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65,5 millions de dollars en plus pour aider le tourisme québécois

Caroline Proulx.

La ministre Caroline Proulx a notamment annoncé une aide de 38 millions de dollars pour les établissements d'hébergement comptant de 4 à 299 chambres.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Rassurer l'industrie pour tenir le coup jusqu'à la fin 2021 : voilà en gros l'objectif évoqué mercredi par la ministre québécoise du Tourisme, Caroline Proulx. Celle-ci a tenu une conférence de presse pour annoncer 65,5 millions de dollars supplémentaires pour venir en aide à une industrie touristique durement touchée par la pandémie.

Il s'agit d'une nouvelle phase de soutien à l'industrie touristique, a ainsi déclaré la ministre.

Le gouvernement du Québec est avec vous, on reconnaît l'ampleur des effets de la crise sur l'industrie.

La majeure partie de la somme annoncée, soit 38 millions, sera destinée aux établissements d'hébergement touristique comptant de 4 à 299 chambres qui ont perdu au moins 30 % de leurs revenus au cours des deuxième et troisième trimestres de 2020, par rapport à l'année précédente.

L'aide prendra la forme d'un remboursement complet de la taxe d'hébergement, pour un maximum de 200 000 $ par établissement. Aucun montant spécifique n'est réservé aux régions, a précisé Mme Proulx. Plus grande est votre perte, plus grande est la subvention, a-t-elle dit.

Autres mesures à venir

Pour les grands hôtels, majoritairement situés à Montréal, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, annoncera prochainement des mesures d'aide supplémentaire, a fait savoir la ministre Proulx.

Montréal, mais aussi Québec et la région de l'Outaouais, les trois portes d'entrée du tourisme au Québec, recevront des montants de 17 millions pour maintenir les actifs touristiques stratégiques, des actifs qui sont trop importants pour disparaître, de l'avis de la ministre.

Une part de 2,5 millions est réservée pour la relance du tourisme d'affaires, notamment les congrès et autres réunions importantes qui se préparent parfois deux, trois, quatre, voire cinq années à l'avance, a rappelé Caroline Proulx.

Cette somme est toutefois destinée à préserver l'expertise, précise-t-on. De fait, la ministre reconnaît que la relance économique prendra davantage de temps dans certains secteurs de l'industrie touristique, et que des travailleurs décideront de changer de métier, de façon temporaire ou permanente.

Pour ceux-là, le ministre du Travail, Jean Boulet, prépare un plan d'accompagnement, a assuré Mme Proulx, sans donner plus de détails.

Toujours dans cette perspective, le gouvernement Legault versera 3 millions de dollars, sur trois ans, au Conseil québécois des ressources humaines en tourisme.

Et pour aider à relancer l'industrie dans son ensemble, l'Alliance touristique du Québec aura droit à 5 millions, entre autres pour préparer des campagnes publicitaires pour le printemps prochain.

Une aide réclamée depuis longtemps

Les établissements d'hébergement, notamment les grands hôtels, réclament une aide financière massive de la part de Québec depuis le premier confinement, au printemps.

Le dévoilement, en juin, d'un plan d'aide de 753 millions destiné à l'industrie touristique, avec notamment 250 millions prévus pour le secteur de l'hôtellerie, avait rassuré le secteur de l'hébergement, mais déjà, Marjolaine de Sa, directrice générale de l'Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), estimait que cette somme était insuffisante pour éviter une « catastrophe ».

Cette aide-là, malheureusement, ne sauvera personne, déplorait-elle en juin.

En date du début octobre, plus de 20 hôtels de Québec avaient dû fermer leurs portes depuis l'éclatement de la crise sanitaire. Quelque 200 hôteliers de la ville ont d'ailleurs manifesté à la mi-octobre, devant l'Assemblée nationale, pour réclamer plus d'aide.

De passage sur les ondes d'ICI Première, à l'émission Tout un matin, le ministre Fitzgibbon a quant à lui fait savoir que les programmes d'aide financière destinés aux restaurants et aux bars seront prolongés.

Absolument... Je pense qu'il faut être cohérents. J'ai toujours dit qu'il fallait réagir rapidement, a-t-il dit.

Au tout début, il y a eu des ratés, mais j'ai parlé aux MRC [municipalités régionales de comté]. La réponse est oui, il faut être là pour s'occuper de nos commerçants. D'autant plus que le fédéral a un bon programme [d'aide au loyer]. Je pense qu'on a de bonnes chances de garder nos gens. Il faut continuer à soutenir nos entreprises qui sont fermées pour des raisons sanitaires.

Une aide plus substantielle réclamée

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) accueille favorablement l'annonce de la ministre Proulx, notamment les 17 millions prévus pour que les entreprises stratégiques installées dans les trois portes d'entrée du tourisme québécois puissent contribuer à la relance, une fois la pandémie terminée.

Réagissant par voie de communiqué, la FCEI réclame aussi plus d'aide directe de la part du gouvernement, parce que les PME étouffent sous le poids des dettes contractées durant la crise.

Selon nos estimations, l’endettement moyen pour une PME québécoise est de 135 000 $, indique encore la Fédération, qui invite Québec à adapter la structure d'aide prévue pour le tourisme à d'autres secteurs de l'économie.

De son côté, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a jugé que cette aide était insuffisante pour stabiliser définitivement le secteur hôtelier de la métropole.

L'AHRQ, elle, estime que les mesures financières annoncées par la ministre Proulx sont plutôt légères, et l'organisation espère que le gouvernement provincial poursuivra dans cette veine de manière plus substantielle.

Des réunions permises à 50 ou 250 personnes?

Par ailleurs, le ministre de la Santé et des Services sociaux a rendu public un communiqué en après-midi pour clarifier les choses à la suite d'une information faisant état de la possibilité de tenir, de façon exceptionnelle, des réunions rassemblant jusqu'à 250 personnes dans les hôtels et les centres de congrès.

Le ministre rappelle d'abord que les rassemblements sont toujours interdits dans les salles louées et les salles communautaires dans les régions se trouvant au palier d'alerte maximale (rouge). Il en va de même pour les auditoires et audiences dans un lieu public intérieur.

Il précise qu’aucune activité liée au tourisme d'affaires ne peut avoir lieu, ce qui inclut par exemple les congrès, les réunions d'entreprises non essentielles et qui peuvent se dérouler en mode virtuel, les expositions commerciales et les voyages de motivation.

Le ministre de la Santé ajoute que seules les activités organisées nécessaires et même essentielles à la poursuite des activités d'une organisation publique ou privée pourraient être autorisées dans des situations très rares et exceptionnelles. Le nombre de personnes présentes doit être limité au minimum nécessaire et une distance de deux mètres doit être gardée entre les personnes.

Un décret du ministère de la Santé datant du 22 octobre évoquait la possibilité d'organiser des événements réunissant un maximum de 50 personnes.

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