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Fusillade de Fredericton : Matthew Raymond reconnu non criminellement responsable

Matthew Raymond habillé en orange, les menottes aux poignets, près d'un fourgon cellulaire.

Matthew Raymond lors d'une comparution le 8 février 2019.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Matthew Raymond est reconnu non criminellement responsable de la mort de quatre personnes lors d’une fusillade survenue le 10 août 2018 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

L'homme de 50 ans était accusé des meurtres prémédités des civils Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright, ainsi que des policiers municipaux Robb Costello et Sara Burns.

Le verdict du jury, qui était unanime, est tombé ce vendredi après 25 heures de délibérations dans la capitale du Nouveau-Brunswick. Les 11 jurés étaient isolés pour les délibérations depuis mardi au Centre des congrès de Fredericton, qui servait de palais de justice en raison des mesures sanitaires en vigueur.

Des membres des familles des victimes ont versé des larmes à la lecture du verdict.

Le juge Larry Landry avait mis en garde les personnes présentes contre les débordements. Un membre de la famille de Sara Burns, portant un t-shirt sur lequel on pouvait lire #FrederictonStrong, a quitté la salle d'audience en larmes. Matthew Raymond, quant à lui, a essuyé ses larmes et fait un signe de tête. Sa mère, Shirley Raymond, a elle aussi essuyé des larmes.

Les portraits de quatre personnes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les victimes de la fusillade de Fredericton en 2018. De gauche à droite : Robb Costello, Sara Burns, Donnie Robichaud, Bobbie Lee Wright.

Photo : Radio-Canada

Le procès, qui aura duré plus de 10 semaines, a réuni 44 témoins, dont des policiers, des infirmières, des psychiatres et des membres de la famille de Matthew Raymond.

Le juge Larry Landry a remercié les jurés pour leurs services et les a libérés de leurs fonctions. Un des 12  jurés avait étélibéré pendant le procès, qui s’est poursuivi à 11.

Matthew Raymond n’est pas remis en liberté

Matthew Raymond reste pour le moment en détention au Centre hospitalier Restigouche de Campbellton. Le 11 décembre, à Fredericton, il y a aura une audience devant le juge Larry Landry pour déterminer la suite des choses. 

Le verdict prononcé vendredi ne signifie pas que Matthew Raymond va réintégrer la société.

Il pourrait rester au Centre hospitalier Restigouche ou être transféré au Centre de rétablissement Shepody, qui est une annexe du Pénitencier de Dorchester.

Un accusé à haut risque?

Le juge Landry a déclaré vendredi que Raymond ne sera libéré que si la commission d'examen décide qu'il ne représente plus une menace importante pour le public.

Cette commission doit tenir une première audience d’ici 90 jours, et examinera ensuite le cas de Raymond une fois par an. Elle décidera chaque fois s’il doit demeurer en détention, ou s’il peut obtenir une libération avec ou sans condition.

Ce qui pourrait réduire considérablement les chances de Matthew Raymond de se retrouver en liberté, c’est la possibilité que la Couronne demande qu’il soit déclaré accusé à haut risque.

Selon les dispositions de l’article 672.64 (1) du Code criminel du Canada, les personnes qui reçoivent un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, comme Matthew Raymond, peuvent être visées par une telle déclaration si :

  • il y a une probabilité marquée que l’accusé usera de violence de façon qu’il pourrait mettre en danger la vie ou la sécurité d’une autre personne;
  • les actes à l’origine de l’infraction étaient d’une nature si brutale qu’il y a un risque de préjudice grave [...] pour une autre personne.

Raymond pensait que ses victimes étaient des démons

Matthew Raymond a plaidé non coupable le 15 septembre 2020 des quatre chefs d'accusation qui pesaient contre lui.

La défense soutenait que son client ne pouvait pas être tenu criminellement responsable de ses actes pour cause de troubles mentaux.

Pendant tout le procès, l’accusé a dit avoir cru que la fin du monde était arrivée le jour de la fusillade et qu’il devait se défendre contre des démons et des diables.

Menotté et escorté de policiers, Matthew Raymond descend d'un véhicule du shérif dont la porte s'ouvre directement sur une porte du palais de justice.

Matthew Raymond arrive à son procès le 15 septembre 2020 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Il a témoigné qu'il n'avait cessé de croire aux démons que le mois dernier, et qu'il croyait toujours avoir entendu un enfant dire par sa fenêtre Sors et joue, bébé, ce qu'il avait interprété comme un signe du début de la fin du monde.

L’auteur de la fusillade de Fredericton avait déjà reçu des injections obligatoires de médicaments antipsychotiques des mois avant, puis pendant le procès.

Les procureurs de la Couronne avaient pour leur part dit au jury qu’ils estimaient que la fusillade était intentionnelle et planifiée, et que l’accusé était conscient d'ouvrir le feu sur des êtres humains, et non sur des démons.

Avec des renseignements de Michèle Brideau et de La Presse canadienne

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