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Les dessous du meurtre de Chloé Labrie à Kuujjuaq

Randy Koneak est accusé de meurtre prémédité et d'outrage à un cadavre.

Chloé Labrie

Chloé Labrie était originaire de Victoriaville. Elle est morte à Kuujjuaq le 11 juin 2018.

Photo : Facebook

Le procès pour meurtre de Randy Koneak lève le voile sur la mort violente de Chloé Labrie, en 2018.

La technologiste médicale originaire de Victoriaville, 28 ans, était étendue sur le divan de son modeste bungalow blanc pour regarder une émission sur son ordinateur portable le soir du 11 juin 2018 à Kuujjuaq.

Pendant ce temps, autour de 23 h, Randy Koneak, 20 ans, serait allé voler une arme à feu chez un homme du village, selon la déclaration d'ouverture de la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Claudia Carbonneau.

L'accusé se serait ensuite rendu devant la maison de Chloé Labrie, l'aurait observée par la fenêtre avant de la maison, pour ensuite viser sa tête, et tirer.

Un trou dans la fenêtre compatible avec le passage d'un projectile est observé, a témoigné l'expert en balistique Érik Hudon, qui a aussi noté qu'un des stores verticaux a été sectionné par la balle.

L'accusé aurait ensuite forcé la porte d'entrée pour rejoindre la victime et tirer une deuxième balle, toujours à la tête. Un coup de feu direct, sans cible intermédiaire, selon Érik Hudon, cinquième témoin à s'être présenté à la barre.

Aucun lien entre la victime et l'accusé ni aucun mobile n'a été mentionné aux jurés pour l'instant.

Quelques heures après le meurtre, Ryan Orchinski, le copain de la victime, est revenu du travail et n'a pas tout de suite remarqué que la porte du bungalow avait été défoncée.

Il a témoigné avoir découvert le corps sans vie de sa conjointe dans le salon. Sous le choc, il est allé chercher de l'aide chez des voisins.

Agression sexuelle

En plus de ses blessures à la tête, Chloé Labrie a eu des lésions traumatiques aux organes génitaux, mais aucune autre plaie, a expliqué le pathologiste Yann Dazé. Un anneau contraceptif ensanglanté a été retrouvé sur le sol, près du divan.

Randy Koneak aurait fait des aveux à sa conjointe, qui l'aurait ensuite dénoncé à la police. L'accusé aurait lui-même fait une déclaration aux enquêteurs, dont les jurés connaîtront les détails plus tard dans le procès.

L'ADN de Chloé Labrie aurait été retrouvé à l'intérieur du sous-vêtement de l'accusé et sur sa main. Il est 107 millions de fois plus probable que l'ADN retrouvé sur un doigt de l'accusé soit celui de Chloé Labrie plutôt que celui d'une autre personne, selon l'experte en biologie et profil génétique Caroline Paquet.

Aucune trace de l'ADN de l'accusé n'a été retrouvée sur la victime.

Randy Koneak est accusé d'outrage au cadavre, en plus de l'accusation de meurtre prémédité.

Où était le tireur?

En contre-interrogatoire, l'avocat de l'accusé, Jordan Trevick, a longuement questionné l'expert en balistique pour déterminer si la deuxième balle pouvait aussi avoir été tirée de l'extérieur de la maison, grâce à l'arme semi-automatique qui se recharge très vite.

Un deuxième coup de feu dans le même trou est hautement improbable, a répondu Erik Hudon, qui affirme que la trace de balle dans la fenêtre aurait été plus grosse si cela avait été le cas.

M. Hudon estime que le tireur devait se trouver dans les escaliers menant à la porte d'entrée lorsqu'il a tiré la première balle, mais il ne s'avance pas sur sa position exacte dans la maison. Une douille a été retrouvée dehors, mais aucune à l'intérieur.

Longues traductions

Randy Koneak est stoïque, assis dans le box des accusés, alors que les témoins défilent devant le tribunal. Chaque question et chaque réponse doivent être traduites en anglais et en inuktitut, ce qui allonge considérablement les procédures.

Le juge Guy de Blois, de la Cour supérieure du Québec, a d'ailleurs enjoint à un témoin d'offrir des réponses courtes et claires par souci d'efficacité.

Après avoir entendu les témoins de la poursuite, l'avocat de Randy Koneak annoncera s'il présentera une défense et si l'accusé témoignera.

Le procès se déroule au palais de justice de Kuujjuaq devant un jury formé d'habitants locaux. Radio-Canada assiste aux audiences par visioconférence.

Une personne fait passer une ficelle à travers un trou fait par le passage d'une balle à travers une fenêtre.

Des experts ont évalué la trajectoire de la balle sur la scène du crime.

Photo : Radio-Canada / Photo déposée au procès

Une ficelle tendue entre les lattes d'un store vertical et l'intérieur d'une pièce.

L'évaluation de la trajectoire de la balle s'est aussi faite à l'intérieur de la maison.

Photo : Radio-Canada / Photo déposée au procès

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