unis et au Canada, soutient sa présidente, Jan Da Silva. Il y avait une grave pénurie d'espaces commerciaux. Si certains employeurs continuent avec le télétravail, l'espace libéré sera récupéré par les entreprises qui cherchaient à s'établir ici.

Avant la pandémie, de nombreuses entreprises de haute technologie souhaitaient délaisser les États-Unis et s'installer à Toronto. Le manque d'espaces commerciaux était devenu un obstacle important pour attirer des capitaux étrangers.

Pour l'instant, les grands employeurs cherchent des façons de ramener les travailleurs au bureau à court terme. Certaines des solutions envisagées pourraient aussi devenir permanentes.

Si nous mettons la technologie à notre service avec un système de réservation des ascenseurs, par exemple, explique Jan Da Silva, il serait possible de prévenir les longues files d'attente de plusieurs minutes et ainsi rendre les tours du centre-ville plus sécuritaires et sanitaires.

Au pied de la tour de la Bourse de Toronto, Andrew Slodowi fait griller quelques saucisses dans son petit kiosque à hot-dogs délaissé, comme si des clients allaient venir.

Il sert banquiers et investisseurs depuis plus de 30 ans. Depuis le printemps, il perd presque chaque jour de l'argent. Il n'a pas les moyens de rester pour assister à la transformation inévitable de son centre-ville.

Andrew Slodowi, devant son kiosque à hot-dogs

Andrew Slodowi, propriétaire d'un kiosque à hot-dogs

Photo : Radio-Canada

J'ai commencé à travailler ici quelques semaines avant le krach boursier du Lundi Noir d'octobre 1987, dit-il d'une faible voix. J'ai vécu la crise économique de 2008. La pandémie sera la fin du cycle pour moi.

C'est une tragédie, ajoute-t-il. Il voudrait pouvoir pleurer, mais il n'en a plus la force.

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