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Extradition de Meng Wanzhou : un douanier canadien s'explique

Meng Wanzhou sort d'un véhicule avec un masque.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou arrive à la Cour Suprême de la Colombie-Britannique à Vancouver, le 16 novembre 2020.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Agence France-Presse

Un douanier canadien qui a participé à l'interrogatoire de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, arrêtée fin 2018 à la demande des États-Unis, a affirmé mardi qu'elle n'avait pas été forcée de donner les mots de passe de ses appareils électroniques.

Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms, a été arrêtée le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver par les autorités canadiennes, sur une requête des États-Unis qui l'accusent d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

Ses avocats veulent faire dérailler la procédure d'extradition en tentant de démontrer que les droits de Mme Meng ont été violés lors de son interpellation, ce que le Canada dément.

Les audiences pour entendre les arguments de l'équipe de défense sur la supposée violation des droits de leur cliente ont commencé à la fin octobre devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique à Vancouver. Elles ont repris lundi et doivent durer deux semaines.

La fille du fondateur de Huawei a été interrogée pendant près de trois heures sans avocat et sans savoir pourquoi elle était détenue. Dans le cadre de cet interrogatoire, elle a donné les mots de passe de ses appareils électroniques aux douaniers, qui les ont transmis à la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Cela aurait été fait par erreur, selon le témoignage d'un autre douanier.

La GRC aurait ensuite envoyé ces informations au FBI américain, selon les avocats de Mme Meng qui dénoncent une collusion entre les autorités canadiennes et la police fédérale américaine.

Mardi, un officier de l'Agence des services frontaliers du Canada a nié que Mme Meng a été forcée de donner les codes secrets de ses deux téléphones et de son ordinateur portable.

Je n'ai pas souvenir que ce soit un délit si quelqu'un refuse de donner ses mots de passe, a témoigné Sanjit Dhillon.

Il soutient que Mme Meng n'était pas en état d'arrestation lorsqu'elle était questionnée par les douaniers, elle était simplement interrogée, ce qui ne lui donnait pas droit à un avocat ou à un accès consulaire.

M. Dhillon a par ailleurs nié avoir agi sur instruction du FBI américain. Il a reconnu avoir été en copie de courriels de cette agence américaine demandant aux autorités canadiennes de recueillir des informations sur Mme Meng, mais n'avait pas souvenir du contenu précis de la demande.

Avez-vous agi en conséquence de ce courriel, lui a demandé l'avocat du gouvernement canadien, Diba Majzub. Non, pas du tout, a-t-il répondu.

La veille, les avocats de Mme Meng avaient affirmé qu'un témoin clé, un ancien responsable de la police fédérale aujourd'hui à la retraite, a refusé de témoigner.

Selon la défense, ce témoin aurait transmis plusieurs informations confidentielles de Meng Wanzhou au FBI par courriel, ce qu'il dément.

L'arrestation de Mme Meng, suivie quelques jours plus tard par la détention en Chine de deux Canadiens accusés d'espionnage, a provoqué une grave crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.

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