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Une agence américaine autorise la reprise des vols des 737 MAX de Boeing

Un vol d'essai du 737 MAX, aux États-Unis.

American Airlines prévoit un premier vol avec le 737 MAX en décembre.

Photo : Reuters / Mike Siegel

Radio-Canada

L'Autorité fédérale américaine de l'aviation (FAA) a annoncé mercredi la levée de l'interdiction de vol du 737 MAX de Boeing, un avion cloué au sol dans le monde entier depuis mars 2019, à la suite de deux accidents en Indonésie et en Éthiopie qui ont fait 346 morts en l'espace de cinq mois.

L'administrateur de la FAA, Steve Dickson, s'est dit confiant à 100 % dans la sécurité de cet appareil, mais a souligné que l'avionneur américain devrait faire davantage pour améliorer ses procédures en matière de sécurité.

Cette levée met fin à la plus longue immobilisation de l'histoire de l'aviation civile et permettra à Boeing de reprendre les livraisons et les vols commerciaux de cet appareil aux États-Unis d'ici la fin de l'année.

Nous avons fait tout ce qui est humainement possible pour nous assurer que ces types d'accidents ne se reproduisent plus, a déclaré à Reuters Steve Dickson.

Il a ajouté que des modifications au niveau de la conception avaient supprimé ce qui avait causé ces accidents spécifiques.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Steve Dickson parle dehors au Kennedy Space Center à Cape Canaveral.

M. Dickson a lui-même piloté l'avion lors d'un vol test en septembre et assuré qu'il y installerait sans problème sa famille.

La FAA exige une nouvelle formation des pilotes pour gérer le système MCAS anti-décrochage de l'appareil, mis en cause dans les deux accidents mortels, ainsi que de nouvelles mesures de sécurité et d'autres changements au niveau des logiciels.

Les compagnies devront également procéder à des travaux de maintenance sur les avions cantonnés au tarmac des aéroports depuis plus de 20 mois. Quant aux avions entreposés chez Boeing, ils devront être examinés par un inspecteur de la FAA avant d'être envoyés chez les clients.

Boeing de son côté s'est dit déterminé à tirer les leçons de [ses] erreurs pour bâtir un avenir plus sûr afin que de tels accidents ne se reproduisent plus.

Ces événements et les leçons que nous en avons tirées ont remodelé notre entreprise et concentré davantage notre attention sur nos valeurs fondamentales de sécurité, de qualité et d'intégrité.

David Calhoun, PDG de Boeing

Nous n'oublierons jamais les vies perdues lors des deux accidents tragiques qui ont conduit à la décision de suspendre l’exploitation de ces avions , a ajouté David Calhoun.

De plus, l'entreprise a mis en place un centre d'opérations qui surveillera les vols 24 heures sur 24.

David Calhoun sourit en gros plan.

David Calhoun est le PDG de Boeing.

Photo : Photo Boeing

Transports Canada poursuit son évaluation

Dans un communiqué publié mercredi matin, le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a indiqué que les experts en matière de sécurité de Transports Canada poursuivent leur processus de validation indépendant afin de déterminer s'il convient d'approuver les modifications proposées pour l'aéronef. Nous nous attendons à ce que ce processus se termine très bientôt.

Cependant, il y aura des différences entre ce que la FAA a approuvé aujourd'hui et ce que le Canada exigera de ses exploitants. Ces différences comprendront des procédures supplémentaires pour le poste de pilotage et avant le vol, ainsi que des distinctions dans la formation, ajoute M. Garneau.

Les restrictions imposées à l'appareil de Boeing sont donc maintenues pour l'instant au Canada, précise encore le communiqué.

Ailleurs, les autres autorités de régulation du secteur, en Europe, au Brésil et en Chine, n'ont pas encore rendu leur décision, des examens indépendants étant toujours en cours.

L'agence européenne devrait pour sa part apporter officiellement son feu vert fin 2020 ou début 2021.

Une reprise en pleine pandémie

Boeing va remettre en service son modèle phare dans un contexte délicat, sur fond de crise sanitaire mondiale du coronavirus, de nouvelles taxes douanières imposées par l'Union européenne et de défiance à l'égard de la compagnie.

Un avion 737 MAX en construction.

Le constructeur de Seattle va pouvoir reprendre ses livraisons, ce qui lui permettra d'être payé et de renflouer ses caisses.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Avant la décision de la FAA, American Airlines a fait part de son intention d'utiliser à nouveau le 737 MAX le 29 décembre sur une liaison entre Miami et New York. Southwest Airlines, qui dispose de la plus grande flotte de 737 MAX au monde, n'envisage pas de remettre l'appareil en service avant le deuxième trimestre 2021.

Dans un communiqué, les familles des victimes de l'écrasement en Éthiopie ont exprimé mercredi leur déception après la décision de la FAA. Notre famille a été brisée , a déclaré Naoise Ryan, dont le mari âgé de 39 ans est mort à bord du vol 302 d'Ethiopian Airlines le 10 mars 2019.

Les deux catastrophes aériennes d'octobre 2018 et mars 2019 ont plongé l'avionneur américain dans la plus importante crise de son histoire, avec une multitude d'enquêtes ouvertes à son encontre, un remaniement interne et de lourdes pertes financières.

Boeing estime pour l'instant que la crise du 737 MAX lui a coûté environ 20 milliards de dollars, entre les coûts de production supplémentaires et les indemnisations offertes aux compagnies aériennes.

Il faut y ajouter la perte des revenus liés à la maintenance pendant près de deux ans, la dégradation de l'image du groupe et les sommes que le constructeur versera aux familles des victimes.

La compagnie a perdu 393 commandes depuis les 10 derniers mois. Le constructeur de Seattle a actuellement 450 appareils en stock.

À Wall Street, le titre Boeing prenait 6,33 % à 223,35 $ dans les transactions d'avant séance, s'acheminant vers son niveau le plus élevé depuis le mois juin.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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