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Une expédition de chasse transformée en opération de nettoyage

Des centaines de canettes de bière trouvées dans la forêt sont empilées dans la boîte d'une camionnette.

Deux jeunes chasseurs de Matane ont découvert toutes sortes de déchets abandonnés durant leur expédition dans la forêt.

Photo : Gracieuseté / Jérémi Bouffard

Radio-Canada

Deux jeunes Matanais sont récemment revenus de la chasse avec des prises plutôt inattendues... ils ont ramassé près de 800 canettes et bouteilles de verre au cours de leurs 2 journées passées en forêt.

Ce qui devait être une expédition de chasse s'est finalement avéré être aussi une opération de nettoyage. Jérémi Bouffard et un de ses amis ont trouvé ces centaines de canettes pendant leur passage dans les secteurs de Sainte-Paule et de Saint-Léandre, dans l'arrière-pays ulricois.

La photo de cette chasse miraculeuse des deux chasseurs a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux (Nouvelle fenêtre).

Ils ont non seulement trouvé des déchets, mais également de gros rebuts abandonnés en pleine forêt.

On a trouvé aussi des dépotoirs à ciel ouvert. Il y avait des matelas qui traînaient un peu partout. On a vu une carcasse de voiture au complet. Il y avait des bidons d’essence, des bidons d’huile.

Une citation de :Jérémi Bouffard

Les deux chasseurs ont constaté qu'à certains endroits, les déchets s'accumulent depuis des années.

En bas d’une falaise, il y avait une vingtaine de bidons qui étaient tous regroupés, explique Jérémi Bouffard. Au fil du temps, le monde les jetait et après 10-15 ans, on s’entend que ça finit par faire un amas de bidons, déplore-t-il.

Porter plainte

Le problème des dépotoirs illégaux touche à deux ordres de gouvernement : les municipalités d’une part et le ministère de l’Environnement d’autre part, explique Vincent Dufour, président du Conseil régional de l'environnement (CRE) du Bas-Saint-Laurent.

Une des plaintes qu'il peut y avoir, c’est au niveau du règlement sur les nuisances avec les municipalités locales, avec un inspecteur municipal, qui va constater sur les lieux la nuisance, et après ça émettre un constat de nuisance ou un avis pour que ça soit ramassé, détaille-t-il.

L’autre option est de communiquer avec le ministère de l’Environnement, qui dépêcherait un inspecteur afin de constater ou non le respect des normes environnementales.

Or, selon Marcel Poiré, président de PurNat, un organisme spécialisé dans le nettoyage des dépotoirs illégaux, le ministère de l’Environnement n’en fait pas assez.

Marcel Poiré en entrevue à Radio-Canada.

Le président de l'organisme PurNat, Marcel Poiré (archives)

Photo : Gracieuseté

Le Ministère manque d’effectifs et ils ont des critères qui doivent être remplis avant de s'occuper d'un site en particulier, explique-t-il. Ce qu’on m’a dit, c’est qu’il fallait qu’il y ait 3 m3 de déchets, et 3 m3, ça prend plus que 800 canettes.

Ça prend de bons dépotoirs, des dépotoirs à problème [pour que le Ministère agisse], résume-t-il.

Sensibiliser les récalcitrants?

Municipalités, organismes sans but lucratif et gouvernement déploient des efforts pour sensibiliser, mais, selon Vincent Dufour, du CRE Bas-Saint-Laurent, la grandeur du territoire et le caractère récalcitrant de certaines personnes n'aident pas.

On fait de la sensibilisation puis de l’éducation auprès des gens pour empêcher que ça arrive, mais on a beau en faire, ça arrive, il y a des malfaiteurs, explique-t-il. On a aussi la problématique qu’on a un grand territoire avec énormément de possibilités de faire ça à l’abri des regards.

Ça détruit l’environnement, quand en plus ces personnes payent déjà des taxes pour des services qui régleraient le problème.

Une citation de :Vincent Dufour, président du Comité régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent

L’organisme PurNat estime qu’il y aurait entre 5000 et 6000 dépotoirs illégaux dans l'ensemble du Québec.

Le problème toucherait autant la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, mais on ne dispose pas de chiffres précis à ce sujet. Au moment d'écrire ces lignes, le ministère de l'Environnement n'avait pas répondu à nos questions.

Quant à nos deux chasseurs, ils ont récupéré 55 $ de consignes avec leurs quelques 800 canettes et bouteilles, ce qui leur a permis de payer le coût de l’essence de leur expédition de chasse.

Avec la collaboration de Jean-François Deschênes.

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