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Démystifier l'entrepreneuriat, pandémie ou pas

Daniel Jacob, debout devant la classe et portant un masque, s'adresse aux élèves assis devant lui.

L'entrepreneur Daniel Jacob a expliqué son parcours aux élèves de l'École secondaire Monseigneur-Richard.

Photo : Radio-Canada

Marie-Claude Morin

Malgré la pandémie, plus de 300 entrepreneurs partagent leur parcours avec des jeunes du primaire et du secondaire du Québec en visitant des écoles en novembre. Une occasion d'échanger et, peut-être, d'allumer une petite flamme chez ces élèves.

Quelques minutes avant la cloche, Daniel Jacob, fondateur de Solutions Changing Habits, s'installe à l'avant de la classe de 3e secondaire de l'École secondaire Monseigneur-Richard, dans l'arrondissement de Verdun, à Montréal. Les élèves se chamaillent en riant et placotent entre eux, dans un joyeux brouhaha.

Mais dès que Daniel Jacob commence à parler, il a toute leur attention.

L'entrepreneur de 32 ans raconte à ces adolescents de 14 et 15 ans comment il en est venu à gérer sa propre entreprise spécialisée en développement durable. Il leur parle de sa démission alors qu'il avait un emploi stable en Suisse, de son voyage de deux ans autour du monde et, surtout, de sa quête de sens.

Dans cette recherche de raison d'être personnelle, et je vous encourage tous à faire ça une fois dans votre vie, je me suis demandé ce que je pourrais faire. Qu'est-ce que je pourrais amener comme contribution dans le monde, qui me motive, moi, personnellement?

Dans son cas, c'est la protection de la planète qui s'est imposée. Il a donc réalisé des capsules vidéo aux quatre coins du globe pour montrer la beauté de la nature et documenter des initiatives environnementales originales. Puis il a lancé un mouvement pro-environnement et commencé à faire de la consultation en entreprise.

Devant la trentaine de jeunes, Daniel Jacob insiste sur ses hésitations et ses erreurs. Il raconte aussi comment certaines personnes lui ont permis de concrétiser son projet. Si vous avez une idée en tête, n'hésitez pas à en parler. Vous serez surpris de voir à quel point il y a des gens prêts à vous aider à les réaliser, leur dit-il.

L'idée, c'est de ne pas arriver en disant : "Voici tout ce que j'ai fait". Il y a eu un énorme parcours, qui n'est pas toujours facile. Mais je veux leur montrer qu'en faisant un premier pas en avant, on peut finalement arriver à construire une entreprise.

Une citation de :Daniel Jacob, fondateur de Solutions Changing Habits

Allumer de petites flammes

La conférence a trouvé une résonance toute personnelle chez certains élèves. Moi aussi, j'aimerais partir mon entreprise. Ça fait longtemps que je veux faire ça. Et ça m'a inspiré, dit Philippe Cardinal. Son ami Sidrit Dibra abonde dans le même sens : Ça rend ça plus accessible, parce que j'ai vu que tout le monde est capable de le faire.

Certains ont déjà un projet, comme Elliot Cloutier, qui rêve de lancer une marque de vêtements de skate. La conférence m'a donné envie de faire des efforts. Je vais aussi essayer que mon entreprise soit bonne pour l'environnement.

D'autres ne savent pas exactement ce qu'ils veulent faire, mais voient déjà grand. Lui, il est parti de rien et il a été capable d'avancer et de faire beaucoup de trucs. Alors, je me dis que je suis capable de partir de rien et de faire de grandes choses, faire de beaux changements, dit Ines Chelbi.

C'est justement pour susciter ce genre d’étincelle que Mathieu Laurin, enseignant responsable des projets personnels d'orientation à l'École Monseigneur-Richard, aime recevoir des entrepreneurs dans ses classes. Dans deux ou trois ans, ils vont se dire : "Ah oui, je me rappelle de ça, puis c'était vraiment intéressant". Les jeunes devraient, selon lui, pouvoir explorer l'entrepreneuriat, comme on les encourage à explorer les arts et la culture.

Forte participation malgré la pandémie

L'organisme OSEntreprendre, qui est à l'origine du concours québécois en entrepreneuriat, organise depuis cinq ans des conférences bénévoles d'entrepreneurs dans les écoles durant le mois de novembre. L'activité a été maintenue malgré la pandémie pour offrir une certaine normalité et soutenir les enseignants qui veulent motiver leurs élèves, explique Manon Théberge, présidente-directrice générale d'OSEntreprendre.

Elle s'attendait à une faible participation... mais elle est agréablement surprise de la réponse! Plus de 550 rencontres auront lieu, dont 60 % en personne. C'est un peu moins que les années précédentes – plus de 800 en 2019 et 600 en 2018 – mais beaucoup plus qu'espéré. Je suis vraiment impressionnée par la résilience et la débrouillardise du milieu scolaire, dit Manon Théberge.

Au total, près de 300 entrepreneurs ont répondu à l'appel cette année (ils donnent en général deux conférences chacun). L'objectif est que les jeunes voient toute une diversité d'entrepreneurs au fil de leur parcours scolaire, explique Manon Théberge. Les conférenciers évoluent dans des secteurs extrêmement variés, allant de l'agriculture à la production manufacturière en passant par les soins de santé.

Quand un entrepreneur va rencontrer des élèves dans leur classe et leur raconte son parcours, ça leur permet de découvrir ses valeurs, ses forces, ses qualités. Ça le rend humain et ça démystifie l'entrepreneuriat.

Une citation de :Manon Théberge, présidente-directrice générale d'OSEntreprendre

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