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Le camp Trump sollicite un nouveau dépouillement partiel au Wisconsin

Un travailleur d'élection tient un bulletin de vote à la hauteur de ses yeux.

Il reste de nombreux bulletins de vote à dépouiller dans plusieurs États.

Photo : Getty Images / JEFF KOWALSKY

Renonçant à demander un nouveau dépouillement dans tout l'État, comme elle l'avait laissé entendre après l'élection, l'équipe de campagne de Donald Trump limite sa requête à deux comtés à tendance démocrate.

Après la certification des résultats de tous les comtés de l'État, mardi, elle a indiqué mercredi qu'elle déposerait formellement sa demande auprès des autorités du Wisconsin pour faire vérifier les résultats dans ceux de Milwaukee, plus grande ville de l'État, et de Dane, qui englobe la capitale, Madison.

Le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, a remporté le premier avec 75 % des votes et un écart supérieur à 181 000 voix, et le deuxième avec 69 % des suffrages, et près de 183 000 voix de plus.

La commission électorale de l'État a souligné que la requête n'avait pas encore été présentée, mais a confirmé avoir reçu les trois millions de dollars nécessaires pour couvrir le coût de la nouvelle procédure de comptage.

Contrairement à plusieurs États, le Wisconsin facture les frais de ces démarches aux équipes de campagne. Un nouveau dépouillement à la grandeur de l'État aurait coûté 7,9 millions de dollars.

Les experts s'entendent pour dire qu'il est hautement improbable que l'issue de la vérification change l'identité du gagnant dans cet État, et un nouveau dépouillement partiel rend l'hypothèse encore plus irréaliste.

Dans cet État, un candidat peut demander un nouveau dépouillement si l'écart le séparant du meneur est inférieur à 1 %. La procédure ne pouvait être lancée avant l'officialisation des résultats locaux, qui précèdent la certification par l'État, le 1er décembre. À moins de revirements judiciaires, le Michigan, qui dispose de 10 grands électeurs, sera le dernier des États clés à officialiser ses résultats.

Le président désigné a remporté l'État en battant son adversaire par plus de 20 500 voix, soit un écart légèrement supérieur à 0,6 %.

Dans d'autres États, soit en Pennsylvanie, en Georgie, au Michigan, en Arizona et au Nevada, la campagne Trump a plutôt choisi la voie judiciaire pour contester les résultats de l'élection, mais largement sans succès. Selon ABC News, elle a déposé au moins 18 recours.

Refusant de reconnaître sa défaite, Donald Trump a brandi le spectre de fraudes électorales massives, allant de votes enregistrés au nom de personnes décédées à la suppression de voix par un logiciel de vote en passant par le comptage de votes invalides, autant d'allégations pour lesquelles lui et ses alliés n'ont jamais présenté de preuves.

Tollé après le refus de républicains de valider des résultats au Michigan

Mardi soir, les deux responsables républicains du comité de validation des votes dans le comté majoritairement pro-démocrate de Wayne, le plus populeux du Michigan, ont fini par faire volte-face après avoir dans un premier temps refusé de certifier les résultats électoraux comme étaient prêts à le faire leurs deux collègues démocrates.

Le comté, qui comprend la ville de Détroit, a voté en faveur de Joe Biden dans une proportion de 69 % contre 30 % pour Donald Trump, qui y a recueilli près de 333 000 voix de moins que son rival.

La présidente du comité, la républicaine Monica Palmer, avait dit ne pas croire que les registres des bureaux de vote soient complets et exacts. Si des disparités mineures ont été rapportées, la situation est comparable à celles constatées lors d’élections précédentes, selon le New York Times, et elles ne pointent pas vers des fraudes massives comme celles avancées sans preuves par le président Trump.

La campagne Trump a d’ailleurs échoué à prouver en cour ses prétentions.

Par la suite, Mme Palmer s’est dite prête à certifier les résultats des communautés à part celle de la ville de Détroit . La ville est composée à 78 % d’Afro-Américains, un électorat qui favorise majoritairement les démocrates.

La décision initiale des deux républicains de bloquer une procédure qui n'est habituellement qu'une simple formalité a suscité un tollé chez les responsables de l'État, mais aussi auprès des centaines de citoyens qui assistaient aux débats de façon virtuelle.

Pendant trois heures, les citoyens ont ensuite dénoncé vivement l’attitude des deux républicains, les accusant de racisme, comme l'a martelé un électeur, dont les propos sont rapidement devenus viraux.

Vous […] serez à jamais connus dans le sud-est du Michigan comme deux racistes qui ont fait quelque chose de si inédit qu'ils ont privé de leurs droits des centaines de milliers d'électeurs noirs de la ville de Détroit

Ned Staebler, électeur du comté de Wayne

Après une pause de quelques minutes, le comité a annoncé avoir validé les résultats et a demandé au secrétaire d’État du Michigan de mener un audit approfondi des résultats du comté, en particulier dans les circonscriptions présentant des disparités.

Mardi marquait l'échéance de certification des résultats dans l'ensemble des comtés du Michigan, avant celui de l'État, lundi prochain. Le démocrate a remporté l'État avec 50,6 % des voix contre 47,8 %, avec près de 158 000 voix de plus que le président sortant.

La campagne Trump avait vivement applaudi le blocage initial. Sur Twitter, une des conseillères juridiques du président a salué une immense victoire, évoquant la perspective de voir le comité de vérification des votes de l’État suivre l'exemple de celui du comté de Wayne, laissant ainsi l’Assemblée législative, à majorité républicaine, désigner elle-même les grands électeurs en lieu et place des grands électeurs pro-démocrates désignés par le vote populaire.

Congédiement d'un responsable fédéral qui a défendu l'intégrité de l'élection

Devant des micros, Chris Krebs s'adresse aux reporters, la main gauche tendue de côté.

L'ex-directeur de la CISA, Chris Krebs, avait contesté les allégations du président Trump, sans toutefois le nommer.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Mardi soir, Donald Trump a congédié le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), Chris Krebs, qui avait contredit ses allégations conspirationnistes sur la validité du vote dans des communiqués et également sur Twitter, mais sans le nommer.

Il y a quelques jours, M. Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale, a signé, avec les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales, un communiqué communtémoignant de l'intégrité et de la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire.

Il n'existe aucune preuve démontrant que quelque système de vote que ce soit a supprimé, perdu ou changé des votes, ou a été piraté de quelque façon que ce soit, ont-ils précisé dans une déclaration commune.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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