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Trump congédie un haut responsable fédéral qui a défendu l'intégrité de l'élection

Devant des micros, Chris Krebs s'adresse aux reporters.

L'ex-directeur de la CISA, Chris Krebs, avait contesté les allégations du président Trump, sans toutefois le nommer.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Le président Donald Trump a congédié, mardi soir, le directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), Chris Krebs, qui avait contredit ses allégations non fondées de fraudes électorales.

Il y a quelques jours, M. Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale, avait signé, avec les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales, un communiqué commun assurant de l'intégrité et de la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire.

Invoquant entre autres des fraudes massives pour lesquelles son camp n'a présenté aucune preuve, le président sortant a annoncé le départ immédiat de Chris Krebs sur Twitter, expliquant sa décision par la déclaration extrêmement inexacte du haut responsable.

Il y a eu des irrégularités et des fraudes massives – y compris des votes de personnes décédées, des observateurs auxquels l'accès aux bureaux de vote a été interdit, des “pépins” dans les machines de vote qui ont changé des votes de Trump à Biden, des votes tardifs et bien d'autres choses encore, a lancé Donald Trump, contredisant les conclusions maintes fois présentées par celui qu'il vient de mettre à la porte.

Il n'existe aucune preuve démontrant que quelque système de vote que ce soit a supprimé, perdu ou a changé des votes, ou a été piraté de quelque façon que ce soit.

Extrait de la déclaration commune des responsables de l'intégrité électorale des États-Unis

Sur son compte Twitter personnel, Chris Krebs s'est dit honoré d'avoir servi son pays. Défendre aujourd’hui, protéger demain, a-t-il écrit.

Pendant deux ans, il avait entre autres aidé à préparer les systèmes électoraux contre l'ingérence russe et mis en place un site web de contrôle des rumeurs pour protéger le pays contre la désinformation, qui est ultimement venue de l'intérieur du pays et même de la Maison-Blanche, souligne le New York Times.

Son patron, le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, avait même loué son travail le jour de l'élection.

Après le scrutin du 3 novembre, il avait multiplié sur son compte Twitter associé à la CISA les démentis sur les allégations conspirationnistes mises de l'avant par le président Trump, sans toutefois le nommer.

Le président sortant a par exemple relayé sur Twitter des allégations non fondées selon lesquelles le logiciel de vote électronique de l'entreprise Dominion Voting Systems, fondée au Canada, qui a été utilisé pour le dépouillement dans certains États américains, dont la Pennsylvanie, a effacé 2,7 millions de votes pro-Trump pour en réattribuer des centaines de milliers à son rival démocrate, Joe Biden.

Battu aux urnes par son adversaire démocrate, dont il ne reconnaît pas la victoire, le président républicain a interdit aux membres de son administration et aux employés de l'appareil gouvernemental d'amorcer le processus de transition.

Chris Krebs n'est pas le premier responsable congédié par Donald Trump depuis sa défaite : le secrétaire à la Défense, Mark Esper, et certains de ses collaborateurs ont eux aussi dû quitter leur poste.

Des prétentions largement rejetées par les tribunaux

Les avocats de l'équipe de réélection de Donald Trump ont multiplié les poursuites pour contester les résultats de l'élection dans plusieurs États – et souvent plusieurs dans un même État –, mais largement sans succès.

Le dernier revers judiciaire en date est survenu mardi en Pennsylvanie, où la Cour suprême de l'État a débouté la campagne Trump, qui alléguait que ses observateurs n'avaient pas pu suivre le déroulement du dépouillement de suffisamment près dans un centre de comptage de Philadelphie.

Dans une décision rendue à cinq contre deux, le tribunal a conclu que la loi ne spécifiait pas à quelle distance les observateurs des deux camps devaient être placés pour surveiller le processus, mais se contentait de dire qu'ils devaient être dans la pièce lorsque les bulletins de vote étaient comptés.

Les observateurs ont le droit d'observer et non de vérifier les bulletins de vote, a souligné la juge qui a rédigé la décision. Le témoin appelé à la barre par le camp Trump avait déclaré avoir été en mesure de voir tout le processus, selon NBC News.

À l'extérieur des tribunaux, le président et ses alliés prétendent que les observateurs dépêchés par la campagne n'ont pas pu avoir accès aux salles où le comptage s'est déroulé.

Entrée en scène de Rudy Giuliani côté cour

Rudy Giuliani, le point levé.

L'avocat et ancien maire de New York Rudy Giuliani, le 7 novembre 2020, à Philadelphie.

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Par ailleurs, l'avocat personnel du président Rudy Giuliani, dont le rôle s'était jusqu'ici limité à défendre sur la place publique les allégations de son ami, a argué devant un tribunal fédéral de la Pennsylvanie, sans présenter de preuves, qu'il y avait eu une fraude électorale massive à l'échelle du pays.

Une affirmation que les autres avocats, quel que soit l'État où ont été déposées des poursuites (Pennsylvanie, Georgie, Michigan, Arizona et Nevada), s'étaient gardés de faire.

Les démocrates ont volé l'élection, a-t-il soutenu, dans un effort visant à bloquer la certification des résultats en Pennsylvanie. Joe Biden a remporté l'État par plus de 82 000 voix.

Cette poursuite spécifique est liée au fait que Philadelphie et six comtés sous contrôle démocrate ont permis aux électeurs d'apporter des corrections techniques aux bulletins de vote postaux (par exemple l'oubli d'une signature). Cette décision relevait de chacun des comtés.

Il y a quelques jours, Donald Trump a présenté l'ancien maire de New York comme le fer de lance des efforts judiciaires de sa campagne après le désistement de plusieurs de ses avocats dans au moins deux États.

Avec les informations de Pittsburgh Post-Gazette, Associated Press, et New York Times

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