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À Berlin, la police tente de disperser une manifestation d'antimasques

L'événement était organisé devant la porte de Brandebourg à Berlin.

L'événement était organisé devant la porte de Brandebourg à Berlin.

Photo : Reuters / FABRIZIO BENSCH

Agence France-Presse

Canons à eau et gaz lacrymogènes : la police allemande a tenté mercredi de disperser une manifestation à Berlin d'opposants aux mesures restrictives imposées par la pandémie de coronavirus parce qu'ils refusaient de porter un masque.

En milieu de journée, la police, déployée en masse, a ordonné la dissolution de ce rassemblement majoritairement pacifique d'entre 5000 et 10 000 personnes au pied de la porte de Brandebourg, en plein coeur de Berlin, après leur avoir enjoint sans succès, par haut-parleurs, de respecter les consignes sanitaires.

Elle a fait usage à plusieurs reprises de canons à eau et de gaz lacrymogènes, tandis que des participants, faisant fi des ordres de dispersion, scandaient Honte! Honte! sur l'avenue du 17-Juin, la longue artère qui part de la porte de Brandebourg.

Des policiers ont reçu des pierres, des bouteilles, des pétards et ont procédé à des arrestations, a également indiqué dans un tweet la police qui a procédé à presque 200 interpellations.

Beaucoup des manifestants refusaient de respecter les règles édictées pour autoriser la tenue de ce rassemblement, en particulier le port d'un masque couvrant le nez et la bouche.

Une précédente manifestation d'ampleur, il y a dix jours à Leipzig, organisée par un collectif hétéroclite se définissant comme des libres-penseurs, avait dégénéré en violences.

À Berlin, certains protestataires accusent le gouvernement d'Angela Merkel de vouloir instaurer une dictature, alors que depuis début novembre l'Allemagne a renforcé les restrictions pour tenter d'endiguer une seconde vague de contaminations plus forte que la première, au printemps.

Merkel doit partir! et Pas de dictature! criaient d'ailleurs certains d'entre eux.

D'autres arboraient des ballons gonflables rouges en forme de coeur, des drapeaux arc-en-ciel appelant à la paix ou des croix chrétiennes.

Une réforme en vue

Ce rassemblement intervient alors que les deux chambres du Parlement (Bundestag et Bundesrat) doivent adopter dans la journée une réforme qui inscrit dans la loi nationale une batterie de mesures pour lutter contre la propagation du virus, comme le respect de la distanciation sociale ou le port du masque.

La police tente de contenir les manifestants.

Beaucoup des manifestants refusaient de respecter les règles édictées pour autoriser la tenue de ce rassemblement.

Photo : Reuters / CHRISTIAN MANG

Sur des groupes de discussion en ligne, certains des opposants n'hésitaient pas à comparer cette réforme à la loi sur les pleins pouvoirs octroyés à Adolf Hitler en 1933, à peine deux mois après son accession à la chancellerie.

Ces comparaisons ont suscité l'ire d'une partie des responsables politiques. La porte-parole du gouvernement, Ulrike Demmer, a rejeté ces accusations, rappelant qu'à l'époque le Reichstag avait dû renoncer à toutes ses prérogatives au profit du Führer.

Je suis venue parce qu'on nous prend notre liberté, assurait à l'AFP Bonny, une étudiante berlinoise portant un sac Peace and love. Je veux pouvoir sortir, voyager, voir mes amis. Ce virus est certes dangereux, mais [...] nous ne devons pas mettre le monde entier sous cloche, ajoutait-elle.

De son côté, le cinquantenaire Achim Ecker, qui vit dans une communauté dans l'État régional du Brandebourg et affirme avoir toujours voté pour les Verts jusqu'ici, entendait marquer son opposition à l'obligation éventuelle de se faire vacciner contre la COVID-19.

Cela va trop vite, sans contrôle, assurait-il alors que le ministre de la Santé, Jens Spahn, a affirmé qu'il n'y aurait aucune obligation. Peut-être que ce vaccin est encore plus dangereux que le virus, soulignait M. Ecker.

Divers rassemblements

Ces opposants aux mesures liées à l'épidémie de COVID-19 agrègent notamment militants anti-vaccins, citoyens inquiets des atteintes aux libertés publiques, antinucléaires, mais aussi conspirationnistes ou encore sympathisants d'extrême droite.

La manifestation du 7 novembre à Leipzig, dans l'ex-RDA, où 20 000 personnes s'étaient rassemblées, avait dégénéré en violences et suscité un vif débat sur l'opportunité d'autoriser de tels rassemblements en plein dispositif sanitaire coercitif.

Un autre défilé de moindre ampleur, à Francfort samedi, avait été marqué par l'utilisation de canons à eau visant des contre-manifestants.

Les opposants aux restrictions étaient déjà à l'origine de plusieurs rassemblements cet été à Berlin, dont l'un, fin août, avait vu plusieurs centaines de manifestants forcer des barrières de sécurité pour atteindre les marches du siège de la Chambre des députés.

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