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Des centaines de pêcheurs se préparent à une saison sous hautes tensions en N.-É.

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Un quai avec des bateaux de pêche au homard en Nouvelle-Écosse.

Environ 1600 pêcheurs prendront la mer dans les zones 33 et 34, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, à la fin novembre.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Alors qu'environ 1600 pêcheurs de homard prendront la mer le 30 novembre dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, les revendications des membres de la communauté micmaque de Sipekne'katik se poursuivent et le chef Mike Sack menace de relancer les hostilités durant la saison commerciale.

La communauté micmaque de Sipekne'katik a lancé en septembre une pêche de subsistance convenable hors saison et sans plan de pêche dûment approuvé par Pêches et Océans Canada.

Cette pêche a soulevé la colère de certains pêcheurs non autochtones. Certains d'entre eux avaient alors coupé les cordages et les bouées des pêcheurs autochtones le 17 septembre au quai de Saulnierville dans la baie Sainte-Marie.

Reprise des hostilités en vue?

Le chef de la communauté micmaque de Sipekne'katik, Mike Sack, avait alors proféré des menaces de représailles durant la saison commerciale. Il a d’ailleurs réitéré ses menaces mardi, même s'il a reconnu que le calme est bel et bien revenu ces derniers temps dans la baie Sainte-Marie.

Si rien n’est conclu entre nous et Pêches et Océans pour nous dédommager d’ici le début de la saison, nous allons bloquer tous les quais, il n’y aura pas de pêche dans la zone 34 cette année.

-Mike Sack, chef de la communauté micmaque de Sipekne'katik, le 6 novembre 2020

Malgré tout, Mike Sack affirme que les membres de sa communauté sont inquiets pour leur sécurité, à l’approche de la saison de pêche.

Mike Sack devant un drapeau micmac au quai de Saulnierville

Le chef de la Première Nation micmaque de Sipekne'katik, Mike Sack (archives)

Photo : CBC/Logan Perley

Il demande à Pêches et Océans d’intervenir. C’est entre les mains de Pêches et Océans et je leur ai fait part de mes préoccupations. Vous savez, les pêcheurs commerciaux ont retiré et coulé nos casiers à homard, dit-il.

Mike Sack fait aussi valoir que les gardes côtes continuent de saisir des casiers appartenant à des autochtones dans la Baie Sainte-Marie et menace de bloquer des routes si le fédéral persiste en ce sens.

Pêhes et Océans n'a pas voulu confirmer cette information.

La communauté micmaque de Sipekne'katik détient actuellement neuf permis de pêche commerciale au homard pour la saison qui commence le 30 novembre, en plus des permis de pêche de subsistance convenable et des permis de pêche alimentaire.

Des pêcheurs se retirent

Les pêcheurs non autochtones, de leur côté, continuent de dénoncer la pêche hors saison des pêcheurs autochtones. Bien qu’ils reconnaissent le droit de pêche de subsistance des autochtones, ils demandent que celle-ci soit effectuée durant la saison de pêche commerciale.

Lex Brukovskiy est le représentant local de l'Union des pêcheurs des Maritimes à Meteghan

Lex Brukovskiy est le représentant local de l'Union des pêcheurs des Maritimes à Meteghan

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Selon Lex Brukovskiy, pêcheur et représentant local de Meteghan de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), au moins trois bateaux de pêche n’iront pas en mer cette année, en raison des tensions sur l’eau et de la baisse des stocks de homard.

Il ajoute que les pêcheurs doivent aussi se rendre deux fois plus loin au large pour aller chercher le homard, et qu’il est de plus en plus difficile de vivre de la pêche dans la région. Depuis quatre ans, il n’y a plus d’argent à faire ici, conclut Lex Brukovskiy.

Le travail du représentant spécial

Un représentant spécial a été nommé par Ottawa en octobre dernier pour rapprocher les deux partis du conflit de pêche, et tenter de ramener le calme dans la région.

Allister Surette affirme que les discussions ont débuté et qu'il a rencontré les pêcheurs non autochtones et des représentants des pêcheurs autochtones.

Concernant les pêches hors saison et le braconnage dans la baie Sainte-Marie dénoncé autant par les pêcheurs autochtones que non-autochtones, M. Surette affirme qu'aucun enjeu ne sera écarté.

Moi je suis là pour écouter au tout début, donc n'importe quel enjeu qui fait parti du différent [entre les pêcheurs autochtones et non-autochtones] c'est sûr que je vais essayer d'adresser la situation, indique Allister Surette.

Allister Surette devant une webcam.

Allister Surette a été nommé médiateur dans le conflit de pêche en Nouvelle-Écosse

Photo : Radio-Canada

Mike Sack avait affirmé lors de sa nomination qu’il doutait de l’impartialité d'Allister Surette. Le chef de la communauté micmaque de Sipekne'katik jugeait que M. Surette, en plus d’être Acadien, n’avait pas assez d’expérience sur les questions autochtones, et les droits issus des traités.

M. Surette dit être totalement impartial et indépendant.

Mike Sack a indiqué qu’il n’y a aucune entente à l’heure actuelle avec Pêches et Océans concernant un plan de pêche de subsistance convenable, mais que les discussions se poursuivent.

Le mandat du représentant fédéral doit se terminer à la fin du mois mars 2021, mais il pourrait être prolongé.

Allister Surette devrait faire un rapport préliminaire avec des recommandations d’ici la fin de l’année 2020, et le rendre public en mars 2021.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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