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Des citoyens crient victoire dans le dossier du chemin Rhéaume

Panneau du projet La Vallée d'Orford situé sur le chemin Rhéaume à Sherbrooke.

Un juge de la Commission municipale du Québec a donné raison à un groupe de citoyens qui s’opposaient à la construction d’une cinquantaine de résidences sur le Chemin Rhéaume dans le cadre du projet de la Vallée d’Orford, dans le secteur de Saint-Élie.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Radio-Canada

Un juge de la Commission municipale du Québec a donné raison à un groupe de citoyens qui s’opposaient à la construction d’une cinquantaine de résidences sur le Chemin Rhéaume dans le cadre du projet de la Vallée d’Orford. Il a conclu que ce projet ne respectait pas le schéma d’aménagement et de développement révisé de la Ville.

Cette année, la Ville de Sherbrooke avait accordé le droit au promoteur de construire environ cinquante maisons unifamiliales dans ce secteur de Saint-Élie, en dehors du périmètre urbain. Or le schéma d'aménagement et de développement révisé de la Ville n’en prévoyait que 18.

C’est ce qu'ont relevé, entre autres, des citoyens devant la Commission municipale du Québec. Ils dénonçaient notamment les impacts environnementaux d'un projet de cette ampleur.

Catherine Boileau était à la tête de ce groupe.

On s’est présentés devant la Commission municipale, car on n’avait pas d’autre option [...]. Le juge a décidé qu’un règlement était invalide : celui qui fixait la limite à 50 lots au lieu de 18, en disant que le schéma d'aménagement fixait la limite 18 lots, et que le tripler était un peu trop, a-t-elle indiqué en entrevue à Par ici l’info.

La Ville va refaire ses devoirs, on est vraiment contents.

Catherine Boileau, la citoyenne qui a amené le dossier devant la Commission municipale du Québec
Catherine Boileau devant le chemin Rhéaume.

Catherine Boileau, la citoyenne qui a amené le dossier devant la Commission municipale du Québec.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Pour la Commission, le chiffre de 18 n’est pas absolu, a précisé le juge Alain R. Roy dans sa décision.

Il représente une indication du nombre maximal d’habitations autorisé à cet endroit. Lors de sa transposition dans le règlement de zonage et de lotissement, il peut en résulter une norme légèrement inférieure ou supérieure à 18 lots résidentiels, mais certainement pas une norme qui permet une résultante presque trois fois plus élevée , a-t-il ajouté.

Pas de construction dans un monde idéal

Mme Boileau attend maintenant avec impatience de voir ce qui va advenir du projet.

Dans un monde idéal, il n’y aurait pas de construction de maisons sur ces terrains à haute valeur écologique. C’est le moment idéal pour la ville de prendre ses responsabilités et d’aller voir le promoteur pour dire "je vais acheter ton terrain et le protéger, car il est important pour les générations futures". On est en 2020, ce n’est plus le moment de construire dans des zones aussi importantes pour l’écologie.

Pour la conseillère Évelyne Beaudin, également cheffe de Sherbrooke Citoyen, cette décision de la Commission municipale du Québec est une excellente nouvelle. C’était inespéré, parce que ce combat-là, c’était un peu David contre Goliath. Une poignée de citoyens et citoyennes qui se sont dit qu’ils allaient essayer, lance-t-elle en entrevue.

Ils ont mis toute leur énergie et ça envoie un beau message d’espoir de dire que ça vaut la peine de s’informer, de questionner, de faire les démarches, de s’impliquer.

la conseillère municipale Évelyne Beaudin

Du côté des élus, Mme Beaudin avance que ce jugement donnera un coup de pouce à ceux qui n’osaient pas s’y opposer. Ceux qui se sentaient forcés à dire oui n’ont plus à [l’être] pour dire non quand il y a des projets urbanistiques qui n’ont pas de sens, croit-elle.

Caroline Pastias, professeure au Département de science politique à l’UQAM, n’y va pas de main forte en donnant son analyse de ce dossier controversé. Elle croit que la Ville de Sherbrooke n’a pas eu un traitement très intelligent de ce dossier. Ils sont allés contre leur propre règlement et ils ont maintenu leur position jusqu’au bout jusqu’à paraître finalement comme non pertinents, constate-t-elle.

La Ville n'a pas fait de commentaires sur ce dossier, mercredi. Une réunion avec les services juridiques étant prévue après-midi. Elle se prononcera jeudi matin à ce sujet.

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