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Des Innus lancent un « cri du cœur » pour changer les pratiques de la DPJ

Une vingtaine de manifestants et deux voitures de police lundi soir à Mani-utenam.

Une centaine de personnes se sont rassemblées à Mani-utenam lundi soir pour s’opposer à une intervention de la Direction de la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

« Je veux lancer un cri du cœur pour que tous les chefs des communautés travaillent ensemble et entendent notre message. Je veux qu’ils entendent qu’on a mal de se faire traiter comme ça », lance l'instigatrice de la manifestation de lundi à Mani-utenam, Françoise Fontaine.

Une centaine de personnes ont manifesté lundi soir dans la communauté innue située à quelques kilomètres de Sept-Îles pour tenter d’empêcher une intervention de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Une protestation similaire s’est produite à Uashat en septembre dernier. Les revendications de ces deux manifestations sont les mêmes : les Innus veulent être partie prenante des mesures et des interventions de la protection de la jeunesse.

Une capture d'écran d'une vidéo. Plusieurs personnes marchent dans une rue de Uashat

En septembre, une centaine de personnes se sont rassemblées à Uashat pour contester une intervention de la DPJ (archives).

Photo : Facebook/Normand Pilot

Nous sommes une famille déracinée par les pensionnats et les systèmes des gouvernements veulent encore nous déraciner.

Françoise Fontaine, instigatrice de la manifestation

Ces mobilisations ont pour objectif d'apporter du soutien aux familles visées par des interventions de la DPJ jugées inadéquates et injustes, raconte Virginie Michel qui a pris part à la contestation lundi.

[On veut] assurer la sécurité du développement psychologique de ces enfants-là pour ne pas qu’ils soient déportés ou déchirés de leurs valeurs et de leurs familles et c’est cette situation-là qui a mené à toute la mobilisation de la communauté pour supporter la famille, explique Mme Michel. La DPJ, quand elle entre dans nos vies elle se prétend comme étant les parents qui sont en capacité de tout décider sans nous consulter.

Plusieurs manifestants interrogés ont le sentiment que les décisions de la DPJ sont souvent prises par des personnes qui ne connaissent ni les familles ni les façons de faire innues.

Quand il s’agit de sécurité pour les enfants, nous avons comme peuple des manières de fonctionner et la DPJ ne respecte pas ces manières de fonctionner. Elle nous met complètement à l’extérieur de ce processus-là. C’est un groupe de gens qui ne connaissent pas les familles et notre milieu de vie, critique M. Pinette-Grégoire.

Le conseil de bande réagit à la manifestation

Le chef du conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam a commenté mardi par voie de communiqué la manifestation.

Le chef Mike McKenzie dit prendre acte des inquiétudes qui circulent sur les réseaux sociaux et réaffirme la nécessité de respecter les droits et la culture des Innus dans l’application des mesures de protection des enfants.

Les gouvernements doivent comprendre et accepter que plus jamais nous ne laisserons à d’autres la responsabilité de nos enfants, peut-on lire dans le communiqué.

De son côté le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord a indiqué par courriel que la DPJ ne commentera pas l’événement pour des enjeux de confidentialité.

Des manifestants marchent sur une rue enneigée.

Un important déploiement policier était sur place pour surveiller la manifestation lundi soir (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Un mécontentement généralisé

Ce mécontentement est généralisé chez les Premières nations du Québec, indique la directrice générale de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL), Marjolaine Sioui.

Ça fait plusieurs années que le système présent avec la loi de la protection de la jeunesse a failli pour les Premières nations, pour différentes raisons, constate Mme Sioui. L’approche qui est là ne convient pas et ne se fond pas aux particularités et aux façons de faire qu’on a au niveau des communautés [et] comment on travaille avec nos familles et avec nos enfants.

Des manifestations se passent parce que les gens veulent des changements au système actuel.

Marjolaine Sioui, directrice générale de la CSSSPNQL

Selon Mme Sioui, la contestation de la loi C-92 par le gouvernement Legault ralentit la mise en œuvre d’un système de protection de la jeunesse culturellement adapté et dirigé par les Premières nations de la province.

Entrée en vigueur le premier janvier dernier, la loi C-92 cède le contrôle de la protection de la jeunesse aux communautés autochtones partout au Canada. Cette loi est cependant contestée par le gouvernement Legault.

Avec la collaboration de Marc-Antoine Mageau

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