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Luthier : « il y a un sérieux problème d’offre »

La photo d'homme portant une chemine bleue est apposée sur un arrière-plan décoré de guitares et d'outils.

Le luthier Ian Weston est spécialisé dans la réparation de guitares.

Photo : Radio-Canada

Ne s’improvise par luthier qui veut. Pour Ian Weston, propriétaire d’un atelier à Ottawa, la complexité des compétences nécessaires pour réparer des instruments contribue à allonger les listes d’attente qui s’étirent déjà sur des semaines, voire des mois.

Avec une banque d’environ 2400 clients et seulement deux mains pour réparer leurs instruments, Ian Weston ne fournit tout simplement pas. Le propriétaire de Weston Instruments note que ça ne prend pas de temps avant qu’il y ait 100 guitares dans l’entrepôt de son petit atelier ottavien.

Les musiciens continuent néanmoins de s’inscrire sur la liste d’attente du luthier qui s’allonge, en moyenne, de huit noms par jour.

Certaines réparations peuvent être réalisées en quelques heures tandis que d’autres s’échelonnent sur plusieurs semaines. Le projet le plus important d'Ian Weston a été l’inclusion de lumières sur le manche d’une guitare :  cela a nécessité plus de 150 heures de labeur.

Jusqu’à présent, il a réparé plus de 10 000 instruments.

Il n’y a vraiment aucun travail [...] que je ne peux pas faire, déclare l’artisan spécialisé en réparation de guitares. Mais si vous m’amenez un violon ou un violoncelle, je ne sais pas quoi faire avec ça, ajoute-t-il en riant.

Patience et passion

Adolescent, Ian Weston a fait l’erreur que tout le monde commet au moins une fois, selon lui : confier son instrument à un magasin de musique qui n’est spécialisé ni en réparation, ni en ajustement. Généralement, tu ressors plus pauvre, avec une guitare qui joue tout aussi mal ou pire, déplore-t-il. Quand tu as 16 ans et que tu paies avec ton argent de poche, ça devient assez frustrant.

À 17 ans, le musicien s’est donc mis à démonter lui-même ses instruments.

Un luthier répare une guitare.

L'atelier Weston Instruments est situé à Ottawa, dans le secteur Kanata.

Photo : Radio-Canada / Olivier Hyland

J’ai découvert une passion pour la réparation. Autant j’aime jouer de la musique, autant j’ai plus un cerveau de machiniste que de musicien.

Ian Weston, luthier

Suivant sa formation collégiale en sciences appliquées, l’étudiant s’est rendu en Angleterre, en 2004, pour se perfectionner à l’institut Totnes School of Guitarmaking. Il y a sculpté, sablé, vernis et monté sa première guitare entièrement à la main. Son parcours l’a ensuite mené à travailler quatre années à Montréal avant d’ouvrir boutique à Ottawa, il y a neuf ans.

Comptant 16 ans de métier, le trentenaire estime qu’il est primordial de savoir fabriquer un instrument pour être un bon luthier. Selon lui, la restauration de haut niveau implique presque toujours de défaire l’instrument avant d'en travailler les pièces, puis de le remonter.

J’ai travaillé et je travaille encore pour de très, très bons musiciens. Je trouve ça magnifique de pouvoir amplifier leur talent avec les travaux que je fais sur leurs instruments.

Ian Weston, luthier

Après chaque réparation, Ian Weston se plaît toujours autant à entendre une mélodie provenant des guitares auxquelles il vient de redonner vie.

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