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COVID-19 : le maire de Gatineau s'adresse directement aux élus de l'Assemblée nationale

Selon le maire, la ville de Gatineau ne se retrouverait pas en zone rouge si le réseau de la santé de l’Outaouais n’était pas si faible.

Gros plan sur Maxime Pedneaud Jobin devant un rideau noir.

Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin s'adresse aux élus de l'Assemblée nationale pour souligner la faiblesse du système de santé en Outaouais (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a décidé de s’adresser aux élus de l’Assemblée nationale pour souligner la fragilité du système de santé de l’Outaouais et l’importance de corriger ce qu’il considère comme étant une grande injustice.

M. Pedneaud-Jobin a présenté une lettre aux députés qu’il a lue en ouverture du conseil municipal de Gatineau mardi soir.

Selon le maire, la ville de Gatineau ne se retrouverait pas en zone rouge si le réseau de la santé de l’Outaouais n’était pas aussi faible, puisque la région compte un nombre peu élevé de cas de COVID-19 par rapport à d’autres régions du Québec.

Depuis le début de cette crise, le taux de cas actifs en Outaouais est non seulement le plus bas de toutes les zones rouges du Québec, mais il a même régulièrement été plus bas que certaines des régions en zone orange, affirme M. Pedneaud-Jobin. Il est clair que du seul point de vue de la santé publique, nous devrions être en zone orange, même orange pâle.

Le maire Pedneaud-Jobin regrette de voir la ville de Gatineau faire les frais de décennies de négligence en matière d’investissement en santé.

Les conséquences du délestage

Le délestage mis en place pour faire de la place aux patients atteints de la COVID-19 entraîne aussi, selon lui, de nombreux problèmes, puisque si la ville était en zone orange, des centaines de personnes auraient été soignées, opérées, examinées, rassurées.

« Si ce n’était de cette injustice, nous pourrions, avec prudence, nous retrouver dans un restaurant pour un café et briser l’isolement qui nous pèse. Nos aînés souffriraient moins. Nous perdrions moins d’emplois, car l’essentiel de nos pertes se fait dans des domaines qui seraient ouverts en zone orange. »

— Une citation de  Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Maxime Pedneaud-Jobin précise toutefois qu’il ne veut pas dénoncer le gouvernement actuel, qui a récemment annoncé la construction d’un nouvel hôpital pour la région.

Le maire de Gatineau conclut sa lettre en mentionnant qu'il écrit surtout et avant tout pour inscrire dans l’esprit et dans la mémoire de tous les élus de Québec à quel point l’Outaouais vit une injustice grave, aux conséquences humaines et économiques importantes, ainsi que l’urgence de la corriger rapidement.

Enfin, il espère que Québec réussira à convaincre le gouvernement fédéral d’augmenter ses investissements en santé pour permettre à l’Outaouais de se rattraper en termes de qualité de soins.

Le ministre Lacombe interpellé

En entrevue mercredi dans l’émission Les matins d’ici, le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a pour sa part déclaré que le résultat du retard en santé dans la région est dû au sous-investissement des gouvernements précédents.

« En ce moment, en Outaouais, si on est en zone rouge, ce n’est pas parce qu'on n’est pas bon, ce n’est pas parce qu’on n’écoute pas les consignes, ce n’est pas parce que les cas se multiplient. C’est parce que la capacité du réseau de santé n’est pas suffisante. »

— Une citation de  Mathieu Lacombe, ministre responsable de la région de l’Outaouais

Le ministre Lacombe a indiqué que son gouvernement était résolu à résoudre le problème et a donné en exemple l’annonce faite récemment de la construction d’un nouvel hôpital à Gatineau.

Visiblement, il va falloir que la cadence se maintienne et qu’on livre nos engagements, soutient-il. Je pense que depuis deux ans, on en a fait beaucoup [...], on a déjà posé des gestes importants et je pense qu’on a un bon bilan.

Selon le ministre, une des solutions à plus court terme se trouve dans les primes qui sont présentement en cours de négociation pour attirer du personnel dans le réseau de la santé.

Des appuis au maire

Le docteur Gilles Aubé, porte-parole en santé pour l’organisme Équité Outaouais, abonde dans le même sens que le maire de Gatineau.

En santé, comme le maire le disait, nous sommes à armes inégales vis-à-vis des autres municipalités du Québec pour faire face à la pandémie de COVID-19, a-t-il commenté au lendemain de l'envoi de la missive à Québec.

Un homme qui porte des lunettes accorde une entrevue aux médias.

Le Dr Gilles Aubé, porte-parole en matière de santé pour le regroupement citoyen Équité Outaouais

Photo : Radio-Canada

Dr Aubé salue annonce du gouvernement caquiste qui promet la construction d’un hôpital de 600 lits dans la région. Il souligne cependant qu'il y a toujours un manque criant de lits, particulièrement en matière de soins aigus, qui pénalise l’Outaouais, dit-il.

Quand on aura cet équipement-là avec le personnel qui vient avec, nous aurons atteint, je crois, l’équivalent des autres régions. Mais d’ici ce temps-là, nous sommes toujours sous financés autour de 25 % de moins par tête d’habitants que les autres régions du Québec, souligne Dr Gilles Aubé.

Le regroupement Action Santé Outaouais a aussi appuyé les propos du maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, mercredi.

Un homme regarde l'objectif lors d'une prise de photo.

Denis Marcheterre, porte-parole, Action Santé Outaouais

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Ça va bien maintenant et ça allait bien lors de la première vague. Alors ce n’est pas si mal en Outaouais. Nous sommes en zone rouge pour une raison : pour protéger le réseau de la santé qui est en mauvais état, a lancé son porte-parole, Denis Marcheterre.

Selon lui, en attendant le nouvel hôpital en Outaouais, il est primordial de mettre l’accent sur la formation et le recrutement de nouvelles infirmières et infirmiers, améliorer l’accès aux soins de santé et désengorger les urgences.

C’est la vérité de La Palise, l’état du réseau de santé en Outaouais, qualifie Denis Marcheterre, qui considère toutefois qu’il y a eu plus de développement au cours des deux dernières années dans le réseau de santé en Outaouais que dans la dernière décennie.

Emprunt de personnel

Pour sa part, le député libéral du Pontiac à Québec, André Fortin, admet que l’Outaouais part de loin, en matière de santé et que le réseau est fragile, encore plus dans ce contexte de pandémie. Mais il y a des solutions qu’on peut mettre en place immédiatement, selon le député.

D’abord, celle qui a été proposée par Action santé Outaouais la semaine dernière de voir s' il y a des régions qui peuvent nous prêter du personnel. Le ministère de la Santé a mis ces équipes-là en place justement pour que quand une région a des besoins particuliers, qu’elle puisse les déployer pendant la pandémie. C’est le temps d’avoir ces effectifs-là en Outaouais, estime le député..

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka.

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