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Stopper le dédoublement des services en santé, mais pas le bilinguisme dit Higgs

Des changements s'imposent en santé, selon le premier ministre. Le dédoublement des services dans les réseaux Horizon et Vitalité est intenable croit-il.

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Blaine Higgs en conférence de presse devant des drapeaux du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, veut s'attaquer au dédoublement de service en santé dans la province

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis longtemps, le dédoublement des services de santé au Nouveau-Brunswick est une préoccupation du premier ministre Blaine Higgs. Le gouvernement semble vouloir profiter de sa majorité pour mener des changements en profondeur dans le système de santé. Et certains se demandent si ces changements se feront au profit du bilinguisme.

Une vision de longue date

Lorsqu'il était ministre des Finances entre 2011 et 2014, Blaine Higgs affirmait qu’il y avait trop d’hôpitaux.

L’année dernière, son gouvernement, alors minoritaire, a voulu fermer les urgences de nuit de six hôpitaux ruraux, une décision qu’il avait dû annuler quelques jours plus tard devant le tollé.

Au moment d'annoncer ces fermetures, le gouvernement avait demandé aux deux réseaux de santé d’étudier les possibilités pour mieux gérer les temps d’attente. Cela incluait la coordination des services offerts par les spécialistes à l’échelle de la province.

Le poids d'une majorité

Maintenant à la tête d’un gouvernement majoritaire, Blaine Higgs pourrait mettre en place certaines réformes qui lui sont chères.

Comment nos institutions peuvent-elles se compléter et non être en compétition entre elles? Que [les services] soit à Bathurst ou Woodstock, ce n’est pas le point pour moi. Je veux m’assurer que nous remplissons nos obligations linguistiques, mais nous devons avoir la capacité [d’offrir les services] , a-t-il affirmé mardi dans une mêlée de presse.

L'Hôpital régional de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick en février 2020.

L'Hôpital régional de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Il cite en exemple les succès obtenus par la centralisation des chirurgies à la hanche à l'Hôpital Saint-Joseph de Saint-Jean et l'analyse de la majorité des tests de COVID-19 au Centre hospitalier universitaire Dr Georges-L.-Dumont à Moncton.

À combien d’autres secteurs pouvons-nous nous attaquer?

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Pénurie de personnel et exigences linguistiques

Le premier ministre se dit particulièrement préoccupé par la pénurie de personnel dans plusieurs secteurs, dont la Santé.

Il dit ne pas savoir si les exigences linguistiques sont réellement une barrière à l'embauche, mais réaffirme que tout est sur la table afin de répondre à la pénurie de main-d'œuvre et offrir des soins de qualités.

Le premier ministre Blaine Higgs, lors de la lecture du discours du Trône, le 17 novembre 2020.

Le premier ministre Blaine Higgs, lors de la lecture du discours du Trône, mardi.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Si une région me dit " on veut garder ce service, on en a besoin, mais on ne trouve pas le personnel ", qu'est-ce qu'on fait : on trouve une autre façon d'offrir le service ou on continue à chercher [du personnel], demande Blaine Higgs, mercredi.

Le premier ministre précise qu'il ne vise pas une fusion des deux réseaux de santé, mais plutôt davantage de collaboration afin d'éviter les dédoublements de service.

Nous ne pouvons pas continuer à opérer avec Vitalité et Horizon chacun de leur côté. Les réseaux peuvent être administrés indépendamment, mais doivent être complémentaires et travailler ensemble dans l'offre de services.

Les craintes de l'opposition

Le chef par intérim de l’opposition, le libéral Roger Melanson, s’inquiète du manque de détails en ce qui a trait à une éventuelle réforme de la santé.

Moi je serais préoccupé si j’étais les gens du Nouveau-Brunswick lorsque le premier ministre déclare qu’il veut optimiser les services en matière de services de santé. Ça veut probablement dire des coupures en matière de santé. Ça veut probablement dire éliminer certains services. Est-ce que c’est son plan secret de la réforme qui a échoué l’hiver dernier? Je dirais que oui.

Le porte-parole de l’opposition en matière de santé, Jean-Claude d’Amour, craint pour sa part qu’on oublie les citoyens des régions rurales en favorisant la centralisation des services.

Jean-Claude D'Amours en entrevue à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Le député libéral du Nouveau-Brunswick Jean-Claude D'Amours.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Il craint aussi qu’une centralisation de certains services se fasse au détriment des francophones. C’est déjà un stress d’être malade, de ne pas pouvoir être servis dans sa langue, ça augmente le stress , dit-il en entrevue à l’émission La matinale.

Pour combler la pénurie de personnel, Jean-Claude d’Amour croit qu’il faut explorer d’autres options. Il suggère de faire appel à des professionnels de la santé d’autres provinces qui peuvent offrir des consultations à distance et de s’attaquer à la rétention des nouvelles infirmières qui quittent le Nouveau-Brunswick après leurs études.

Avec des informations de Michel Corriveau et Nicolas Steinbach

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