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La Ville de Longueuil veut freiner la démolition de maisons unifamiliales

Un projet de règlement sera soumis le mois prochain aux trois arrondissements de la municipalité.

Deux des trois petites maisons.

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada

L'administration de Sylvie Parent agira pour faire obstacle à la destruction de résidences privées de type « bungalow » ou « cottage » au profit de nouvelles constructions multilogements, un phénomène qu'elle juge de plus en plus répandu.

Un projet de règlement sur la densification, qui aura notamment pour effet de freiner la disparition de maisons unifamiliales sur le territoire de la ville de Longueuil, sera soumis le mois prochain aux trois conseils d'arrondissement, a annoncé la mairesse mardi par voie de communiqué.

Il se penchera sur les marges, la largeur des bâtiments, l'emplacement des portes d'entrée, les stationnements, la définition d'un triplex, la subdivision des lots et l'octroi d'un certificat de démolition, explique son cabinet.

Mais la future règlementation vise d'abord et avant tout à répondre aux préoccupations grandissantes de la population face à la disparition des maisons unifamiliales au profit de multiplex, assure la mairesse Parent.

On va délimiter le carré de sable pour les demandes de démolition, dans le sens qu'on va venir encadrer davantage la règlementation, a-t-elle résumé en entrevue à Radio-Canada mercredi.

Mettre fin au « Far West »

Certains résidents estiment que le temps presse. Longueuil attire bien des gens, et les promoteurs en profitent. Comme le zonage permet la construction de plex dans plusieurs secteurs, les nouvelles constructions poussent comme des champignons depuis quelque temps.

Dominique Cousineau habite depuis 56 ans sur la même rue, dans le secteur Le Moyne. Elle fait partie d'un groupe créé sur Facebook de citoyens inquiets – Résident.e.s de Longueuil pour un urbanisme cohérent –, qui se sentent menacés par la démolition de plus en plus fréquente de maisons unifamiliales comme la sienne.

Mme Cousineau reçoit régulièrement des offres pour sa résidence et son terrain, au point où elle se sent harcelée. Elle constate que Longueuil est devenu un espèce de Far West de démolition et de reconstruction.

Actuellement, c'est une gentrification, une densification qui est en fait une défiguration de nos quartiers, dénonce Mme Cousineau.

Sylvie Parent se dit elle aussi préoccupée par la situation. D'où l'importance de mettre à jour la réglementation, qui n'a pas été revue depuis le début des années 2000, dit-elle.

Aux arrondissements de se prononcer

La Direction générale de la Municipalité a reçu le mandat de la mairesse d'élaborer un projet de règlement le mois dernier. Une seule et même version sera soumise aux trois arrondissements.

Ceux-ci devront toutefois se prononcer indépendamment, puisqu'ils possèdent tous leur propre comité consultatif d'urbanisme, explique le cabinet de la mairesse.

Ainsi, un avis de motion sera déposé le 2 décembre au conseil d'arrondissement du Vieux-Longueuil, puis le 7 décembre aux conseils d'arrondissement de Saint-Hubert et de Greenfield Park.

Reste à voir si le projet de règlement recueillera l'assentiment des élus. Le parti de la mairesse, Action Longueuil, est minoritaire, voire absent, dans les trois arrondissements de la municipalité.

Pas de moratoire, mais ce serait tout comme

À l'Hôtel de Ville, le parti d'opposition Longueuil Citoyen – qui, comme la presse, n'a pas encore pris connaissance du projet de règlement, celui-ci étant toujours en cours de rédaction – se réjouit de la sortie de la mairesse, qu'il juge tout de même ironique.

C’est la même mairesse qui approuvait encore récemment plusieurs subdivisions de lots au comité exécutif afin de permettre la démolition de maisons unifamiliales et la construction d’édifices multilogements, souligne son chef, Xavier Léger.

La conseillère Colette Éthier a également profité d'une séance du conseil municipal mardi soir pour proposer aux instances d’étudier des scénarios alternatifs, dont l'imposition d'un moratoire sur certains projets résidentiels demandant un permis de démolition.

Sylvie Parent écarte une telle idée. Une municipalité n'a pas le droit de faire ça légalement, dit-elle.

La mairesse demande toutefois aux arrondissements de voter en faveur de l'avis de motion qui leur sera soumis le mois prochain, ce qui aura pour effet de geler l'octroi des permis de démolition jusqu'à ce que les élus se prononcent sur la version finale du projet de règlement, quelque part en 2021.

Les élus du conseil municipal seront invités par la suite à se prononcer sur la création d'un comité de démolition. Ce vote aura lieu au cours des prochains mois, précise le cabinet dans son communiqué de mardi.

Avec Jean-Sébastien Cloutier et Marc Verreault

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