•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il tue sa mère qui lui demandait de lâcher son iPod

Des membres du service de l'identité judiciaire de la police de Québec.

Le fils a poignardé sa mère à plusieurs reprises, alors que des voisins étaient en ligne avec le 911.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le jeune autiste accusé du meurtre au deuxième degré de sa mère l'a poignardée parce qu'elle voulait qu'il cesse de jouer sur son iPod.

Au deuxième jour du procès de Jérémy*, la poursuite a présenté l'interrogatoire policier réalisé au lendemain du drame, survenu dans le quartier Limoilou le 16 février 2019.

Alors âgé de 17 ans, Jérémy répond calmement aux questions de l'enquêteur Olivier Simard.

Malgré son âge, l'adolescent atteint d'une déficience intellectuelle et d'autisme s'exprime comme un enfant beaucoup plus jeune.

Avec une élocution parfois difficile, il explique ce qui l'a poussé à s'en prendre à sa mère, la veille.

Il raconte à l'enquêteur Simard que sa maman a voulu lui retirer l'iPod qu'il avait acheté plus tôt dans la journée.

Après ça, j'ai frappé maman jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'énergie.

Une citation de :Jérémy, lors de l'interrogatoire

La femme de 49 ans est alors sortie de son appartement pour crier d'appeler la police.

Ne voulant pas que les policiers s'en mêlent, Jérémy est allé dans la cuisine chercher un gros couteau à steak avant de s'attaquer à sa mère.

Il mime au policier un coup sur le côté de sa gorge, en reproduisant le son.

Quand l'enquêteur lui demande comment il se sent par rapport à l'événement, l'adolescent répond être un petit peu déçu.

Comme l'accusé maintenant âgé de 19 ans reconnaît les faits, le procès porte sur son état mental au moment du drame.

Lors de son interrogatoire, l'enquêteur lui demande s'il peut faire la différence entre le bien et le mal.

Pour Jérémy, le bien c'est acheter du chocolat ou des roses.

Le mal, c'est frapper, tuer, résume-t-il, dans ses mots.

Appel 911

Des voisins ont entendu les cris de détresse de la mère.

Une voisine d'un certain âge qui a composé le 911 a témoigné, avant que la poursuite ne fasse entendre l'appel.

Un paravent a été placé entre l'accusé et la femme visiblement nerveuse de se retrouver à la cour.

Policiers et ambulanciers sont intervenus.

Policiers et ambulanciers lors de l'intervention

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Pendant l'appel qui dure près de six minutes, on entend les cris de la mère alors que son fils l'attaque avec le couteau.

Les voisins s'échangent le combiné pour informer la répartitrice qui veut savoir ce qui se passe.

La victime est alors étendue sur le dos, au haut de l'escalier, alors que son fils à cheval sur elle l'attaque sauvagement.

Les policiers sont déjà en direction de l'immeuble de logements, lorsque les cris de détresse de la mère cessent, moins d'une minute après le début de l'appel.

La répartitrice demande alors aux voisins de se mettre en sécurité.

Viens me chercher, j'ai tué ma mère

Jérémy habitait dans une résidence à assistance continue en 2019. Lors des événements, sa mère était allée le chercher pour qu'ils passent la fin de semaine ensemble.

Après le meurtre, l'adolescent s'est réfugié dans les toilettes de l'appartement de sa mère, avant d'appeler à sa résidence spécialisée.

C'est l'intervenante Maude Lajoie qui a pris l'appel.

Elle entend : Viens me chercher, j'ai tué ma mère.

L'éducatrice spécialisée va reconnaître la voix de Jérémy, quand elle lui demande de répéter, incertaine d'avoir bien compris.

L'adolescent lui indique qu'il ne veut pas aller en prison.

À la demande de son éducatrice, il va collaborer calmement avec les policiers qui vont procéder à son arrestation.

Impulsif et destructeur

Un autre éducateur spécialisé qui était attitré au dossier de Jérémy a aussi témoigné.

Il a expliqué que le garçon pouvait très bien collaborer et vivre de bons moments, avant de devenir impulsif et destructeur sans qu'on sache vraiment pourquoi.

Les témoignages des psychiatres qui ont rencontré l'accusé après le meurtre auront lieu la semaine prochaine.

Les deux n'en viennent pas à la même conclusion quant à la responsabilité criminelle de l'adolescent.

* Prénom fictif pour préserver l'identité de l'accusé, âgé de moins de 18 ans au moment du crime.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.